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    Culture

    Le Festival d’Avignon raconte son histoire jusqu'à 2086

    media Les comédiens de La Piccola Familia racontent au jardin Ceccano les « Chroniques du Festival d’Avignon, de 1947 à… 2086 ». Siegfried Forster / RFI

    La 70e édition du Festival d’Avignon fermera ce dimanche 24 juillet ses portes, après presque trois semaines de spectacles et un record d’affluence du public. 95 pour cent des 126 000 billets proposés ont été vendus et une pièce sera restée en haut de l’affiche, du début jusqu’à la fin : « Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse ». Tous les jours à midi, La Piccola Familia de Thomas Jolly a raconté aux festivaliers la « vraie » histoire du Festival d’Avignon, « de 1947 à… 2086 », un feuilleton théâtral en 16 épisodes à 40 minutes.

    Comment s’imaginer le Festival d’Avignon du futur ? « Avignon, c’est la ville de rêve. Avec le théâtre, tout est possible », se lance Michel, un habitué du plus grand rendez-vous théâtral en France. « Déjà, j’aimerais y participer », répond du tac au tac Sophie, 14 ans. « J’espère que je ne serai pas aspiré par cette trappe à spectateurs nuisibles », rit Bruno de Bordeaux, la cinquantaine, sur la proposition lancée sur scène par des comédiens pour se débarrasser des spectateurs qui toussent et ronflent en plein spectacle. « Je trouve que c’est une très bonne idée, ces sièges éjectables pour mauvais spectateurs » rebondit Cleo, dont les parents déménagent chaque été à Avignon.

    « Pas mentir aux gens »

    Alexandre Dain, acteur et collaborateur artistique dans la Piccola Familia. Siegfried Forster / RFI

    Dans le bucolique jardin Ceccano rien ne manque pour faire du théâtre : un peu d’ombre sous les oliviers, le chant rassurant des grillons, des comédiens survoltés et l’emphase de la cloche de l’église à côté donnant à midi le point de départ du spectacle tant attendu par un public très nombreux et gagné d’avance. Ici, l’art de la scène est déployé avec des moyens basiques, une autodérision certaine et un cœur grand comme le Palais des papes. Une couronne en carton, quelques mots griffonnés sur des panneaux et des costumes dignes d’un théâtre à l’école, voilà la liste des effets spéciaux utilisés.

     « Pour nous, c’était important d’affirmer et de montrer le processus, avec très peu de moyens, avance l’acteur Alexandre Dain, un des collaborateurs artistiques du projet. On ne voulait pas mentir aux gens. Notre matière première est l’histoire du théâtre et du Festival d’Avignon. Et c’est devant le public que cela se transforme en théâtre. »

    La véridique histoire du Festival d’Avignon

    Le metteur en scène Thomas Jolly de La Piccola Familia au Festival d'Avignon 2016. Siegfried Forster

    Raconter chaque midi d’une manière loufoque la véridique histoire du Festival d’Avignon, voilà le défi relevé par La Piccola Familia, dont Thomas Jolly fait partie. Il y a deux ans, le jeune metteur en scène, 34 ans, avait fait un triomphe avec Henry VI de Shakespeare, un marathon de 18 heures. Mais affronter quotidiennement l’histoire du Festival et le public dans un jardin public semble aussi ambitieux pour lui : « Par exemple, le premier spectacle de Jean Vilar, c’était sans doute un grand spectacle, je n’en doute pas, mais il y a beaucoup de critiques et de mots assassins qu’on a trouvés dans les archives sur cette pièce, alors que nous aujourd’hui, on a l’impression que c’était le miracle d’Avignon. »

    Bien entendu, il s’agit de casser les mythes pour que le mythe d’Avignon puisse continuer… « En fait, Vilar, lui, le Parisien qui arrive à Avignon, est venu avec une posture d’humilité, raconte Alexandre Dain. C’est pour ça que cela a fonctionné. Par exemple, il avait pressenti aussi les handicaps de la Cour d’honneur pour se confronter finalement à ce fameux mur et de le battre. »

    Un système à absorber des spectateurs nuisibles

    La jeune comédienne Ophélie Trichard de la Piccola Familia au Festival d'Avignon. Siegfried Forster / RFI

