GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 14 Octobre
Lundi 15 Octobre
Mardi 16 Octobre
Mercredi 17 Octobre
Aujourd'hui
Vendredi 19 Octobre
Samedi 20 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Israël: la Cour suprême annule l'interdiction d'entrée visant l'étudiante américaine Lara Alqasem
    • Affaire Khashoggi: le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin n'ira pas à la conférence de Riyad (Trésor)
    • Brexit: la période de transition pour Londres sera «probablement» prolongée (Juncker)
    • Affaire Khashoggi: Washington donne «quelques jours de plus» à Riyad (Pompeo)
    • L'attaque de Kandahar visait le commandant de l'Otan en Afghanistan, selon les talibans
    • Plus de 60 chefs d'Etat et de gouvernement assisteront le 11 novembre à Paris au centenaire de la fin de Première Guerre mondiale (Elysée)
    • Inondations dans l'Aude: Emmanuel Macron se rend sur place lundi prochain (Elysée)
    • La tuerie en Crimée est de la faute de la «mondialisation», affirme Vladimir Poutine
    • Afghanistan: fusillade dans le palais d'un gouverneur de province, deux Américains blessés (Otan)
    • Immigration: Donald Trump menace de fermer la frontière avec le Mexique
    Culture

    Unesco: les qanâts d’Iran, patrimoine de l’humanité

    media Le qanât de Yazd figure sur la liste du patrimoine mondiale de l’Unesco. DR

    Lors de sa 40e réunion à Istanbul, le 15 juillet 2016, le comité du patrimoine mondial de l’Unesco a inscrit onze qanâts de l’Iran sur la liste du patrimoine de l’humanité. Ces qanâts, dont la construction du plus ancien remonte à plus de 2500 ans et celle du plus récent à 200 ans, auraient une technologie particulière qui les distinguerait des 33 000 autres qanâts du pays.

    Après avoir étudié l’ancienneté, l’architecture, la profondeur et la longueur de chacun d’entre eux, les experts de l’Unesco ont fini par approuver l’inscription des qanâts sur la liste du patrimoine mondial. Ils se trouvent dans six provinces du pays : Khorasan-e Razavi, Khorasan méridional, Yazd, Kerman, Markazi et Ispahan.

    La technique du qanât

    La technique du qanât a été développée en Perse il y a plus de trois mille ans, puis s’est répandue vers l’est et l’ouest. Cyrus le Grand l’aurait introduite en Oman et Darius dans les oasis d’Égypte. Selon Callisthène qui a accompagné vers 335 av. J.-C. Alexandre le Grand lors de sa campagne d’Asie, les Perses avaient résolu le problème de distribution équitable de l’eau du qanât en utilisant la clepsydre.

    Le qanât est une galerie souterraine creusée quasi horizontalement avec une pente douce pour que l’eau puisse s’écouler. Il est destiné à capter une nappe d’eau souterraine et à acheminer l’eau vers l’extérieur. La construction de l’ouvrage commence par le forage d’un puits terminal qu’on appelle le puits mère qui permet de s’assurer de la nature et du niveau de la nappe. Le creusement de la galerie commence à partir de l’aval pour atteindre le puits mère. Le forage d’une série d'accès verticaux ou de puits intermédiaires, espacés de 50 à 100 mètres, permet d’évacuer les débris du creusement de la galerie et d’assurer sa ventilation. La longueur de la galerie peut atteindre plusieurs kilomètres, voire plusieurs dizaines de kilomètres.

    Une source fiable et stable en eau

    Le qanât constitue une source d’approvisionnement fiable et stable en eau dans les régions arides et semi-arides. Le terme est d’origine akkadienne et signifie « roseau ». Il a été repris par des langues sémitiques comme l’araméen et l’arabe et des langues non sémitiques comme le grec ancien et le latin. Il est absent dans le vieux perse, mais dans le persan moderne on l’utilise couramment de même que son équivalent persan « kâriz » ou « kahriz ».

