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    Afrique

    «Timgad», une fable sur l’Algérie d’aujourd’hui

    media «Timgad», un premier film signé Fabrice Benchaouche. Bodega Films

    C’est une cité antique surnommée la « Pompéi de l’Afrique du Nord » qui a donné son nom au film Timgad. Mais derrière le titre se cache un premier film signé Fabrice Benchaouche, réalisateur né en France d’une mère française et d’un père algérien. Cette comédie sur le football nous emmène dans une petite ville du Sud algérien.

    Dans la bonne ville de Timgad, classée patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, l’instituteur a une obsession qui n’est ni l’algèbre ni la géométrie. L’obsession de Monsieur Mokhtar est de faire participer ses élèves à un championnat de football. Les petits, onze joueurs de 12 ans, n’ont ni maillot, ni chaussures, ni ballon ? Qu’importe. Il y a le système D :

    « Il y a une sorte d’abandon social dans certaines régions, donc les gens se débrouillent, raconte le réalisateur Fabrice Benchaouche. L’ensemble du système a un côté kafkaïen. Le ministère, c’est quelque chose de très loin qu’on ne voit jamais et quand on le voit, il fait peur, donc, parfois, on préfère de ne pas le voir… »

    De fait, Timgad montre bien qu’avec beaucoup de solidarité et un peu d’imagination tout est possible. Avec ses personnages hauts en couleur : épicier arnaqueur, entraineur émérite, imam sévère, instituteur truculent, le film est conçu, écrit, joué comme un conte, un conte villageois proche de Don Camillo.

    Désamorcer le drame par le rire

    « En fait, j’ai pensé à Don Camillo, mais ce que j’avais le plus en tête, c’était les références du cinéma italien. J’aime bien cette double confrontation d’un arrière-plan social très pauvre, très dénué, très difficile, avec la possibilité de rire, de faire rire et de désamorcer le drame par le rire. »

    Au-delà de la caricature, Fabrice Benchaouche raconte aussi son Algérie, une Algérie de la fin des années 1990 encore meurtrie par la guerre civile, mais pleine de ressources et d’optimisme.

    « J’ai voulu faire un film qui est assez porteur d’espoir pour eux. Je pense qu’ils ont un potentiel avec une jeunesse incroyable. Ils ont des richesses naturelles que peu de pays ont. En tous cas, les gens ont un optimisme du quotidien qui leur permet de survivre à tout. »

    Timgad est une fable sur l'Algérie d'aujourd'hui, une chronique qui se chauffe au soleil de l'optimisme. Bien sûr, dans sa galerie de portraits touchants ou pittoresques, Fabrice Benchaouche n'oublie pas de montrer les fêlures, mais il se refuse à les considérer comme une fatalité.

    ► Lire aussi : « Algérie du possible » : pour Viviane Candas, « une mémoire transmissible », RFI 9/12/2016

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