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    Moyen-Orient

    Le Grand Palais fait renaître les «Sites éternels, de Bâmiyân à Palmyre»

    media Palmyre, arche Temple Bêl, image 3D, présentée à l'occasion de l'exposition « Sites éternels, de Bâmiyân à Palmyre » au Grand Palais. Iconem, DGAM

    C’est un événement emblématique, deux jours après la reprise de Palmyre par le groupe État islamique. Mardi 13 décembre, le président français François Hollande a inauguré au Grand Palais à Paris une exposition qui ouvre ce 14 décembre ses portes au grand public ressuscitant les monuments millénaires détruits par les jihadistes. «Sites éternels, de Bâmiyân à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel» est la réponse de la France à la destruction du patrimoine dans des zones en guerre. L’entrée de l’exposition est libre, le propos poignant avec une scénographie immersive inédite nous menant jusqu’au vertige avec ses technologies 3D reliées aux connaissances les plus pointues dans le domaine de l’archéologie et de la protection du patrimoine.

    Juste un pas et nous voilà à Palmyre, en Syrie, avant la destruction des monuments par les jihadistes de l’État islamique. L’effet des images synthétisées, issues de relevés photographiques en 3D effectués par des drones et projetées à 360 degrés sur les murs des salles du Grand Palais est époustouflant. Devant nos yeux défilent les majestueux monuments de Palmyre : les temples des dieux Bêl et Baalshamin, l’Arc de triomphe, les tours funéraires… L’impact s’avère d’autant plus saisissant que devant nous se dresse un vrai relief funéraire en provenance de Palmyre. Une œuvre du IIIe siècle après J.-C., réalisée en calcaire, où l’on voit un homme au pantalon parthe et manteau romain boire dans une coupe. A ses côtés, une femme avec ses habits traditionnels de Palmyre.

    Palmyre entre deux mondes

    « C’est un des reliefs qui se mettaient au bout des sarcophages dans les grands tours funéraires dont Daech a détruit une partie, explique Marielle Pic, la directrice du Département des Antiquités du Proche-Orient au musée du Louvre et une des trois commissaires de l’exposition. Ce relief nous montre la situation de Palmyre entre deux mondes, au milieu des chemins des caravanes. L’art de Palmyre rassemble dans toutes les figures représentées les différentes influences venant de l’Occident ou venant de l’Orient. Dans ce relief, on voit les vêtements des Palmyriens, entre la toge romaine et le vêtement parthe, et aussi ces coiffures et bijoux absolument splendides pour les femmes. C’était une ville très riche. »

    Dans l’exposition, une photo en 3D renvoie aux vestiges d’un passé glorieux et spirituel, dont le Temple de Bêl : « il y avait plusieurs temples à Palmyre, avec une trentaine de divinités différentes qui étaient aussi bien influencées par Babylone que par l’Occident. Si les jihadistes ont détruit le temple de Bêl et le temple de Baalshamin, c’était pour détruire un lieu de culte à des divinités païennes par rapport aux jihadistes qui reconnaissent un seul dieu, Allah. Palmyre est la concrétisation entre l’Occident et l’Orient. »

    Que peut-on faire contre les destructions ?

    Que peut-on faire contre les destructions de sites éternels en Syrie, en Afghanistan ou en Irak ? « Nous savons faire des expositions, sensibiliser le grand public et rendre accessible des sites qui ne le sont plus aujourd’hui », affirme un Jean-Luc Martinez combatif. Au Grand Palais, le président du musée du Louvre et commissaire général de l’exposition veut transformer chaque œuvre d’art exposée en un ambassadeur des quatre civilisations exposées.

