GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Dimanche 12 Août
Lundi 13 Août
Mardi 14 Août
Mercredi 15 Août
Aujourd'hui
Vendredi 17 Août
Samedi 18 Août
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Brésil: dépôt de la candidature du prisonnier Lula à la présidentielle (parti)
    Afrique

    Ros Horin et son «African Ladies Troupe» au Fipa

    media « The Baulkham Hills African Ladies Troupe », documentaire réalisé par Ros Horin et présenté au FIPA à Biarritz. Fipa 2017

    C’est l’histoire de quatre femmes de la Sierra Léone, du Kenya et de l’Érythrée. Des Africaines réfugiées en Australie. Dans The Baulkham Hills African Ladies Troupe, ces anciennes victimes de guerre et d’abus sexuel prennent leur vie en main. D’abord sur les planches et ensuite dans ce documentaire, elles affrontent leur passé, du premier workshop jusqu’au triomphe au Riverside Theatre à Sidney. Entretien avec la réalisatrice Ros Horin, actuellement en lice dans la compétition du Festival international de programmes audiovisuels (FIPA) à Biarritz.

    RFI : Vous êtes depuis 30 ans une metteure en scène très importante en Australie. The Baulkham Hills African Ladies Troupe est votre premier film, un documentaire tourné à partir de votre pièce de théâtre. Un film, que peut-il faire de plus qu’une pièce de théâtre ?

    Ros Horin : Un film peut voyager partout [rires]. Et il restera, éternellement. C’est vraiment une chose essentielle. On peut facilement l’emmener, partout dans le monde. Vous n’avez pas les frais pour les comédiens, le décor, les accessoires… C’est une des choses qui m’ont décidée à faire un film sur ce projet. Je voulais diffuser le message le plus possible.

    C’est un film sur une troupe de femmes africaines. Pourquoi avez-vous choisi des femmes africaines ?

    Le film parle de la violence contre les femmes. Dès le début, j’étais consciente que des femmes réfugiées souffrent énormément d’abus sexuels et de violence. À l’époque où j’ai commencé à travailler sur ce sujet, la nouvelle vague de réfugiés concernait surtout des réfugiés africains. C’était une sorte de sérendipité [découverte inattendue NDLR]. Je ne voulais pas à tout prix des femmes africaines, mais des femmes ayant vécu ces traumatismes et prêtes à partager ces expériences. Ainsi j’ai rencontré ces quatre femmes.

    Ce sont des survivantes de guerres, de viols, de violences. Aujourd’hui, elles sont devenues des immigrées en Australie. Est-ce que l’immigration venue de l’Afrique est un grand sujet de discussion en Australie ?

    Pas autant qu’en Europe. Le débat sur les réfugiés « illégaux » qui arrivent en bateau est aussi un grand sujet en Australie. Et il y en a aussi des Africains. Mais il reste un sujet moins important qu’en Europe avec les immigrés qui débarquent à Lampedusa. Il y a beaucoup moins de réfugiés qui demandent l’asile en Australie. Et on est très dur avec des demandeurs d’asile qui sont enfermés pendant des années dans des camps de détention.

    Le film évoque l’histoire d’Aminata et Yarrie de Sierra Leone, de Rosemary de Kenya et de Yordi, une ancienne enfant-soldat et esclave sexuelle ayant traversée le Sahara pendant six semaines pour échapper à son enfer d’Érythrée. Ces quatre femmes racontent pour la première fois leur passé douloureux. Croyez-vous au pouvoir guérisseur de l’art ?

    Oui, j’y crois beaucoup. Déjà les Grecs anciens avaient compris le pouvoir de la catharsis pour le public. Et je peux témoigner de l’effet de l’art chez les participants sur scène. Le fait de raconter son histoire dans une salle, en présence de témoins complètement inconnus, est un premier pas vers la guérison. Un premier pas pour se rendre compte ce que vous avez vécu. Car c’est une chose terrible d’enfermer, d’encapsuler ses souffrances. C’est comme accumuler ses traumatismes. Cela empêche d’avancer dans la vie.

    Les femmes évoquent les conséquences de leurs traumatismes quand elles disent : « mes pieds marchent, mais je n’avance pas. » « Je suis là, et en même temps, je ne suis pas là. » Pour elles, la pièce de théâtre et le film sont une thérapie. Quel mobile aviez-vous pour entamer ce projet ?

    Tout simplement, parce que je suis une femme. Je ne pouvais plus me contenter de lire toutes ces histoires sans rien faire. En Australie, chaque semaine, il y a une ou deux femmes assassinées par leurs amis ou maris. Alors je me suis posée la question ce que je pouvais faire. J’avais la possibilité de faire du théâtre et de faire un film pour provoquer une discussion et faire parler de ce sujet.

    Vous montrez les effets très positifs du projet sur les familles des victimes. Quelle était la réaction du public en Australie après les spectacles et les séances du film ?

    Le public a réagi d’une manière extraordinaire. Après chaque spectacle et après chaque séance du film, on avait droit à une standing ovation. Notre création a profondément touché les spectateurs. Ils sont sortis encouragés et pleins d’espoir après avoir vu le courage de ces femmes. C’est merveilleux. Et beaucoup sont venus nous voir après pour nous dire : merci, il m’est arrivé la même chose, mais je n’ai encore parlé à personne. La pièce de théâtre et le film poussent les spectateurs à faire un premier pas pour se libérer.

    ► Lire aussi : Tantale au Fipa: la nouvelle télé, c’est «moi, le président»
    ► Lire aussi : Fipa 2017: «La télévision ne va pas mourir»
    30e FIPA, Festival international de programmes audiovisuels, à Biarritz, du 24 au 29 janvier 2017.

     

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.