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    Les 40 ans du Centre Pompidou: «La place de l’art africain est essentielle»

    media Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou. Siegfried Forster / RFI

    « Nous resterons un musée ouvert… et le plus possible interactif et citoyen. » C’est la promesse du président du Centre Pompidou, Serge Lasvignes, pour le 40e anniversaire de son institution et face au défi d’un monde de plus en plus numérique. L’onde de choc de son inauguration le 31 janvier 1977 s’est transformée en succès historique. En 2017, il veut même ouvrir « une école Pompidou de l’art contemporain ». Reste à savoir la place donnée dorénavant aux artistes africains…

    Doté d’un budget annuel de 130 millions d’euros, le vaisseau amiral de l’art moderne et contemporain en France dispose avec 120 000 œuvres de la collection la plus importante au monde, après le MoMa à New York. En 2016, le Centre Pompidou-Paris a attiré grâce à ses expositions phares comme Paul Klee, Beat Generation, Magritte et Cy Twombly plus de 3,3 millions de visiteurs. Entretien avec le président Serge Lasvignes sur sur les derniers et les prochains 40 ans du Centre Pompidou.

    RFI : Il y a 40 ans, le Centre Pompidou était le centre d’art contemporain le plus spectaculaire, le plus révolutionnaire et aussi le plus contesté de la planète. Quel superlatif utilisez-vous pour définir le Centre Pompidou de 2017 ?

    Serge Lasvignes : Le Centre Pompidou d’aujourd’hui est resté une sorte de matrice de la façon de présenter l’art moderne et contemporain. Au début, le Centre a été très contesté et agressé : des journaux du soir avaient titré lors de l’ouverture : « Le viol de Paris », à cause de son architecture. Maintenant, il est devenu une sorte de modèle ayant beaucoup influencé les musées, les centres d’art sur la façon de présenter les œuvres, de s’intéresser à l’éducation artistique, de pratiquer la pluridisciplinarité.

    En 1977, le Centre Pompidou était seul dans son genre. Aujourd’hui, beaucoup de centres d’art pratiquent l’interdisciplinarité et la transversalité. Rien qu’à Paris, il y a la Fondation Cartier, la Fondation Louis-Vuitton, le Palais de Tokyo, la Maison rouge, la Gaité lyrique, l’Institut du monde arabe (IMA)… Le rôle du Centre a forcément changé. Quel est son rôle aujourd’hui ?

    Aujourd’hui, le Centre n’a pas à représenter à lui seul ce qui est la modernité appliquée au musée et aux arts plastiques. C’est vrai, il a beaucoup de – je ne dirais pas de concurrents, parce qu’il n’y a pas vraiment de concurrence entre nous. Par exemple, la Fondation Cartier ne nous prend aucun visiteur. Elle a fait récemment une très belle exposition immersive sur le chant des oiseaux, L’Orchestre des animaux. C’est quelque chose que nous ne faisons pas. Ce que nous continuons à faire est un ensemble de grandes expositions permettant à lire ce qu’est l’art contemporain, l’art moderne, en fonction de l’évolution des époques, des idées. Nous faisions par exemple une grande exposition Magritte et nous sommes capables de montrer une autre lecture de Magritte, une approche beaucoup plus philosophique. En même temps, nous savons aussi exposer le prix Marcel Duchamp, Kader Attia, et toute la jeune génération artistique française. Nous savons aussi faire une exposition sur le temps des traversées maritimes, actuellement au forum -1 du Centre. C’est une façon très transversale, pluridisciplinaire, de saisir un phénomène contemporain, la traversée de l’océan avec les câbles, avec les migrants, avec des paquebots, et aussi avec les hackers…

    La Tate Modern à Londres avec ses 5 millions de visiteurs annuels a inauguré en 2016 le Switch House. Ainsi elle a agrandi ses espaces de 60% et promis d’exposer plus d’œuvres de femmes et d’artistes non occidentaux. Est-ce un modèle à suivre ?