    De nombreux historiens s’accordent à dire que la technique du qanât a été développée en Perse - l’Iran préislamique - il y a plus de trois mille ans, puis s’est répandue vers l’est, de l’Afghanistan jusqu’à l’Inde et la Chine, et vers l’ouest jusqu’aux pays de l’Afrique du Nord comme le Maroc, l’Algérie et la Libye. Elle a même été introduite à Palerme en Sicile lors de l’occupation mauresque. En fait, reprise des Perses, les Romains l’ont développée dans tout le Proche-Orient jusqu’en Tunisie, et les Arabes l’ont transmise jusqu’en Espagne et au Maroc. Cyrus le Grand (roi achéménide vers 559 av. J.-C. à 530 av. J.-C.) l’aurait introduite en Oman et Darius (550 av. J.-C.-486 av. J.-C.) dans les oasis d’Égypte.

    Le qanât « Qasabeh »

    L’un des 11 qanâts inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO est le qanât « Qasabeh » de la ville de Gonabad dans la province du Khorasan-e Razavi au nord-est de l’Iran. Il est également connu sous le nom persan de « Kariz-e Keykhosrow ». C’est l’un des plus anciens qanâts du monde, les experts situent sa construction entre 700 et 500 ans av. J.-C. Il comporte 427 puits intermédiaires. La profondeur de son puits mère est de 320 m et la longueur de sa galerie est de 131 035 m. Dans son récit de voyage « Safarnâmeh », Nasir Khosrow (1003-1077) décrit sa longueur ainsi que la profondeur de son puits mère en précisant qu’il a été construit sous l’ordre de Keykhosrow, roi mythique, qui, selon certains Iraniens, n’était autre que Cyrus le Grand.

    Une horloge à eau. DR

    Le qanât de Zarch est un autre qanât inscrit sur la liste du patrimoine mondial. Avec 71 km de longueur, il est le plus long qanât de l’Iran et comporte 2 115 puits intermédiaires ou, selon les experts, puits de visite qui servent au curage et à la réparation du qanât. Le qanât de Zarch est également le plus ancien de l’Iran. Sa construction remonte à environ 3000 ans.

    33000 qanâts en Iran

    Actuellement, on estime à environ 33 000 le nombre de qanâts opérationnels en Iran. Au milieu du XX° siècle leur nombre était d’environ 50 000. Cette baisse considérable est sûrement due à des causes économiques, démographiques, sociologiques et politiques. Elle est surtout imputable à la surconsommation d’eau dans tout le pays depuis l’avènement de la République islamique. Le forage d’innombrables puits non autorisés et la construction irréfléchie de barrages ont considérablement contribué à l’assèchement des nappes phréatiques.

    Les qanâts ont l’avantage de résister aux catastrophes naturelles comme les tremblements de terre et les inondations, et les niveaux des précipitations ne les affectent pas tellement. Ils résistent également aux désastres humains comme les destructions en temps de guerre.

    Au IIe siècle avant notre ère, Polybe, historien grec, a mentionné dans ses Histoires (livre X-28) les qanâts des Perses en précisant comment ceux-ci ont construit des réseaux souterrains de puits et galeries pour acheminer l’eau jusque dans le désert. Dans le passé, le financement de la construction d’un qanât était en général l’œuvre des propriétaires terriens et des marchands qui se regroupaient en petit nombre et recrutaient plusieurs creuseurs pour étudier d’abord la présence d’une nappe phréatique et procéder ensuite au creusement de la galerie. Certains pensent que ce procédé a été un frein à l’unification politique, car l’eau du qanât n’était pas équitablement distribuée. La maintenance du système posait aussi des problèmes. Dans leurs arguments contre la réforme agraire de Shah dans les années 1960 les opposants citaient aussi ces difficultés.

    Les ruisseaux et les agriculteurs

    Mais il semble que les Perses avaient résolu le problème de distribution équitable de l’eau du qanât en utilisant la clepsydre. Callisthène qui a accompagné vers 335 av. J.-C. Alexandre le Grand lors de sa campagne d’Asie raconte que dans les villages perses, les agriculteurs désignaient l’un des leurs pour surveiller la distribution équitable de l’eau du qanât. Il s’asseyait sur un podium à la sortie de l’eau et plaçait un petit récipient avec un petit trou dans un récipient plus grand rempli d’eau, et après le remplissage du petit récipient (une ou plusieurs fois) changeait le cours d’eau et l’acheminait vers le ruisseau d’un autre agriculteur. Cela montre bien que la clepsydre était à cette époque très répandue en Perse. Son invention a probablement un rapport avec le développement de la technologie du qanât par les Perses.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.