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    Philosophie: Pierre Manent en appelle à «une amitié civique sincère»

    media Pierre Manent RFI/Sébastien Bonijol

    Dans Situation de la France, un essai percutant (et fort critiqué), le philosophe tente de redéfinir les rapports entre la France et l'islam. « Sans un effort soutenu et rigoureux de sincérité civique, nous n'avons aucune chance de surmonter, ou même d'affronter honorablement, les épreuves qui sont devant nous », écrit-il dans un livre qui l’a jeté sur le devant de la scène médiatique. Un an après les attentats de janvier 2015, à Paris, il est l'invité du magazine Idées.

    Philosophe, ancien directeur d'études à l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), membre fondateur de la revue Commentaire, Pierre Manent est un spécialiste de la démocratie. Il est l'auteur notamment de La Cité de l'Homme (1994), La Raison des nations (2006), Les Métamorphoses de la cité (2000) et Montaigne. La vie sans loi (2014).
    Dans ce nouvel ouvrage publié aux éditions Desclée de Brouwer, cet auteur, un des plus grands intellectuels français, estime que nous sommes en plein désarroi. Pourquoi ? A cause selon lui « de la perplexité toute particulière que nous éprouvons devant le phénomène religieux ».

    Laïcité

    Pierre Manent s'interroge sur la valeur de la laïcité en France, un des fondements de la République et objet de tant de débats depuis des années. Il ne la remet pas évidemment pas en question mais il note que « la laïcité à la française n'a pas neutralisé religieusement la société française, qui est restée une société de marque chrétienne, principalement mais pas exclusivement catholique, avec une présence fort caractérisée des protestants et des juifs ».

    La France a donc un héritage catholique mais elle doit aujourd'hui accueillir l'islam qui, « comme association humaine et comme mode de vie, est aussi extérieur à l'histoire de France que le catholicisme lui était intérieur ».
    Le philosophe estime donc qu’un dialogue entre deux France est plus que jamais nécessaire si nous voulons que les musulmans s'intègrent totalement dans la nation française et dans une République qui a fait de la séparation de la religion et de l'Etat un de ses fondements inscrits dans la Constitution de la Ve République. Ce qui ne veut pas dire que cette République est neutre. Loin de là.

    Concessions

    D'où la nécessité, dans le contexte que l'on sait, de faire des compromis tout en respectant les principes de la laïcité, afin d'accueillir les musulmans, à condition, souligne Pierre Manent, que ces derniers respectent des principes intangibles : l'interdiction de la polygamie, du voile intégral et le principe de la liberté d'expression.

    L'auteur ajoute aussi qu'une « conversation civique animée et révélatrice pour tous, consisterait à commander aux musulmans de France de prendre leur indépendance par rapport aux divers pays musulmans qui dépêchent les imams, financent et parfois administrent ou orientent les mosquées ».

    Ces concessions à la laïcité ? Elles sont mineures selon lui. « Il me semble, écrit le philosophe chrétien, que nous pourrions donner plus libéralement aux musulmans qui le souhaitent la possibilité de suivre les mœurs qui leur paraissent obligatoires ou désirables sans être entravés ou mis en accusation. Par exemple, j'ai peine à comprendre comment des hommes politiques de premier plan peuvent mettre à leu programme de " renforcement de la laïcité " l'instauration du menu unique, et du porc obligatoire, dans les cantines scolaires ».

    Et la nation ?

    Fort critiqué par les tenants d'une forme de laïcité extrême (dogmatique, diront certains) parce qu'il parle de concessions, de compromis avec une religion, l'essai de Pierre Manent est en outre une réflexion sur la notion de nation aujourd'hui à l'heure de la construction européenne.

    L'auteur en déplore la remise en cause. « Pourquoi avons-nous tant besoin que les nations aient fait leur temps et que nous soyons sortis de la religion ? », s'interroge-il. Quand il ne nous alerte pas. « L'affaiblissement politique et spirituel de la nation est sans doute le fait majeur de notre temps ».
    Au fond, malgré les apparences de ce que l'on appelle « un vouloir vivre ensemble », avons-nous encore envie d'une vie commune en France ?

    Pour en savoir plus :

    Emission Idées, dimanche 10 janvier 2016 à 16h10 TU vers toutes cibles.

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