    Ce n’est pas forcément un modèle. C’est vrai que nous avons pu nous sentir contraints par l’espace. L’essentiel pour nous est de ne pas nous enfermer dans nos murs – qui ne sont d’ailleurs pas des murs, mais des plaques de verre. Il faut que nous soyons ouverts. Être ouvert ne signifie pas seulement de gagner en espace, mais aussi d’aller ailleurs : vers d’autres publics, vers la banlieue, sur le territoire. Pour fêter les 40 ans du Centre Pompidou, j’ai décidé que nous serons présents dans 40 lieux sur l’ensemble de la France. Aller ailleurs est aussi d’aller à l’étranger. C’est pour cela que nous sommes déjà présents à Malaga, en Espagne, et j’espère que nous le serons aussi bientôt à Shanghai. Aller ailleurs est aussi d’aller sur les réseaux sociaux, sur l’internet. C’est cet ensemble qui fait que nous resterons un musée ouvert, c’est-à-dire un musée capable d’évoluer, sans sclérose.

    Avec Les Magiciens de la terre, le Centre Pompidou était pionnier pour l’art moderne et contemporain africain. Entretemps, on a l’impression que cette place a été prise par d’autres. My Joburg était organisée par la Maison rouge, Beauté Congo par la Fondation Cartier, Made in Algeria par le MuCEM, la Biennale des photographes du monde arabe par l’IMA et Seydou Keïta était le premier photographe africain à entrer dans le Grand Palais. Quelle est la place des artistes africains au Centre Pompidou ?

    La place de l’art africain est essentielle. C’est vrai, c’est un peu le Centre Pompidou qui a ouvert [le chemin] à cette culture de l’art africain contemporain. Depuis nous n’avons pas cessé à nous y intéresser. Si vous regardez nos acquisitions ces dernières années, vous verrez entrer énormément de pièces, de photographies, de sculptures, de tableaux, qui viennent d’Afrique. Après, l’autre question est comment on présente l’art africain. Et pour ça, c’est vrai, nous réfléchissons à un projet.

    Il y a le Centre Pompidou à Paris, d’autres à Metz, à Malaga, en Espagne, bientôt aussi à Bruxelles, en Belgique, et à Shanghai, en Chine. Quelle est l’ambition du Centre Pompidou par rapport au Louvre Abu Dhabi ?

    Le Centre participe à l’opération au Louvre Abu Dhabi, puisque c’est un projet rassemblant tous les grands musées français. Nous sommes en deuxième ligne. Ce sont quand même le Louvre et l’agence France-Muséums, les pilotes dans cette affaire. Si nous voulons être présents à Bruxelles ou à Shanghai, c’est avant tout pour montrer l’actualité et la force de notre modèle et le confronter aux autres scènes, aux artistes chinois, à d’autres publics. À Bruxelles, nous voulons voir une conception européenne de présentation de l’art moderne et contemporain. Si nous allons à l’étranger, c’est pour nous enrichir et pas seulement, parce que nous recevions des redevances, mais aussi, parce que cela va permettre un échange. Cet échange est absolument crucial. Il ne faut pas que la mondialisation de l’art contemporain se limite à des foires, à la mobilité des galeristes.

    Le monde d’aujourd’hui est de plus en plus un monde numérique, décentralisé, dématérialisé. Est-ce que cela veut dire que le Centre Pompidou sera obsolète dans 40 ans ? Ou ambitionne-t-il de devenir une sorte de « Google de l’art contemporain » ?

    Je crois d’abord que rien ne remplacera jamais le contact direct avec les œuvres, avec la matérialité des œuvres. Après, il peut y avoir des œuvres numériques. Et puis, c’est vrai aussi : il est crucial pour un musée, pour un centre d’art aujourd’hui, de savoir comment il vit avec et sur internet. C’est une approche assez limitée de se dire qu’on va reproduire ou numériser les œuvres pour les voir sur écran. Rien ne remplace le contact avec la matérialité de l’œuvre. En revanche, l’internet, les réseaux sociaux, peuvent être des instruments fondamentaux pour préparer la visite au musée, pour prolonger la visite du musée et pour rendre le musée le plus possible interactif et citoyen. On recherche le contact avec le public, cet idéal de préparer une exposition avec des visiteurs potentiels. On a toujours buté contre les limites matérielles. Là, du coup, cela devient très facile. Il suffit d’intéresser, d’être présent sur ces réseaux. On va ouvrir cette année une école Pompidou de l’art contemporain. Cela sera une école principalement sur internet et qui usera de nouvelles approches pédagogiques pour apprivoiser l’art contemporain.

    ► Les 4 et 5 février 2017, le Centre Pompidou fête ses 40 ans avec son public => Le programme du week-end festif et gratuit pour tous.

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