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    Culture

    Adonis: «La création artistique est un questionnement perpétuel»

    media Le poète syrien Adonis. AFP PHOTO / CHARLY TRIBALLEAU

    Considéré comme le plus grand poète du monde arabe, l'écrivain d'origine syrienne exilé en France Adonis vient de publier à 85 ans, le troisième volume de son épopée poétique, intitulé Le livre III, Al-Kitab ainsi qu'un essai sous forme d'entretiens paru sous le titre Violence et islam aux éditions du Seuil.

    RFI : Adonis, une des idées fortes de votre pensée, c’est la critique de la religion. Ainsi, vous écrivez précisément dans cet essai qui s’intitule La violence et l’islam : « La poésie est l’opposé de l’esprit religieux. Pourquoi ? Parce que la religion est une réponse. En revanche, la poésie est une question et comme telle, elle est aux antipodes du pouvoir ». Si on choisit d’être poète, on est forcément laïc et détaché du pouvoir ?

    Adonis :
    A mon sens. En tout cas, historiquement parlant, on ne peut pas trouver dans notre histoire poétique un seul poète dont on peut dire de lui qu’il était un grand créateur, un grand poète, et en même temps croyant, comme on peut dire actuellement d’un Claudel, par exemple. Un Claudel était croyant, catholique et un grand poète. Jamais un poète comme Claudel dans notre histoire. Jamais.

    Dans l’histoire de la culture arabe, vous voulez dire ?

    Oui. Donc par nature, le poète recherche, le poète voyage, le poète questionne… Et il n’a pas de réponse. Seule l’idéologie a des réponses. Et la religion, bien sûr, est une réponse. Mais l’art, la création artistique, surtout poétique, c’est un questionnement perpétuel. Donc si on a toujours des réponses, on cesse de voir le monde !

    Est-ce que cela veut dire aussi que islam et culture ne peuvent pas, ne peuvent plus, être associés ?

    Comme toute culture religieuse, surtout monothéiste, l’islam est fondé sur une culture fermée. Et il faut comprendre l’islam et sa vision du monde, de l’être humain, pour mieux comprendre la politique qui règne actuellement, pour mieux comprendre Daech aussi. C’est pourquoi il faut comprendre le fanatisme qui règne et il faut comprendre la violence horrible, sauvage. Et je crois que Daech ne tombe pas du ciel. C’est une variation sauvage, oui, mais c’est une variation.

    Justement, Adonis, comment avez-vous réagi aux attentats terroristes du 13 novembre dernier à Paris ?

    C’est horriblement catastrophique et antihumain. Et j’étais comme tous les Français : triste et perdu, un peu perdu. Mais ceci dit, je me demandais pourquoi la France n’a pas fait attention à tout ce qui s’est passé dans d’autres pays, à savoir les pays arabes, à commencer par l’Irak, après la Syrie, après la Libye, maintenant le Yémen. Pourquoi la France, le pays de la Révolution, le pays des droits de l’homme, s’est réveillée tard ?

    Vous qui avez donc quitté la Syrie il y a plusieurs décennies, comment ressentez-vous les exactions qui y sont commises aujourd’hui, et particulièrement sur le site culturel de Palmyre ?

    Détruire Palmyre ou détruire les œuvres dans les musées et piller…

    Et tuer aussi le directeur du musée. L’égorger…

    Un être humain ne peut pas faire ça ! Absolument !

    Mais quand vous voyez ce qui se passe, pour vous, Adonis, c’est une souffrance ou c’est aussi une colère ?

    Les deux. C’est une souffrance parce que ce qui est irremplaçable, on l’extermine. Et souffrance parce que ce sont des gens qui appartiennent à l’espace géographique dans lequel je suis né, auquel j’appartiens. Je me sens humilié. C’est honteux.

    Est-ce qu’écrire calme votre colère, ou pas ?

    Oui, oui… Et d’en parler même (rires).

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