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    Culture

    1960, année cruciale

    media «The Dancing and the Death on Lemon Street», de Denis Hirson Jacana Media

    Alors que de nombreux pays d'Afrique accèdent à l'indépendance, 1960 est l'année où tout bascule en Afrique du Sud : durcissement de l'apartheid, début de la résistance armée, sortie du Commonwealth. Denis Hirson la retrace en une rue*.

    Lemon Street est un cul-de-sac dans le quartier d'Orchards à Johannesburg. Ses habitants blancs, issus de la classe moyenne, se croisent sans s'aimer : la jeune veuve Felicity Glanville et l'énigmatique Van Aarden, l'artiste Claire Reynolds et Sam Miller le militant, les vieilles sœurs Lichtenstein, le jeune Jonathan Miller et Jessica Reynolds, l'adolescente rebelle. La seule qui aime vraiment, c'est Rosy, la servante noire qui attend son activiste d'Elias. Un jour au petit matin, Elias repart précipitamment avec le pantalon de Van Aarden que Rosy devait recintrer. La présence généreuse d'une ancienne bonne, Vho-Victoria, apporte une touche de tendresse à cette rue amère. Elle sait rapprocher les gens « weaving their home together, with her slow, round, steady movements, day in and day out ».

    La grande histoire affecte le quotidien de Lemon Street : le désastre minier de Clydesdale, le massacre de Sharpeville, l'autorisation exceptionnelle d'un bal pour les Noirs dans le parc du Zoolake.

    Les destins s'emballent. Sam Miller est arrêté, sa maison fouillée, Rosy retourne dans sa région natale sans crier gare. Les Miller émigrent.

    En guise d'épilogue, Jonathan Miller revient plus tard dans Lemon Street. Il retrouve un instant Jessica. Mais ce cul-de-sac sans perspective lui est devenu étranger. Le roman de Denis Hirson est une évocation douce où se mêlent douleur et tendresse.

    Ces histoires croisées, émouvantes, illustrent le maillage serré de l'Afrique du Sud. L'auteur, qui est né à Johannesburg en 1951, a utilisé son extraordinaire sens de l'observation pour donner de la profondeur à ses personnages. Plusieurs scènes ont été vécues par l’auteur. Son père, militant anti-apartheid condamné à neuf ans de prison, quittera le pays avec sa famille au début des années 1970.

    Dans la littérature traitant de cette période charnière, Denis Hirson sait analyser aussi bien les ressorts psychiques des Noirs que des Blancs. L'écrivain métis Chris Van Wyk a salué la précision dans la description de la vie des Noirs de l'époque. Le roman m’a plu par son style subtil et poétique (intimacy is « the capital of all places on the map of the body »).

    Cinquante ans après cette année cruciale, l’auteur m’a montré le quartier où il a planté Lemon Street : l’impasse fait partie d’une zone résidentielle où vit désormais la classe moyenne noire en pleine ascension.

    * Denis Hirson, The Dancing and the Death on Lemon Street, Jacana, 2011
     

    ►Retrouvez chaque mardi Le blog littéraire de Georges Lory.

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