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    Goncourt des lycéens: encore un prix littéraire pour Gaël Faye

    media Gaël Faye, l’auteur franco-rwandais de « Petit pays », publié aux éditions Grasset et récompensé par le prix Goncourt des lycéens 2016. Schwagga

    Déjà primé par le prix du roman Fnac et le prix du Premier roman, Petit pays de Gaël Faye a été couronné ce jeudi 17 novembre par le prix Goncourt des lycéens. Rejoint au téléphone par la présidente du jury, réuni dans la ville bretonne de Rennes, l’auteur franco-rwandais de 34 ans a fait part de sa fierté et de son émotion.

    Après sa chanson du même nom, le musicien et dorénavant écrivain Gaël Faye a réussi à composer une douce mélodie littéraire sur son petit pays des Grands Lacs. Dans Petit Pays, l’auteur, né en 1982 au Burundi, d’une mère rwandaise et d’un père français, raconte des histoires amusantes et graves qui n’arrêtent pas à ravir les lecteurs et les jurys des prix littéraires. Le jury a souligné « la fluidité, la sensibilité des paroles » mais aussi « les thèmes abordés avec notamment la guerre au Rwanda, la découverte identitaire et l'évolution dans la vie adulte ».

    Le nez des Hutus

    Dès le prologue du livre, il évoque avec beaucoup de courage et de drôlerie les zones sensibles avec une innocence inouïe et la force d’un conte pour enfants : « Vous voyez, au Burundi, c’est comme au Rwanda. Il y a trois groupes différents, on appelle ça les ethnies. Les Hutus sont les plus nombreux, ils sont petits avec de gros nez… Il y a aussi les Twa, les pygmées… Et puis il y a les Tutsis, comme votre maman. Ils sont beaucoup moins nombreux que les Hutus, ils sont grands et maigres avec des nez fins et on ne sait jamais ce qu’ils ont dans la tête. »

    Petit pays, c’est l’histoire récente et tragique du Burundi et du Rwanda, racontée par Gabriel, un petit garçon dont on fête ensemble ses anniversaires. C’est le récit d’un paradis perdu (« Aimer. Vivre. Rire. Exister. Toujours tout droit. »), car nous partons loin de la guerre qui reste toujours présente en filigrane, avant de plonger dans l’horreur des massacres et des fosses communes. Mais Gabriel est là pour nous guider dans ces contrées lointaines. Il nous prend par la main pour nous montrer les merveilles de son enfance, pour frimer devant nous avec ses bêtises, de raconter la petite et la grande Histoire et donner de l’espoir pour avancer vers la vie, malgré les morts qui rôdent et hantent les esprits.

    Rester toute sa vie une réfugiée

    A travers sa mère Yvonne, une Rwandaise restée toute sa vie une réfugiée au Burundi (« ils me l’ont bien fait comprendre avec leurs insultes, leurs insinuations, leurs quotas pour les étrangers »), et son père Michel, expatrié français installé au Burundi depuis 1972, il fait surgir les tensions omniprésentes entre les cultures, les ethnies, les colons et les colonisés… « Quand Papa a sorti son Polaroïd pour immortaliser ces enseignes et célébrer l’inventivité locale, Maman a tchipé et lui a reproché de s’émerveiller d’un exotisme pour blancs. »

    Avec Petit Pays, Gaël Faye a jeté un pavé dans la mare de la rentrée littéraire. Il a réussi à transposer la poésie et la sensibilité de sa musique dans le champ littéraire. Tournant les pages du livre, l’aspect direct et rythmé de la langue du rap reste omniprésent. Avec une langue souvent émerveillée, il excelle dans les descriptions des petits gens dotés de surnoms surprenants et captivants comme Kodak ou Gorbatchev. « Le bourgmestre s’est levé doucement de son tabouret. Il a roté en remontant son pantalon, a ajusté sa ceinture et s’est avancé vers nous, tel un caméléon fatigué, fendant la foule avec sa large bedaine, ses babines graisseuses et ses tâches de viande sur sa chemise caca d’oie. »

    « Je ne me souviens pas… »

    Et puis, Gaël Faye entretient volontiers la confusion des genres, entre autofiction et récit romanesque. « Petit pays n’est absolument pas mon histoire », avait-il précisé au micro de RFI, mais c’est quand même un peu son histoire. Lorsqu’il évoque les glissements d’un temps de soucis et de préoccupations vers la peur, on sent bien le vécu qui fait bouger les lettres dans le livre : « J’ai beau chercher, je ne me souviens pas du moment où l’on s’est mis à penser différemment. A considérer que, dorénavant, il y aurait nous d’un côté et, de l’autre, des ennemis… Je me demande encore quand, les copains et moi, nous avons commencé à avoir peur. »

    En 1995, à l’âge de 13 ans, Gaël Faye avait quitté Bujumbura, la capitale du Burundi, pour vivre chez sa mère en région parisienne. Avec sa femme, également franco-rwandaise, il a récemment pris la décision de s’installer avec ses deux filles à Kigali, la capitale de Rwanda.

    Petit pays (Grasset), déjà vendu à plus de 160 000 exemplaires, a de bonnes chances d’atteindre la moyenne des ventes d’un livre primé les cinq dernières années par le Goncourt des lycéens : 395 000 exemplaires. Autrement dit : plus que la moyenne du vrai prix Goncourt avec 345 000 exemplaires.

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