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    L'Afrique du Sud à l'hôpital

    media La Sud-Africaine, Kopano Matlwa. Actes Sud

    A 21 ans seulement, Kopano Matlwa recevait le prix du premier roman, décerné par l’Union européenne en Afrique du Sud, pour Coconut. Le texte, parfois curieux dans sa construction, respirait la spontanéité, le vécu, l’humour, en un mot les aspirations des jeunes Noires qui n’ont jamais connu l’apartheid. Cette nouveauté lui a valu un grand succès de librairie. Pendant ses études de médecine, elle a produit Spilt Milk, une histoire bien menée de réconciliation dans un collège privé multiracial. Désormais le Dr. Matlwa Mabaso, nantie d’une spécialisation en médecine sociale, travaille à Johannesburg. Elle en tire un roman sombre.

    Masechaba, la narratrice, commence son récit comme Marie Cardinal dans Les mots pour le dire (1976) : puberté difficile, saignements abondants, sentiment d’une punition de Dieu, exclusion du groupe. Par réaction, elle deviendra médecin.

    La description de la vie hospitalière offre un mélange de cas sordides et de grand dévouement. Masechaba se lie d’amitié avec Nyasha, collègue zimbabwéenne très douée, en colère permanente. Un plafond de verre empêche en effet la jeune étrangère de percer en Afrique du Sud.

    S’en suit une dénonciation des conditions de vie des Noirs non-sud-africains, les kwere-kwere, victimes de la xénophobie ambiante. Maseshaba, qui partage un appartement avec Nyasha, décide de faire circuler une pétition à l’hôpital contre la discrimination envers les étrangers. Elle se fait agresser par trois hommes, pas même ivres, qui lui font payer son amitié pour les kwere-kwere par un viol correctif (à l’image de ce que subissent par endroits les lesbiennes du pays).

    Nyasha lui conseille de ne pas faire état du viol, car cela donnerait du grain à moudre aux Blancs qui critiquent l’insécurité. Ecoeurée par les Sud-Africains, la Zimbabwéenne finit d’ailleurs par partir pour le Canada. Après avoir traversé une longue dépression, parsemée de questions adressées à Dieu, Masechaba donne naissance à une petite fille, choyée, qu’elle compare à ces rares fleurs qui ne s’épanouissent que la nuit.

    Nul doute que Kopano Matlwa, confrontée aux drames multiples à l’hôpital, a voulu en faire un microcosme de la société sud-africaine. La nation arc-en-ciel passe par une période difficile, comparable aux règles douloureuses, d’où le titre du roman.

    Si les détails sonnent vrais, en revanche les personnages n’inspirent guère la sympathie. Masechaba demeure une obstétricienne mal à l’aise et perdue, sa mère est une traditionnaliste bornée (il faut se rendre au cimetière pour demander aux morts leur intercession), sa collègue Nyasha ne fait que vitupérer, sa psychologue lui conseille de parler de son viol au passé, afin de s’en remettre plus vite, enfin, la note d’espoir que constitue la naissance du bébé fleure l’eau de rose.

    La volonté de l’auteure de défendre le droit des femmes dans un pays machiste est louable. Elle critique à juste titre la xénophobie qui frappe nombre de migrants. On se souvient des terribles ratonnades de mai 2008. L’auteure semble signifier que rien n’a changé.

    L’adolescente de Coconut ne formulait pas de conclusion, mais débordait d’énergie. La praticienne de Period Pain, hormis la maternité, ne dessine pas de perspectives. Où sont les mamas, pleines de vie et de bon sens, qui permettent au continent d’avancer ?

    Kopano Matlwa. Period Pain, Jacana, 2016
     

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