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    Culture

    Vladimir Jankélévitch, le moraliste résistant

    media «Vladimir Jankélévitch, l'esprit de résistance», Textes inédits 1943-1983. Editions Albin Michel

    Philosophe, moraliste, musicien et musicologue, Vladimir Jankélévitch est sans nul doute un des grands intellectuels français. Il est aussi l'homme de la résistance et du souvenir. Les textes publiés dans L'esprit de résistance (Albin Michel) le montrent de façon éclatante. Ces textes ont été rassemblés par Françoise Schwab.

    Historienne, éditrice des œuvres posthumes de Vladimir Jankélévitch, Françoise Schwab a rassemblé des textes inédits qui couvrent la période 1943-1983. Avec cet ouvrage, cette femme de lettres, qui a bien connu « Janké » comme l'appelaient familièrement ses élèves, poursuit un travail considérable qui devrait s'achever par la publication de textes sur la musique cette fois.

    Au cœur de L'esprit de résistance, il y a la Seconde Guerre mondiale. « Il s'agit dans ce livre de faire connaître les textes du philosophe qui scandent une méditation infinie sur l'absolu du crime hitlérien », écrit Françoise Schwab.

    Vladimir Jankélévitch n'a jamais voulu pardonner les Allemands après le génocide des Juifs. L'auteur souligne qu'aux yeux du philosophe, « c'est un crime international, mais commis par une seule nation ; c'est un crime contre l'humanité, mais dirigé sélectivement contre un seul peuple. Il est inexpiable, car aucun châtiment ne pourra jamais être proportionné à ce crime. »

    Face à cela, certains ont dit de Jankélévitch qu'il était « l'homme de la mémoire excessive ».

    La guerre : une cassure

    D'évidence, il y a le philosophe d'avant la guerre et celui d'après le conflit. Sans elle, le normalien aurait sans doute mené une vie brillante et paisible. Après elle, après cette période des années 1940 où il mena de front des activités dans la résistance et sa réflexion philosophique, elle fut brillante, mais tourmentée par la mémoire, le souvenir. Cette cassure de la guerre, la résistance à Toulouse, une vie de misère l'ont marquée à jamais. Dès lors, il lia pensée et action. Pensée et possibilité de dire non. « Philosophiquement, il pose que toute résistance commence avec un refus, celui qui induit l'engagement de l'homme libre », souligne François Schwab. Et le moraliste accepte de se jeter dans la bagarre même s'il faut renier certains principes : « Nous préférons l'impureté du courage et de la bonne volonté passionnée [...] car l'action est salissante », disait-il.

    Ce qui frappe dans le livre, c'est la diversité des documents publiés. L'ancien titulaire de la chaire de philosophie morale de la Sorbonne a écrit des articles dans des revues spécialisées, des discours, des allocutions qui, tous, réveillent le souvenir des horreurs passées. Tel cet hommage à des étudiants résistants assassinés par les Allemands. « Nous qui survivons par chance, nous que le hasard a miraculeusement épargnés, nous ne valions pas mieux qu'eux : notre existence n'est pas plus précieuse que la leur, et nous avons parfois honte de vivre quand nous pensons à leur calvaire », disait-il, le 28 novembre 1964.

    « Le philosophe se veut le garant de la mémoire de ceux qui ne sont plus », écrit Françoise Schwab. Et le moraliste, disciple de Bergson, écrivait dans Le Monde, en janvier 1965, dans un article remarqué, « L'imprescriptible », ces mots d'une terrible actualité : « Les inventions inédites de la cruauté, les abîmes de la perversité la plus diabolique, les raffinements inimaginables de la haine, tout cela nous laisse muets, et d'abord confond l'esprit. On n'en a jamais fini d'approfondir ce mystère de la méchanceté gratuite. »

    Malgré ce constat, ou plutôt fort de ce constant, Vladimir Jankélévitch ne s'est jamais découragé. Il fut de tous les combats de son temps. Pour résister face à la barbarie.

    En cela, et avec son œuvre, il nous parle encore. A nous de l'écouter pour ne pas perdre courage.

    Pour en savoir plus :

    Françoise Schwab est l'invité de l'émission Idées, dimanche 6 mars 2016 à 16h10 TU.

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