GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Samedi 23 Juillet
Dimanche 24 Juillet
Lundi 25 Juillet
Mardi 26 Juillet
Aujourd'hui
Jeudi 28 Juillet
Vendredi 29 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Général

    Des chrétiens cibles des extrémismes, des dictatures et des criminels

    media L'enlèvement des trois chrétiens fait suite à un autre enlèvement : celui d'une vingtaine de coptes, finalement décapités en février, là aussi dans la région de Syrte, en Libye. REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

    L'ONG Portes ouvertes s'inquiète d'une année record en termes de violences envers les chrétiens. Les communautés religieuses sont attaquées ou menacées pour des raisons qui varient d'un pays à l'autre : luttes identitaires, interdiction de culte, rackets ou encore joug dictatorial.

    Dans l'édition 2016 de son index annuel, l'ONG Portes ouvertes dresse un bilan tragique des persécutions visant des chrétiens dans le monde.

    Selon ce réseau associatif, actif dans une soixantaine de pays, l'augmentation des attaques contre les communautés religieuses continue de grimper. De la Corée du Nord au Mexique, en passant par l'Inde, les Maldives ou la Libye, il ne fait pas bon prier le Christ.

    « C'est l'année des débordements, explique Michel Varton, responsable France de Portes ouvertes. Je pense que les chrétiens sont persécutés pour deux raisons principales : leurs croyances et leur attente de justice, que ce soit vis-à-vis de la dictature en Corée du Nord ou face aux cartels en Amérique du Sud. »

    Le document de Portes ouvertes indexe une cinquantaine de pays selon une série de critères divers, pour calculer d'année en année l'évolution des attaques contre les chrétiens. Pour 2015, l'ONG dénombre 7 100 personnes tuées pour leurs convictions religieuses, 2 400 églises attaquées, des communautés entières fuyant les menaces dans des proportions jamais vues...

    « On ne sait pas tout, précise Michel Varton. Ce que nous référençons, ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Beaucoup de gens meurent discrètement, sans qu'on puisse le savoir. »

    Des situations très différentes

    Le pays le plus terrible pour les chrétiens reste la Corée du Nord, pour la quatorzième année de suite. On estime que des dizaines de milliers de personnes y sont incarcérées pour raisons religieuses, par un régime qui craint toute forme de contestation idéologique.

    A l'échelle mondiale, l'index désigne l'extrémisme islamiste comme la principale menace, cette problématique concernant 35 des 50 pays référencés. Ailleurs, comme en Amérique latine, des logiques criminelles cherchent à exploiter les communautés chrétiennes, notamment à travers des rackets.

    « Ce n'est pas le christianisme en tant que tel qui est visé, estime cependant Raphaël Liogier, sociologue et auteur de La guerre des civilisations n'aura pas lieu. Les chrétiens ont la réputation d'être organisés. Ils sont potentiellement porteurs de révolte. Ce qui compte, ce n'est pas qu'ils sont chrétiens, mais qu'ils puissent se révolter. » Pour lui, il faut se méfier de l'impression que donne la cartographie réalisée par Portes ouvertes : chaque problématique est différente.

    « Daech, poursuit-il, persécute effectivement les chrétiens. Mais leur obsession, ce sont les chiites. Aujourd'hui, le rapport de force le plus violent au monde oppose chiites et sunnites, pas musulmans et chrétiens. Il y a un déploiement des conflits religieux, parce que la religion joue un rôle identitaire. L'islam ou le bouddhisme sont utilisés par des individus pour servir leurs intérêts. Mais l'avance la plus massive dans le monde, en termes de forces, ce sont les chrétiens néo-évanlégiques : on n'a jamais vu une progression pareille, en particulier en Afrique, du fait d'un prosélytisme extrêmement bien organisé. »

    Mécanismes de persécutions

    Michel Varton confirme des mécaniques très différentes, selon les cas. « Pour chaque pays, il y a des moteurs, qui sont en général multiples. Mais on peut les regrouper. Cette progression des persécutions, nous ne la constatons pas dans deux ou trois pays. C'est mondial. »

    Portes ouvertes

    En voici quelques exemples :

    Erythrée : pris pour cible par un pouvoir particulièrement dur, les chrétiens sont nombreux parmi les migrants qui fuient le pays. Un fonctionnaire a désigné en public, selon Portes ouvertes, les trois ennemis qu'il fallait éradiquer : le sida, le régime éthiopien... et les chrétiens indépendants.

    Sri Lanka : Les églises sont régulièrement prises pour cible par les communautés bouddhistes locales. Ces violences visent également les hindouistes du pays. L'élection d'un nouveau gouvernement suscite quelques espoirs de progrès pour les minorités religieuses.

    Mexique : L'ONG rapporte le cas d'une ville où des malfrats ont menacé le pasteur : « Nous avons compté 550 personnes dans votre église, cela signifie que vous nous devez 10 000 dollars par mois... Si vous payez, vous resterez en vie. » Là où les autorités peinent à contrôler le territoire, occupé par les narcotrafiquants, les réseaux criminels rackettent les communautés religieuses.

    Niger : Si le pays a longtemps été caractérisé par une pratique modérée de l'islam, l'influence de Boko Haram y fait progresser les menaces et les attaques contre les minorités chrétiennes. Le Niger apparaît pour la première fois dans l'index de Portes ouvertes.

    Inde : Le pouvoir hindou nationaliste utilise la religion comme un pilier de son discours identitaire très fort. Si les musulmans sont menacés, les minorités chrétiennes sont particulièrement démunies. Rajeshwar Singh, militant religieux proche du pouvoir, a promis la disparition des chrétiens d'ici 2021. Dans le même temps et selon les régions, ces derniers sont également pris pour cible par les groupes islamistes radicaux... et l'insurrection maoïste.

    Iran : L'ONG suit plusieurs dossiers de musulmans qui se sont convertis au christianisme. Ces derniers sont accusés du crime d'apostasie, toujours d'actualité à Téhéran.

    Corée du Nord : 50 000 à 70 000 chrétiens sont incarcérés. La dictature considère en effet le christianisme comme un moteur de révolte activé notamment depuis l'extérieur, où les églises protestantes multiplient les actions pour aider les gens à fuir le régime.

    Portes ouvertes

    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.