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    France

    À la Fondation Cartier, les animaux exposent leur symphonie

    media Le tableau, Les bruits de la nature, de l'artiste JP Mika originaire de RDC. ® JP Mika

    La Fondation Cartier met en avant le travail de l’acousticien Bernie Krause qui s’est attelé à enregistrer les univers sonores naturels des animaux autour du globe. C’est entouré d’œuvres en résonance avec son travail que cette exposition « Le grand orchestre des animaux » retentit naturellement. L'exposition dévoile un bémol contemporain : les activités humaines dominent de nos jours les harmonies naturelles et font taire les orchestres découverts par Bernie Krause.

    Là, un perroquet semble dialoguer avec un lion. Au loin, le bruit sourd du déplacement d’un troupeau d'éléphants… Tous ces sons d’animaux captés dans leur univers occupent une place bien spécifique sur les spectres sonores des enregistrements diffusés dans le sous-sol de la Fondation Cartier. Comme si les animaux habitaient vocalement leur espace. Joueraient-ils les gammes d’une harmonie naturelle ?

    Bernie Krause est à l’origine de cette découverte bluffante. Thomas Delamarre commissaire de l’exposition a travaillé avec Bernie Krause pour la scénographie de l’exposition Le grand orchestre des animaux. Il explique : « Bernie Krause est musicien, bio acousticien. Il a travaillé avec les Doors, George Harrison... Mais aussi dans le cinéma, comme pour la bande-son d’Apocalypse Now ou Rosemary's Baby. Puis un jour il a commencé à enregistrer les sons du monde animal, du monde sauvage et cela a révolutionné sa manière de comprendre la musique et le son en général. Il a alors tourné le dos à la musique humaine, on peut dire, et il s’est mis à voyager à travers le globe pour enregistrer les sons de la nature, le son des animaux. »

     

    Bernie Krause, île de Saint Vincent, Floride, 2001. @ Tim Chapman

    Mais pourquoi cette technique d’enregistrement était si nouvelle dans la bioacoustique ? « Auparavant, on classait les espèces avec des sons isolés, pour les étudier une à une. Lui a eu l’intuition d’enregistrer les vocalisations animales dans leur ensemble et donc de découvrir comment ils se partagent le territoire, comment ils interagissent et cohabitent par le son. »

    Exposer des sons d’animaux peut se transformer en démarche : « Depuis longtemps on avait envie de créer une exposition uniquement sur le monde animal. Avec l’envie de quelque chose qui nous surprenne, qui surprenne le bâtiment et le visiteur. Quand on a découvert le travail de Bernie Krause, là on s’est dit qu’on avait trouvé quelque chose. La question était comment rendre cela visuel ? On a travaillé avec Bernie Krause. On a fait des choix pour la beauté des sons, mais aussi pour la diversité des territoires explorés acoustiquement. Les UVA (United Visual Artists) ont ensuite créé un espace immersif qui transforme cette expérience sonore en expérience sensible globale pour les oreilles et yeux. »

    L’espace consacré aux sons de Bernie Krause se vit en immersion totale, comme en vase clos. « Bernie pense à juste titre que l’image prend le pas sur le son. Si on se met à regarder, on n’écoute plus correctement. Ce qui est beau avec Bernie, c’est d’apprendre à ré-ouvrir les oreilles et de comprendre ce qui se passe… Alors l’exposition se vit quasiment en deux temps, le premier avec la découverte des œuvres des artistes puis quand on remonte des espaces sonores, on redécouvre les mêmes œuvres qui se peuplent des sons de Bernie Krause. »

    ® Cai Guo-Qiang

    Ils sont trois peintres de la République démocratique du Congo à donner le « la » : Pierre Bodo, Moke et son Orchestre dans la forêt

    ® Moke, l'orchestre dans la forêt... ® Moke

    ...mais aussi JP Mika avec Les Bruits de la nature. Et quelle ambiance ! De l’autre côté de l’entrée, l’artiste chinois Cai Guo-Qiang a réalisé sur 18 mètres un tableau à la symbolique poudre à canon. Le photographe japonais Manabu Miazaki a, quant à lui, laissé les appareils se déclencher automatiquement pour saisir les animaux - dans leur intimité ? ­- via des capteurs à infrarouge. Bluffant !

    ® Manabu Myazaki

    Non loin, le travail du laboratoire d’ornithologie (Cornell Lab of Ornithology) expose en vidéo les parades à grands coups de plumage et de camouflage des oiseaux de Nouvelle-Guinée dans Birds of Paradise...

    Mais une inquiétude sous-tend le travail de Bernie qui se déroule sur plusieurs dizaines d’années : les espaces sonores se taisent ! « Chez Bernie Krause, il y a le plaisir d’écouter ces harmonies animales, mais le plaisir est doublé d’une inquiétude, de cette urgence d’un monde qui disparaît à une vitesse exponentielle. » Les animaux n'ont plus les mêmes espaces pour s'exprimer. L’autre installation immersive dans la même exposition témoigne de cette même crainte. Il s’agit d’un travail en sons et vidéos autour du plancton effectué par Christian Sardet et mis en musique par Ruychi Sakamaoto. Les auteurs parlent pour leurs œuvres de jardin zen, mais aussi d’un ballet du plancton qui a été photographié lors de la mission Tara, en partenariat avec Agnès B. Mais ce plancton aux couleurs étonnantes s’appauvrit d’année en année, les espèces disparaissent…

    ® Christian Sardet

     Triste constat dans ce spectacle animal joyeux, ce monde qui crie, s’exprime de par ses couleurs et ses sons, est aussi un monde qui disparaît. Bientôt sera-t-il seulement visible et écoutable dans les musées ?

    Sur un mur de carrelage peint, vers la sortie, c’est le travail de mémoire de l’artiste brésilienne Adriana Varejao qui représente sur carrelage des oiseaux et des histoires d’animaux oubliés, mais encore vivants dans l’esprit des Brésiliens. Plus loin, dans le jardin de la Fondation, la cabane d’Agnès Varda, comme un mausolée pour que le son ou la mémoire ne s’éteignent pas...

    ® Adriana Varejao

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