[Vidéo] Robert Redford: «La COP21 sert à dire les possibilités» - Culture - RFI

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[Vidéo] Robert Redford: «La COP21 sert à dire les possibilités»

media C’est en tant que militant écologique que Robert Redford, acteur et réalisateur, s’est rendu, dimanche 6 décembre, à Paris, en marge de la Cop 21, délivrer un message d'espoir, loin de tout défaitisme. RFI

Pour la COP21, la conférence internationale sur le climat qui se tient à Paris jusqu'au 11 décembre, plusieurs stars hollywoodiennes ont fait le déplacement à Paris : Sean Penn, Arnold Schwarzenegger, Leonardo DiCaprio et Robert Redford. L'acteur et réalisateur a dialogué ce dimanche 6 décembre à l'Unesco avec des représentants de peuples autochtones dont la survie est menacée par le réchauffement climatique. Entretien.

Avec ses cheveux toujours blond roux même s'ils ont blanchi, son regard bleu électrique et sa prestance alerte, même à 79 ans, Robert Redford demeure l'interprète inoubliable de Gatsby le Magnifique, Les Hommes du président ou Out of Africa. Mais son engagement écologique est presque aussi enraciné et ancien que sa carrière cinématographique.

L'un de ses rôles préférés, qui contribua à faire de lui une star internationale, c'est Jeremiah Johnson, ce personnage de trappeur solitaire dans le western écologiste de Sydney Pollack de 1972. Dès les années 1960, il quitte la Californie pour les paysages sauvages de l'Utah. Il achète un canyon, baptisé Sundance, pour le soustraire aux appétits des promoteurs immobiliers.

Mais son activisme ne s'arrête pas là : dès le début des années 1980, il fonde l'IRM (Institute for Resource Management), un institut de gestion des ressources qui tente de résoudre les problèmes écologiques dans l'ouest américain. Il n'hésite pas à dénoncer à la télévision le forage pétrolier en Alaska ou la politique qu'il juge criminelle des deux mandats de George W. Bush.

Si Robert Redford affirme séparer sa carrière au cinéma et son engagement écologique, il réussit néanmoins à concilier les deux en créant, à Sundance, un festival de cinéma indépendant. Et en tournant, dans les années 1990, deux films célébrant les grands espaces préservés : Et au milieu coule une rivière, en 1992, et, six ans plus tard, L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux.

RFI : Ces dernières années, vous aviez souvent exprimé votre scepticisme sur l’intérêt des conférences internationales sur le climat. Pour la COP21, êtes-vous tout de même optimiste ?

Robert Redford : Oui, j’ai bon espoir. Pourquoi sinon venir à Paris si on n’est pas optimiste ? L’optimisme est une vertu cardinale pour cette conférence, car cela permettra de faire avancer les choses. Cela ne sert à rien de venir si on est négatif, et qu’on répète : « le monde court à sa perte, l’environnement est pollué, il n’y a aucun espoir ! ». Dans ce cas pas la peine de tenir la COP21. La conférence sert à dire quelles sont les possibilités, les solutions, donc parlons de cela avant qu’il ne soit trop tard.

Votre engagement écologiste est presque aussi ancien que votre carrière cinématographique. Vous souvenez-vous du moment de votre prise de conscience ?

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, quand j’étais gamin, je vivais à Santa Monica. À l’époque, Los Angeles était une ville merveilleuse. L’air y était pur, il n’y avait pas de gratte-ciel, pas d’autoroutes, il n’y avait aucune pollution. Et puis, tout à coup, quand la guerre a pris fin, l’argent a recommencé à circuler. On a construit, la ville s’est développée, étendue. Avec les tours qui se construisaient sont apparues la pollution, les autoroutes, les voitures. J’en ai fait un combat personnel, car je voyais que la ville que j’adorais enfant commençait à disparaître.

Cela m’a poussé à m’installer à l’intérieur des terres, dans l’Utah, où l’on vit dans la nature. On y trouve une quarantaine de parcs naturels, notamment le massif des montagnes de Wasatch, là où se trouve ma maison. Là, je me sentais bien, en harmonie avec la nature. C’est ce qui m’a conduit à devenir militant écologiste, car je vois bien que les changements climatiques concernent tout le pays, et le monde entier. On est en train de perdre la nature !

Comment conciliez-vous vos choix de films et votre conscience écologique ?

J’essaye de ne pas mélanger les deux. Quand je joue dans un film, je suis un acteur qui raconte une histoire, c’est ce que je suis, un conteur. Ma vie professionnelle, c’est celle d’un acteur incarnant un personnage. De l’autre côté, ma vie de citoyen, je parle du monde naturel autour de moi, de ce qui ne va pas, de ce qui est bien. Mais cet engagement, je le garde pour ma vie de citoyen, et j’essaye de ne pas en faire des films.

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