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    Culture

    Un seul monde, une seule civilisation

    media Raphaël Liogier. RFI/Clara Wright

    Raphaël Liogier est professeur à Sciences Po Aix-en-Provence. Sociologue et philosophe, il enseigne aussi au Collège international de philosophie. Il vient d’écrire La guerre des civilisations n’aura pas lieu (CNRS Editions), un livre dans lequel il estime « qu’il est urgent de penser la perméabilité des frontières, et, ainsi, la disparition de la figure de l’autre radical, l’étranger, le barbare qui se situait jadis au-delà de notre horizon existentiel, séparé de notre espace de vie ». Il est l’invité du magazine Idées ce dimanche.

    Dans les trois parties de son livre, Raphaël Lioger démonte avec une jubilation certaine la thèse de Samuel Huntington, l’auteur célèbre du livre Le Choc des civilisations. Selon l’intellectuel américain, « les civilisations forment les tribus humaines les plus vastes, et le choc des civilisations est un conflit tribal à l’échelle globale ». Selon le penseur français, au contraire, « si des extraterrestres nous observaient avec leurs yeux tout à fait étrangers à nos arguties, il est fort probable qu’il ne leur viendrait pas à l’idée que nous sommes divisés en plusieurs civilisations ».

    Dans son ouvrage riche, Raphaël Liogier examine les différents courants de l’anthropologie, ceux qui fidèles aux Lumières pensent l’universalité de l’homme, et ceux qui, au contraire, cultivent le différentialisme comme Huntington qui a cru discerner huit civilisations différentes sur la planète.

    Une moindre opposition

    Dans le monde d’aujourd’hui, malgré le terrorisme par exemple, Raphaël Liogier se veut optimiste. Il estime qu’en dépit « de l’existence de postures antagonistes et extrémistes qui peuvent s’appuyer sur des idéologies religieuses et politiques, les croyances essentielles des hommes sont de moins en moins des facteurs d’opposition de valeurs ».

    Même les religions sont, selon lui, en train de changer. L’auteur, prolixe, enthousiaste, examine d’ailleurs la place du religieux dans le monde de ce début de XXIe siècle. C’est un sujet qu’il connaît bien, lui qui a écrit un essai remarqué, Le mythe de l’islamisation, en 2012.

    Pour Raphaël Liogier, toutes les religions sont traversées aujourd’hui par trois courants nés de la mondialisation : le spiritualisme, le charismatisme et le fondamentalisme. Ce sont autant de tendances qui tendraient à montrer que l’ouverture du monde a un impact sur les grandes religions, dans ce que l’auteur appelle « la civilisation planétaire ». C’est selon lui « l’hypermodernité religieuse ».

    En un mot, ce ne sont pas les religions qui s’affrontent, mais ces différents courants au sein de chacune d’entre elles.

    Et l’Etat dans tout cela ?

    Un des signes de cette civilisation unique est selon Raphaël Liogier est la place centrale qu’y occupe internet. « Force est de constater que les processus de contagion culturelle prennent une ampleur nouvelle à travers la toile digitale de l’internet, qui peut s’apparenter aux nervures d’un système organique global » qui sont aussi, observe-t-il, « des espaces de désir déterritorialisés ».

    Religions redéfinies en quelque sorte par la mondialisation, place centrale de l’internet qui crée un monde sans frontière, que devient alors l’Etat-nation dans ce bouleversement ? Il est dépassé selon l’auteur alors que la menace est désormais globale. Menace climatique notamment. Et de quel poids pèsent aujourd’hui les Etats face au monde financier et économique ? La réponse est dans la question.
    Plus d’Etat donc. Même à l’échelle globale. Si Raphaël Lioger plaide pour une gouvernance mondiale, il ne veut pas entendre parler d’un Etat mondial si tant est qu’il puisse un jour exister.

    Lui pense plutôt à une confédération avec un centre de décision « mais une diffusion du pouvoir grâce à des strates administratives permettant la participation des populations qui occupent les différents espaces planétaires ».

    Idéaliste ? Doux rêveur ? Ou visionnaire ? L’auteur ne manque en tout cas pas d’arguments. Selon lui, il faut aller plus loin dans la construction d’un monde unique. Sinon, prévient-il, « si aucune gouvernance mondiale n’est mise en place dans un avenir proche, c’est l’avenir de l’humanité qui deviendra hautement utopique ».

    Pour en savoir plus :

    Emission Idées, dimanche 14 février 2016 à 16h10 TU vers toutes cibles.

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