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    Culture

    «Back Home», Joachim Trier montre l'explosion de la vérité

    media Devin Druid et Jesse Eisenberg dans « Back Home » de Joachim Trier. Memento Films

    « Plus fort que les bombes », le titre original n’aura pas survécu aux attentats de Paris. Ce mercredi 9 décembre, le nouveau film de Joachim Trier sort alors sous le nom « Back Home » dans les salles en France. Un film sur l'éclatement de la vérité, sur le bruit de fond, sur les réalités multiples et justement sur ces vérités qu’on ne peut plus penser au singulier. Le cinéaste norvégien démarre son histoire avec un hommage à une célèbre photojournaliste qui a travaillé sous les bombes dans les zones de guerre. Mais la bombe qui éclate à l’écran est tout autre, beaucoup plus près de nous.

    Il y a cette scène où Isabelle Reed (Isabelle Huppert) se rêve à prendre une photo avant d’être soufflée par une bombe. Cette célèbre photojournaliste avait souvent expliqué son travail dans des zones de crises et de guerres. Elle avait toujours insisté sur l’importance de rester sur place après l’explosion d'une bombe ou  un événement qui attire l’attention. Et elle expliquait ô combien la façon de cadrer une image change profondément son sens.

    On a à peine digéré l'image de la bombe que nous nous retrouvons déjà trois ans après le décès de la photographe dans un accident de voiture. Toute la famille est invitée à contribuer à une exposition en hommage. Jonah (Jesse Eisenberg), le fils ainé, prof de sociologie, qui vient d’être père de famille, rentre alors à la maison familiale pour aider à trier les photos de la mère décédée. Dans son labo photo seront alors développées les vérités qui sont mises à jour.

    Etre acteur de sa vie

    L'image médiatique d’une photographe sans failles, d’une aventurière courageuse, d’une mère heureuse se retrouve vite écornée dans le film, comme l’image d’une famille soudée après le drame. Le père (Gabriel Byrne), ancien comédien, a peur que son fils cadet ne s’enferme de plus en plus dans son monde virtuel de jeux vidéo et mangas. Alors il piste l’adolescent sans s'apercevoir que c'est plutôt l'inverse. Aucun doute, le fils est le meilleur acteur des deux.

    Le dédoublement de la réalité est au centre du jeu cinématographique. Joachim Trier nous délivre un message clair : nous ne vivons pas dans le monde qu’on croit. Image par image, phrase par phrase, le cinéaste norvégien nous emmène dans des zones d’insécurité où le moindre élément nous effraye. Pendant une heure trente, il nous prépare au sifflement, à la détonation, à l’éclatement d’une bombe à fragment. Et cette explosion sera beaucoup plus puissante que les bombes auxquelles la photoreporter s’était presque habituée.

    La vérité fragmentée

    A l'intérieur du film se trouve même un mode d’emploi pour décrypter cette histoire silencieuse. Une scène montrée deux fois, avec deux points de vue différents. D’abord on voit un père incrédule observant son fils Conrad errer dans la ville avant de se jeter sur une tombe qui n’est pas celui de sa mère. La même scène, vue par les yeux du fils, dévoile qu’il a voulu suivre une fille de l’école. Quand il remarque que son père le traque, Conrad prend alors la direction du cimetière pour lui faire peur. Comme il ne trouve plus la tombe de sa mère, il se jette alors sur celle d’un inconnu…

    Dans Back Home, personne ne connaît l’autre. La vérité est fragmentée, jamais là où l’on pense. La vie repose sur des mensonges. Par exemple, par rapport à la mort de la mère, quand le père et le frère évitent de dire la vérité à Conrad. Ce cernier vit sa vie avec un casque vissé sur la tête et passe ses nuits devant l’ordinateur. Néanmoins, ce n’est pas lui qui vit le plus dans le virtuel. Fan de jeux vidéo de rôle comme The Elder Scrolls : Skyrime ou de personnages du Fullmetal Alchimist, il a transformé l’inventaire intégrale de sa vie en un roman. Il s’est construit un monde meilleur, un monde ailleurs, ouvert et sans l’hypocrisie des autres. 

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