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    Culture

    Ce cher Homère, si loin, si proche

    media Pierre Judet de La Combe. © Samuel Kirszenbaum

    Non seulement il faut lire de bons livres, mais il faut surtout lire les auteurs grecs et latins qui ont encore beaucoup de choses à nous dire. C’est ce que conseille le grand helléniste Pierre Judet de La Combe qui dans son dernier ouvrage L’avenir des anciens, oser lire les Grecs et les latins (Albin Michel) nous offre un plaidoyer qui ne manque pas de force.

    Dans la première partie de son livre, cet intellectuel de haut vol qui travaille sur une nouvelle traduction de l’Iliade, d’Homère, nous invite donc à lire. « C’est, dit-il, une école de liberté, une école lente, qui demande un arrêt, un suspens, qui demande que, pour un moment, on renonce à ses certitudes, à ses schémas habituels ». En tout cas, la lecture est le moyen de gagner sa liberté ; sa liberté de penser. C’est, comme le dit l’auteur « ne dépendre d’aucune autorité extérieure qui dicterait ce qu’il faut penser ou faire ». Rien que pour cela, il faut se perdre dans les pages d’ouvrages qui enrichissent notre vie.

    Lire donc les auteurs latins et grecs au moment où l’enseignement des langues mortes fait l’objet d’un grand débat et d’une polémique. Leur apprentissage est-il menacé ou pas ?

    La langue d’Homère et de Virgile est affaire de privilégiés, semble-t-on prétendre dans les couloirs du pouvoir. Une constatation qui hérisse Pierre Judet de la Combe. Selon lui, « une gauche-réflexe, pavlovienne, répond à la crise par le mot d’ordre d’une chasse aux privilèges. Elle croit compenser ainsi, tant qu’il est encore temps, ses échecs et ses renoncements dans le domaine économique et social. Mais, du coup, elle défavorise les défavorisés. La droite, qui n’a rien fait pour améliorer la situation, se récrie, proteste, mais en fait ricane. Ses adversaires font le travail pour elle et dégagent enfin les conditions d’une Ecole à plusieurs vitesses ».

    Vivre avec les anciens

    Malgré tout, l’auteur, directeur d’études à l’EHESS, veut y croire et dans son livre, à la fois coup de gueule et plaidoyer, il veut donner envie aux lecteurs de se plonger ou de se replonger dans les textes des anciens, dans leur langue d’origine. C’est possible dit-il. Et à tout âge. Il nous parle de l’Iliade d’Homère. Et du premier vers de cette épopée !

    « Chante, déesse, la colère d’Achille, le fils de Pélée »
    « Si on est un peu informé, écrit-il, surgit tout un monde de questions et de connaissances, et à travers elles un univers fabuleux de mythes, d’art poétique, de traditions, de formes spectaculaires de récitations publiques ». C’est selon Pierre Judet de La Combe, « un poème qui fait entrer dans l’expérience de la colère et de ses conséquences » et qui raconte la nécessité de la surmonter. Cette lecture est donc à recommander à beaucoup.

    Il y a aussi l’Odyssée et le destin d’Ulysse dont le retour chez lui après la guerre de Troie a inspiré non seulement les romanciers, mais aussi les philosophes et qui commence ainsi : « L’homme aux mille détours, Muse, dis-le moi, qui en mille lieux
    Vagabonda, depuis qu’il ravagea la ville sacrée de Troie
    ». Selon l’helléniste, « Ulysse, en voyageant, parcourt l’histoire de l’humanité, rencontre des mondes archaïques ou improbables qui font voir ce dont notre société est faite. Ils sont des révélateurs ».

    Pierre Judet de La Combe, qui aussi travaillé pour le théâtre en traduisant des pièces grecques pour Ariane Mouchkine, nous parle également d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide.

    Dans son livre, il souligne enfin l’importance de l’histoire dans notre monde pressé.
    « Elle est une méthode, explique-t-il. Elle est au centre des interrogations qu’on se pose face à une situation nouvelle. Comme elle est au passé, que ses résultats, apories et oublis sont connus ou connaissables, elle permet d’anticiper le sens et la valeur des solutions que l’on envisage, elle permette de mesurer ce qui change et ce qui n’a pas changé dans les problèmes rencontrés. » Pierre Judet de la Combe l’humaniste.

    Pierre Judet de La Combe est l’invité du magazine Idées dimanche 20 mars 2016 à 16h10TU

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