    Une mise en scène immersive nous emmène pour un voyage dans le temps et dans l’espace. Des images grandes comme les murs du Grand Palais font défiler des prouesses architecturales. « Nous essayons de faire des répliques de sites en 3D très précises qui peuvent être déplacés, amenés à Paris pour les montrer par exemple ici au Grand Palais, explique Yves Ubelmann, architecte et cofondateur de la société Iconem, spécialisée en images 3D qui font par exemple renaître miraculeusement le temple de Bêl à Palmyre à partir d’images collectées des ruines et pierres sur le sol. Ainsi ce patrimoine peut être transmis aux générations futures qui n’ont peut-être pas la chance de visiter ces sites comme on peut les visiter aujourd’hui. »

    Relief funéraire de Taimé et de sa femme Hadira (IIIe siècle apr. J.-C.), Palmyre, Syrie, en immersion avec les images géantes projetées sur les murs de l’exposition « Sites éternels » au Grand Palais, Paris. Siegfried Forster / RFI

    De Khorsabad à Krak

    « Il y a un effet d’émerveillement qu’on assume », assure Jean-Luc Martinez, très ému, qui revendique un choix aussi subjectif que scientifique pour la sélection de quatre sites de quatre civilisations différentes. Au-delà du site gréco-romain très médiatisé de Palmyre, on découvre par exemple Khorsabad. La « forteresse de Sargon » (721-705 av. J.-Chr.) située dans le nord de l’Irak est actuellement menacée par des pilleurs. Ces derniers creusent des tunnels pour récupérer des reliefs et alimenter le marché des antiquités, détruisant ainsi toute possibilité de restituer l’histoire du palais.

    « Krak », la forteresse des chevaliers, témoigne de la présence chrétienne en Orient et s’avère être le plus bel exemple de l’architecture militaire au Proche-Orient de l’époque des Croisades. Aujourd’hui devenue un des sièges de la rébellion syrienne, la forteresse a connu entre 2012 et 2014 plusieurs bombardements… Le Grand Palais restitue aussi la beauté de la Grande mosquée des Omeyyades de Damas. Construite au début du VIIIe siècle, la mosquée au cœur de la ville est restée, malgré plusieurs incendies, jusqu’à aujourd’hui proche de son état originel. D’où l’importance d’un « archivage préventif », souligne Jean-Luc Martinez, pour garantir au moins la conservation virtuelle du patrimoine avant une éventuelle destruction par la guerre, un tremblement de terre ou d’un incendie.

    Un sentiment d’urgence

    L’exposition souhaite ressusciter la beauté de ces civilisations et raconter leurs histoires. Pour pouvoir y arriver, il y a un réel « sentiment d’urgence », répètent en chœur les trois commissaires de l’exposition. « À travers de l’exposition, il s’agit d’aller au-delà de l’émotion triste que génèrent ces images tant diffusées de destruction, explique Yannick Lintz, directrice du Département des Arts de l’Islam du musée du Louvre. Le pillage existe depuis des siècles [dans l’exposition, le cinéaste franco-irakien Abbas Fahdel, né à Babylone, dénonce par exemple le pillage et la destruction du patrimoine irakien après l’invasion des troupes américaines en Irak, en 2003, ndlr]. On n’y mettra pas fin du jour au lendemain, mais ce qui est vraiment nouveau, c’est cette conscience partagée à travers le monde. Le succès de la conférence internationale d’Abou Dhabi sur le patrimoine en danger début décembre montre qu’on est en train d’avoir cette conscience collective. Certains peuvent être navrés par rapport à l’impuissance face au désastre humanitaire d’Alep. Eh bien, on est peut-être en train de créer une sorte de conscience et d’organisation collective internationale sur la sauvegarde du patrimoine. »

    Bassin du sultan al-'Adil II, Ahmad ibn 'Umar al-Dhaki al-Mawsili, Syrie, 1238-1240, en immersion avec les images géantes de la Mosquée des Omeyyades, projetées sur les murs de l’exposition « Sites éternels » au Grand Palais, Paris Siegfried Forster / RFI

    Sites éternels, de Bâmiyân à Palmyre, voyage au cœur des sites du patrimoine universel, du 14 décembre 2016 au 9 janvier 2017 au Grand Palais, Paris.

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