    L’histoire, l’utopie, les critiques de théâtre, les directeurs, le Festival off, Jean Vilar, les intermittents… chaque jour, le feuilleton théâtral est consacré à un autre thème et les comédiens de la Piccola Familia brassent dans leur œuvre collective toutes les polémiques et toutes les idées reçues sur le Festival d’Avignon. Côté public, le miracle se reproduit depuis 1947, le public avignonnais, si cher à Jean Vilar, ne ressemble toujours pas à aucun autre public au monde.  « On imaginait un architecte qui se projetait sur la Cour d’honneur du Palais des papes pour y faire des modifications très techniques, explique Ophélie Trichard, jeune comédienne qui fait partie de la Piccola Familia. Du coup, on a inventé des systèmes complètement improbables et très exagérés, par exemple pour absorber des spectateurs qui nuiraient aux spectacles. Mais je vous rassure, ce n’est que de l’invention et ce n’est pas ce que nous voulons ! » [rires]

    Le théâtre et la télévision

    (Captation d'écran) : Quand Thomas Jolly raconte le Festival d'Avignon en 19 épisodes sur France 2. DR

    Comment renouveler le théâtre, cet art citoyen ? Par exemple, en déclinant le propos aussi sur d’autres supports et écrans comme la télévision. Depuis l’ouverture du Festival, chaque soir à 20h40, Thomas Jolly s’éclate en faisant un résumé de la chronique théâtrale sur France 2 : 19 épisodes à 2 minutes pour toucher un public de théâtre dans son fauteuil à la maison.

    « Je suis ravi de ça. Cela fait longtemps que je cherchais à faire un programme court pour la télévision qui parlerait théâtre sans passer par le sketch, les costumes ou les trucs un peu rigolos. » Et Jolly a déjà bien d’autres projets en tête pour entretenir ce jeu de ping-pong entre la télévision et la scène : « Je crois qu’il y a beaucoup de choses à développer. On a déjà travaillé avec la télévision sur des captations de spectacles avec Richard III et Henri VI, mais là, ce n’est pas seulement un spectacle qu’on montre, mais cela parle du théâtre. J’aimerais bien inventer une émission où l’on parlerait de spectacles comme on parle de sorties de cinéma ou d’albums. Pour redonner au théâtre une place dans ce grand média qui est la télévision et qu’il puisse se réconcilier avec elle. »

    Le Festival d’Avignon en 2086

    Comment s’imagine-t-il le Festival d’Avignon dans 30 ans ? Avec casque virtuel et une caméra 360 degrés ? « Figurez-vous : on a demandé à des enfants à s’imaginer le Festival en 2086, relate Thomas Jolly. Les récits ne sont pas très joyeux [rires]. Une question posée était : en 2086, doit-on attendre la nuit pour regarder les spectacles à cause du réchauffement climatique ? Mais je pense qu’il y aura aussi beaucoup de choses positives avec le numérique et la réalité virtuelle. Mais de toute façon, le théâtre n’est-il pas une réalité augmentée depuis 2 500 ans ? Oui, le théâtre doit prendre le virage numérique, il ne l’a pas encore tout à fait pris. Il faut qu’on trouve dans la création des choses qui ne soient pas seulement gadget, mais qui redonnent une profondeur et une dimension à la dramaturgie. Je pense qu’on n’est pas très loin à commencer à voir sur des scènes des choses très intéressantes. »

    Thomas Jolly sur le Festival d'Avignon, la télé et 2084

    Le Ciel, la Nuit et la Pierre glorieuse, chroniques du Festival d'Avignon de 1947 à... 2086, d'après Histoire du Festival d'Avignon, d'Emmanuelle Loyer et Antoine de Baecque. Mise en scène et interprétée par la Piccola Familia, jusqu’au 23 juillet, à 12h, au jardin Ceccano, au Festival d’Avignon.

    Thomas Jolly raconte l’histoire du Festival d’Avignon : Les 19 épisodes de 2 minutes diffusés du 6 au 24 juillet sur France 2 à 20h40 restent disponibles sur culturebox.fr pendant 12 mois.

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