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    Culture

    Antoine Compagnon, la littérature par excellence

    media Antoine Compagnon, auteur de «L'âge des lettres». RFI/Pierre René-Worms

    Antoine Compagnon est un des grands intellectuels français. Professeur au Collège de France, titulaire de la Chaire de littérature française moderne et contemporaine (histoire, critique, théorie), il navigue entre le XVIe et notre époque, entre Montaigne, Baudelaire et Roland Barthes qu'il a connu et auquel il consacre un livre L'âge des lettres chez Gallimard.

    Le parcours d'Antoine Compagnon n'est pas banal. En effet, avant de devenir un des meilleurs spécialistes de la littérature française (qu'il enseigne à l'université de Columbia à New York) cet homme brillant qui attire les foules à ses cours du Collège de France, se destinait au métier d'ingénieur après Polytechnique, mais son amour des livres a pris le dessus.

    Rencontre avec Roland Barthes

    C'est au moment où il a changé de cap qu'il a rencontré Roland Barthes (1). Roland, comme il l'appelle dans L'âge des lettres qui est à la fois un hommage au sémiologue, auteur de Mythologies ou Fragments d'un discours amoureux, une histoire intellectuelle de l'époque et une promenade dans Paris, un peu à la façon de Patrick Modiano. En tout cas un livre délicat, écrit par un humaniste.

    « Auprès de lui, j'ai été un apprenti », avoue Antoine Compagnon. « Qu'ai-je appris ? La discipline, le métier, le tour de main ». Il l'a vu à l'œuvre et, grâce à lui, a tout appris ou presque du métier d'écrivain. Il l'a influencé même si, le professeur assure n'avoir jamais voulu l'imiter. « J'ai fait mon miel de Roland sans jamais le copier ni le contrefaire ». Et quand il s'agit de juger l'œuvre de Barthes, Antoine Compagnon prend de la distance. Il n'a pas tout aimé dans l'œuvre de son ami. Surtout pas son Journal de deuil, écrit après la mort de la mère de Roland Barthes, dans lequel Antoine Campagnon fait figure de donneur de leçons.

    Eclectisme

    « Un professeur c'est un étudiant qui n'a pas su en finir », écrit l'éminence du Collège de France qui ne se force pas pour faire partager son savoir. Cela va de soi. C'est pour lui, un inclination naturelle qui lui permet en outre d'assouvir une curiosité que d'aucuns pourraient confondre avec de la dispersion. Il n'en est rien. Ainsi, quand Antoine Compagnon écrivit des chroniques pour le site Huffington Post, il ne s'agissait pas pour lui de parler de tout et de rien mais des « péripéties de notre vie numérique » sans quitter vraiment son pré carré, c'est-à-dire la littérature, le livre, l'écriture.

    Dans ses chroniques rassemblées dans Petits spleens numériques (Editions des Equateurs), « l'enfant du livre de poche », écrit avec malice sur la lecture sur tablette par rapport à la lecture du livre en papier par exemple, ou sur les incroyables facilités qu'offre la technique numérique en matière de recherche historique (via le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France notamment), ou bien encore sur la langue française malaxée par la technologie.

    Le français et la guerre

    Dans un autre livre qu'il a dirigé, Autour de 1914-1918: nouvelles figures de la pensée (Odile Jacob), l'historien de la littérature analyse les conséquences, non plus du codage numérique sur la langue, mais de la guerre sur la littérature à une époque où tout le monde ou presque écrivait des lettres dans les tranchées, entre les combats si meurtriers. Y compris les écrivains... Combien d'entre eux ont pris part au combats ? Barbusse, Drieu la Rochelle, Alain-Fournier, Apollinaire, Péguy, Genevoix, Jung, Hemingway, Dos Passos. Et d'autres encore.

    « La Grande Guerre a démocratisé la langue française, au sens où elle l'a rendue moins surveillée, moins censurée, moins restreinte (...) Mais que fit-elle à la littérature elle-même ? On a souvent observé que la guerre avait d'abord eu pour effet de faire revenir la littérature française à la tradition », observe Antoine Compagnon qui souligne que les formes innovantes en matière de narration liée à la guerre sont l'oeuvre des écrivains américains.

    Roland Barthes, l'influence de la technologie numérique sur la langue française, les conséquences d'une guerre sur la littérature. Ce sont autant de sujets qui montrent l'appétit d'Antoine Compagnon. Il faut y ajouter les rendez-vous quotidiens qu'il a donnés, deux étés durant, aux auditeurs de la radio publique française France Inter pour leur parler de Montaigne et de Baudelaire... Toujours ce besoin de partager un savoir dans ce monde qui « n'est qu'une branloire pérenne », disait le premier. Et dans lequel il est préférable de vivre là où « tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté », comme le pensait le second.

    ►Antoine Compagnon est l'invité du magazine Idées dimanche 3 janvier à 16h10 TU.

    (1) - Pour en savoir plus sur Roland Barthes, vous pouvez (ré) écouter le magazine Idées du dimanche 22 mars 2015, avec Tiphaine Samoyault qui lui a consacré une biographie de référence.
     

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