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    Europe

    «Le mythe Beethoven», des mèches de cheveux aux robots japonais

    media John Baldessari (né en 1931) : «Beethoven’s Trumpet (with Ear)», opus 131, 2007. Résine, fibre de verre et aluminium, bronze, Los Angeles County Museum of Art, Gift of Margo Leavin. Courtesy of John Baldessari

    « Ainsi le destin frappe à la porte ». Voilà ce qu'aurait dit le célèbre compositeur allemand Ludwig van Beethoven sur les quatre premières notes de sa Cinquième Symphonie, devenue l'un des tubes les plus universels de l'histoire de la musique. Après David Bowie, Pierre Boulez et Marc Chagall, la Philharmonie de Paris rend honneur à un monument de la musique classique qui n'a jamais arrêté d'inspirer l'humanité. 250 œuvres visuelles et plus de 70 pistes sonores illustrent l'exposition « Ludwig van : Le mythe Beethoven ».

    Pourquoi le mythe et non la réalité de Beethoven ? Tout simplement parce qu’aujourd'hui, près de 200 ans après sa mort, Beethoven a dépassé quasiment toutes les frontières culturelles, géographiques et générationnelles. Sa musique est partout : même dans les publicités de perceuses Bosch ou de Cheeseburger, ou dans un spot télévisé de 1968 pour un chocolat pour lequel l'illustre surréaliste espagnol Salvador Dali avait prêté sa voix avec délice.

    Beethoven, du remix électro jusqu’au chœur de robots japonais

    Au cours de sa postérité, Beethoven a été littéralement mis à toutes les sauces et dans tous les registres possibles : en remix électro, en disco, sur des sceaux en plastique géants actionnés par des tuyaux. Le troisième mouvement de sa sonate pour piano, Au clair de lune, a été décliné à la guitare électrique, sa Lettre à Elise au rythme colombien... sans parler de la version du chanteur français Johnny Halliday qui a hurlé une sorte de poème sur la Septième Symphonie ou encore un chœur de robots japonais avec L’Hymne à la joie.

    Tout ce kaléidoscope de références et d'hommages témoigne d'une fécondité créatrice vertigineuse que Beethoven a suscitée depuis sa mort en 1827 auprès des musiciens. Mais ça va bien au-delà de la musique. Beethoven a inspiré les artistes de tous bords : son visage au regard farouche, cheveux ébouriffés, cette « gueule », comme disait l'un des commissaires de l'exposition, a été sculptée par Auguste Rodin, par Antoine Bourdelle, autre artiste français qui lui a même consacré plus de 80 sculptures. Il a été idolâtré par les plus grands écrivains, Victor Hugo, Baudelaire, André Gide..., mais aussi très récemment par Eric-Emmanuel Schmitt avec son essai Quand je pense que Beethoven est mort, alors que tant de crétins vivent

    The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts. Inc-Adagp / Paris-2016

    Un objet sacral

    Il y a aussi les cinéastes comme Stanley Kubrick ou Jean-Luc Godard. Dans un manga japonais, la musique de Beethoven devient même protagoniste à part entière. Et quelques peintres en font un objet sacral en illustrant Beethoven avec une couronne d'épines ou trônant dans les nuages. On lui voue un culte sans pareil. « C’est le saint moderne, avance Colin Lemoine, l'un des deux commissaires de l'exposition, donc il va y avoir toute une déclinaison d’images, parfois un peu kitsch, qui singe la vie de Jésus, avec un dévoiement dans la question de la fétichisation, notamment des reliques qu’on présente ici dans l’exposition : des mèches de cheveux de Beethoven, son bâton de marche et on revient aussi sur les demeures dans lesquels il a vécu et lesquels ont fait l’objet d’un véritable pèlerinage. »

    Et comme tout génie, mythe ou icône, Beethoven n'échappe pas à la parodie. « Tatata ta, tatata ta, assez ! J'ai horreur de ça. - Et à ce qu'on sait : il était sourd. - Eh? - Beethoven, il était sourd. - Ah oui, il était allemand. - Et sourd. - Eh? »

    Combattre les idées reçues sur Beethoven

    Ce qui nous ramène à la dimension tragique d'un Beethoven frappé par la surdité à partir de 28 ans, une surdité qui devient plus tard gage de célébrité quand on pense par exemple à l'arnaque du « Beethoven japonais » qui prétendait être sourd pour mieux vendre ses compositions qui n'étaient même pas les siennes. Bref, l'exposition tient aussi à combattre les idées reçues. 

    « Il y a une différence flagrante entre le mythe et la réalité : une est par exemple la prétendue solitude de Beethoven qui vivait loin de ses semblables, un butor qui travaillait seul… Or, on sait que cela n’est pas vrai. Beethoven était quelqu’un qui savait à l’occasion se montrer aimable, onctueux, au débit d’un caractère à l’évidence très fougueux. Il était au fait de ce qui se passait, des idées révolutionnaires… »

    Beethoven, « l’Espagnol »

    Autre découverte étonnante : il avait la peau mate, due à des origines maures - on le surnommait d'ailleurs « l'Espagnol ». Dans la dernière salle de l'exposition, pas loin d'un Warhol, on trouve une œuvre de l'artiste afro-américain Terry Adkins qui passe via un processus de transformation numérique, le morphing, d'un portrait officiel de Beethoven de 1820 à celui d'un Noir avec des dreadlocks.

    Terry Adkins (1953-2014): Synapse (from the Black Beethoven series). Oeuvre video, 2004. Courtesy of the Estate of Terry Adkins and Salon 94, New York

    ► Ecouter le reportage Ludwig van, le mythe Beethoven à la Philharmonie de Paris

    Ludwig van : Le mythe Beethoven, exposition à la Philharmonie de Paris, jusqu’au 29 janvier 2017.

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