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    Culture

    L'exigeant «mépris civilisé» de Carlo Strenger

    media Carlo Strenger. © Clara Wright

    Comment l'Occident peut-il défendre ses valeurs ? Posée ainsi la question peu paraître provocante. Elle ne l'est pas. Elle traduit en revanche une réalité qui est au cœur du livre de Carlo Strenger. Cet intellectuel chaleureux et qui porte un regard sans concession sur notre époque, enseigne la psychologie à l'université de Tel-Aviv. Il est à la fois philosophe et psychanalyste, membre de la Fondation Freud, à Vienne.

    C'était hier. Après la guerre froide. Certains penseurs, comme le célèbre Francis Fukuyama estimait que l'histoire était finie parce qu'au fond la démocratie libérale avait partout triomphé sans recourir à la violence. Mais, finalement, l'histoire avec ses luttes éternelles a triomphé et ce que prédisait le savant américain ne s'est pas produit. Loin s'en faut. Les guerres ont continué. Faut-il rappeler le conflit dans l'ex-Yougoslavie ? Et le génocide rwandais ? Sans parler de l'actualité du monde contemporain.

    La timidité occidentale

    Comme le constate Carlo Strenger : « la démocratie libérale et l'idée des droits universels de l'homme, qui revendiquent l'indépendance face à la religion, la nationalité, le sexe et l'orientation sexuelle, n'ont finalement pas conquis le monde, même si, dans les années 90, tout portait à croire que l'effet domino de la démocratisation ne pouvait plus être arrêté ».

    Est-ce pour cette raison que les Occidentaux sont désormais sur la réserve face à l'affirmation identitaire d'autres civilisations ? Est-ce à cause de cet espoir déçu qu'ils ne savent même plus comment défendre leurs valeurs même quand celles-ci sont menacées par exemple par le terrorisme islamiste ? Est-ce pour cela qu'ils éprouvent un malaise (en Europe notamment) qui profite aux partis xénophobes ?

    Selon Carlo Strenger ce malaise « tient au fait que la plupart des Européens ne sont plus en mesure, pour défendre leur culture, de présenter des arguments solides allant au-delà de la simple efficacité de leurs économies et de la paix politique et sociale ». Sans parler d'un certain désespoir qui se traduit dans les romans glauques de Michel Houellebecq.

    Cette sorte de fatigue, de lassitude est patente. Elle est à ajouter au sentiment que les Européens ont eu après la guerre, que l'Holocauste, les ravages de la colonisation leur interdisaient de donner des leçons à d'autres parties du monde. « Après 1945 commença alors un processus d'autocastration », écrit l'auteur. Un processus qui donna naissance, selon lui, au politiquement correct, c'est-à-dire à l'interdiction de juger quiconque ne partageait les mêmes valeurs que lui.

    Un tournant

    Cette époque a peut-être pris fin avec cette date charnière, le 11 septembre 2001, le plus grand acte de terrorisme de l'histoire. Depuis l'Occident (les Etats-Unis en particulier) a été obligé de s'interroger sur ces propres valeurs face à ceux qui voulaient les détruire. Puis cette vague de terrorisme est arrivée en Europe, Madrid en 2004, Londres en 2005, Paris en 2015...

    Cette interrogation a bien surgi, mais elle a surtout été le fait des néoconservateurs obsédés par leur volonté d'exporter la démocratie puis par les partis d'extrême droite. « La défense de notre culture se retrouve donc pour ainsi dire externalisée, laissée à droite », remarque l'auteur, car la gauche a longtemps été, et l'est encore, prisonnière du politiquement correct qui n'a rien à voir avec la tolérance.

    Un mépris qui ne méprise personne

    Dans son essai, Carlo Sprenger propose donc cette idée de « mépris civilisé », c'est-à-dire de retour de l'esprit critique reposant sur la connaissance, l'honnêteté, la bonne volonté. « A se crisper sur le politiquement correct, on perd de vue le principe fondamental des Lumières, à savoir que rien ni personne n'est au-dessus de la critique », écrit-il. Ou bien encore : « si les autres cultures n'ont pas le droit d'être critiquées, il est de fait impossible de défendre la sienne ».

    Il faut donc réfléchir à ce concept de « mépris civilisé », c'est-à-dire à « la capacité à s'inscrire en faux contre des credo, des comportements et des valeurs, dès lors qu'ils nous paraissent irrationnels, immoraux, incohérents ou inhumains », écrit le philosophe. S'appuyant sur l'héritage des Lumières, il s'agit en somme d'être libre.
     

    Pour en savoir plus :
    Carlo Sprenger est l'invité du magazine Idées dimanche 7 février à 16h10 TU.

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