GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 22 Juin
Jeudi 23 Juin
Vendredi 24 Juin
Samedi 25 Juin
Aujourd'hui
Lundi 27 Juin
Mardi 28 Juin
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Moyen-Orient

    A la recherche d'un califat perdu

    media «Le Califat, histoire politique de l’islam», de Nabil Mouline. Editions Flammarion

    Le 29 juin 2014, à la grande mosquée de Mossoul, en Irak, Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'organisation jihadiste de l'Etat islamique proclamait le califat. Dans son livre qui vient à point nommé, Le Califat, histoire politique de l'islam (Champs, Flammarion), l'historien et politologue Nabil Mouline raconte l'histoire de cette institution chère aux musulmans dans laquelle religion et politique se confondent. Ce récit est non seulement celui d'une entité historique mais aussi celui d'une idée, voire d'un fantasme. Dès l'amorce son livre, Nabil Mouline cite un théologien du Xe siècle. Selon lui, « la plus grande source de discorde au sein de l'umma est le califat. Jamais principe religieux n'a fait couler tant de sang en islam ». Le ton est donné. Le califat à la fois rassembleur et diviseur.

    Définition

    Mais au fait, de quoi parle-t-on exactement quand nous évoquons cette entité ? L'auteur nous donne quelques repères. « Né en Arabie au VIIe siècle, le califat s'impose très rapidement comme l'institution politico-religieuse centrale de l'islam. En moins d'un siècle d'existence, cette institution a façonné, de manière volontaire et involontaire, ce qui allait devenir la civilisation musulmane et modifié profondément les équilibres du monde connu ».

    Nabil Mouline examine de près cette évolution depuis la naissance du prophète, « persuadé que l'instauration de l'unicité divine doit s'appuyer sur un ordre politique ». Il regarde à la loupe la période 632-661 qui, selon lui, a influencé durablement l'islam ; conquêtes, tentatives de centralisation, guerre civile et organisation de la communauté des croyants.

    Médinois et Mecquois s'opposeront à ce sujet, mais ces derniers ont fini par imposer leur point de vue, l'umma devait être dirigé par un monarque : le calife, « le représentant et le délégué d'Allah, le véritable roi souverain de l'univers, et non le successeur et le remplaçant d'un prédécesseur » alors que moins d'un quart de siècle après la disparition de Muhammad, ses disciples contrôlaient les territoires les plus riches du monde d'alors dans ce que l'on appelle aujourd'hui le « Moyen-Orient ».

    L'âge d'or

    Bien sûr, Nabil Mouline analyse aussi la transformation du califat à l'âge d'or de l'islam, durant la période des Omeyyades (661-750) et des Abbassides (750-1258). Epoques durant lesquelles les monarques vont imposer leur pouvoir et transformer l'islam en quelque sorte. « La religion messianique devient petit à petit une civilisation à vocation universelle », écrit l'historien. La dynastie abbasside va survivre jusqu'au XVIe siècle à Bagdad puis au Caire. Nabil Mouline raconte cela dans son petit livre dense.

    Finalement, le califat a disparu en 1924 sur les ruines de l'Empire ottoman mais la notion de califat a continué à vivre et à être étudiée par bon nombre d'intellectuels.

    Arabie saoudite

    Selon l'auteur, « pour servir ses intérêts sur la scène internationale, l'Arabie saoudite a adopté dès les années 1920 une politique califale qui ne dit pas son nom ». Selon lui, la famille régnante « a détourné et dénaturé dès les années 1960 les différents projets de réunification de l'umma que les réformistes appelaient à mettre en place depuis la seconde moitié du XIXe siècle ». Et c'est ainsi qu'est apparu le wahhabisme.

    L'historien rappelle d'autre part que le Maroc « a essayé d'utiliser le califat comme outil de politique étrangère depuis l'indépendance du pays, en 1956, particulièrement en Afrique de l'Ouest et au Sahel ».

    Aujourd'hui, les jihadistes ont en quelque sorte récupéré le souvenir, voire le mythe, du califat. Ses idéologues l'ont ressorti des limbes. En falsifiant l'histoire.

    Comme le souligne Nabil Mouline, « à la faveur d'un bricolage intellectuel qui résulte du détournement de concepts, de symboles et d'images d'origine musulmane et européenne, les différents groupes islamistes proposent à leurs adhérents un nouveau départ, une nouvelle identité et un nouveau mode de vie ». En somme, le paradis perdu.

    Pour en savoir plus :

    Nabil Mouline est l'invité de l'émission Idées, dimanche 13 mars 2016 à 16h10 TU.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.