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    Artiste/Artisan: Un drôle de jeu révélé au Palais de Tokyo

    media Mais qui a effectivement tenu le pinceau pour la création de la peinture ? ® Thomas Bourdeau / RFI

    Pour réaliser une œuvre d’art, les artistes profitent parfois du talent des artisans d’art et de leur savoir-faire. Alors qui est réellement le créateur ? C’est à cette question ambiguë que le Palais de Tokyo à Paris a tenté de répondre dans son exposition Double Je. En menant l’enquête de façon ludique, Double Je nous entraine dans le dédale technique et psychologique des ateliers de la création artistique.

    Jean de Loisy, directeur du Palais de Tokyo, ne cachait pas son enthousiasme lors de la présentation de Double Je, nouvelle exposition pensée autour de la relation entre artistes et artisans. « Pour cette exposition, le commissaire d'exposition est comme un commissaire de police. On a cherché à dévoiler la relation entre l’art et les artisans d’art. C’est une énigme et c’est à vous d’en trouver la solution ! » Selon Jean de Loisy, le passage de l'artisan à l’artiste est comme un combat entre egos, doubles cachés. « Les métiers d'art viennent de loin, ils sont ancrés dans nos régions. Les artisans d'art vont d'autant plus loin dans leur travail qu'ils acceptent de quitter leurs bases installées. On veut faire sortir ces métiers de l'ombre ! »

    Le Palais de Tokyo mène l’enquête

    La question méritait d’être posée, car elle n’est pas nouvelle. Derrière toute œuvre, dans tous les ateliers des artistes internationaux, on imagine (négligé médiatiquement ?) les petites mains qui ont aidé à la réalisation technique. Car qui est alors effectivement l'artiste ? Celui qui pense ou celui qui fait ? De quelle nature est le dialogue ? Le Palais de Tokyo mène l’enquête. Une enquête parsemée d’évidences (en anglais, des indices, mais en français, on dira que le déroulé de l’exposition est un peu fastidieux). On comprend bien que tous ces chefs d’œuvres ne seraient pas là sans le savoir-faire des artisans, certes, mais la présentation est chargée, voire parfois faite de bric et de broc.

    « Comme dans le cerveau d’un artiste et ses méandres »

    « Ici on a l’arme du crime ! » explique Jean de Loisy en montrant un moulage de vertèbres de serpent en argent et acier damassé de Jean-Noël Buatois. Il parle aussi de scénographie, voire de climat étrange pour cette exposition qui tourne autour du « je », de l’ego de l’artiste et du travail de l’artisan. Ou est-ce l’inverse ? Une étrangeté répétée à plusieurs reprises comme pour appuyer sur le caractère nouveau, risqué et ludique de l’exposition. Car on s'amuse beaucoup dans ce dédale à l’allure de Cluedo sous l’égide de la Fondation Bettencourt Schueller qui valorise les métiers d’art français avec le prix L’Intelligence de la main. Dentelle, peinture à l’aérographe, or, silicone… Rien n’est négligé.

    La conversation est riche entre métier d'art et artiste. On traverse même un labyrinthe : « lieu de métamorphose psychologique ponctué de 14 000 clous », selon Jean de Loisy. Ce sont surtout plusieurs immenses cabinets de curiosités dans lesquels « on est comme un chirurgien autour de la réalisation d’une œuvre. Comme dans le cerveau d’un artiste et ses méandres », commente Jean de Loisy.

    Nicolas Marischael, orfèvre depuis trois générations, présente pour l’exposition une pièce au tirage limité, Osmos, un diffuseur de billes de parfum en argent massif. Il a reçu pour cette œuvre en 2015 le prix Liliane Bettencourt pour l'intelligence de la main.  « Mon grand-père était cuillèriste, mon père dans la restauration et l’argenterie ancienne. Je suis fabricant, restaurateur, [mais] depuis 2011, je fais aussi des créations. Tout est fait à la main, avec des outils parfois du XVIIIe siècle, et l’orfèvre poursuit : Il faut que les artisans se remettent en question ! Nous avons la capacité de créer et de nous moderniser. C’est mieux de vivre avec son temps et de faire évoluer nos métiers qui parfois entrent en symbiose avec celui d’artiste. »

    « Un artisan prépare un terrain et l'artiste l'interprète ! »


    Manuela Paul-Cavallier détaille : « Artiste ? Artisan ? J’ai les deux casquettes. Un artisan prépare un terrain et l'artiste l'interprète ! » Son métier ? Artiste, créatrice de matière d'or. Après dix années en Italie pour travailler l’or comme support de patines, elle est revenue en France avec sa technique en poche. Mais pourquoi l'or ? « À Florence, la vibration de la feuille d'or s’est présentée comme une évidence pour moi. » Elle s’enthousiasme : « La préparation des supports, puis faire vibrer une feuille d'or pour la mettre dans la lumière, c’est comme si la technique partait en voyage avec l’artiste ! »

    Au fil de l’exposition, on découvre ainsi des métiers, des pratiques délicates telles la broderie, la marqueterie, la sculpture sur bois, la plumasserie qui servent au rendu artistique. À New York, l’exposition In the Making : Artists, Assistants and Influence explore le même thème pour faire sortir de l’ombre les petites mains qui aident les créateurs. Car qui est réellement derrière les œuvres artistiques ? La question semble se poser avec une autre en corolaire : ne vaut-il pas mieux laisser les artisans à leur place d'excellence et les artistes dans la catégorie créatifs géniaux ? Pas facile de mélanger les styles…

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