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    L’onde de choc de Rodin au Grand Palais, l’expo du centenaire

    media Vue de « Iris, messagère des dieux » (1895) dans « Rodin, exposition du centenaire » au Grand Palais. Avec l’image très directe de la féminité et l’absence de tête, Rodin suscita le scandale, mais aussi un vif succès auprès des amateurs. Siegfried Forster / RFI

    Après Rodin, le monde de l’art avait changé. Et depuis la disparition du géant le 17 novembre 1917, cette onde de choc continue jusqu’à aujourd’hui. Une exposition exceptionnelle en hommage au père de la sculpture moderne ouvre ses portes ce mercredi 22 mars à Paris. Jadis, plusieurs œuvres de Rodin (1840-1917) avaient été refusées ou avaient provoqué des scandales avant d’être acclamées par le public et les collectionneurs. 360 sculptures, dessins, assemblages et photographies réunis en majesté au Grand Palais font briller le génie d’August Rodin, mais aussi son influence sur l’art et les artistes : de Camille Claudel en passant par Constantin Brancusi jusqu’à Georg Baselitz et les œuvres photographiques d’Annette Messager. Entretien avec Antoinette Le Normand-Romain, la grande spécialiste de Rodin et une des six commissaires de « Rodin, l’exposition du centenaire ».

    Regarder aussi : [Vidéo] Rodin superstar?

    RFI : Vous commencez l’exposition avec une introduction aussi époustouflante qu’emblématique : on y voit en majesté une dizaine de sculptures de Rodin dont Le Penseur, Les Bourgeois de Calais, L’Homme au nez cassé, mais aussi une sculpture monumentale taillée à la tronçonneuse, coulée en bronze et peinte à l'huile du sculpteur allemand contemporain Georg Baselitz, Volk Ding Zero. Pour vous, regarder Rodin signifie toujours d’avoir un regard contemporain ?

    Antoinette Le Normand-Romain : Nous avons commencé l’exposition de cette façon pour dire : bien sûr, Rodin est le sujet principal, mais nous voulons aussi montrer son influence sur la sculpture du XXe siècle. Notre idée a été de trouver une autre approche de Rodin, de montrer ce qu’on a appelé « L’onde de choc », c’est-à-dire sa répercussion sur la sculpture du XXe siècle.

    C’est l’exposition du centenaire de la disparition de Rodin. On parle souvent d’un rayonnement universel, planétaire. Mais comment cela se passe-t-il par exemple en Chine ou en Inde ?

    À vrai dire, je ne saurais pas vous dire comment cela se passe en Chine et en Inde. En revanche, il est évident : il y a une volonté « universelle » de souligner ce centenaire qui s’est répandue très largement en Europe et aux États-Unis où je travaille actuellement. Par exemple, le Metropolitan Museum of Art à New York a une très importante collection d’œuvres de Rodin, constituée dès son vivant, inaugurée en 1912. Le Metropolitan prépare une sorte de réinstallation de ses collections Rodin avec une présentation particulière à l’automne.

    On parle souvent de « redécouvrir » Rodin, y a-t-il encore des choses à découvrir ?

    Oui, je pense que dans cette exposition il y a des choses à découvrir, par exemple cette espèce de basculement qui se produit à travers Rodin à la fin du XIXe siècle. La sculpture très démonstrative du XIXe siècle va être abandonnée au profit d’une sculpture beaucoup plus expressionniste. Ce que Rodin a apporté à la sculpture est d’oublier complètement la question du sujet. Les corps expriment par eux-mêmes ce qu’ils ont à dire. Rodin disait : le corps est un moulage où s’impriment les passions. Sans avoir besoin d’attributs, d’accessoires qui ne sont pas forcément compréhensibles de tout le monde. Il n’y a pas besoin d’avoir notre culture occidentale pour comprendre ce que Rodin a voulu transmettre à travers son œuvre.

    La sculpture de « Balzac » fut pour Rodin sa « cathédrale », mais provoqua un scandale lors de l’exposition 1898 à cause d’un corps « dilué » et d’un portrait trop abstrait. Siegfried Forster / RFI

    Ce n’est pas une rétrospective, mais pourquoi avez-vous totalement écarté les origines modestes de Rodin avec un père petit administrateur à la ville de Paris, l’influence de Michel-Ange et de l’antiquité grecque…

    L’origine de Rodin est quelque chose qu’on peut expliquer dans un catalogue, ce n’est pas très facilement démontrable dans une exposition. Ensuite, nous avons pris le parti de nous tourner plutôt vers le XXe siècle et l’avenir que vers le passé, en pensant que c’est une recherche beaucoup plus nouvelle, apportant davantage à la connaissance de Rodin, mais aussi de la sculpture que de revenir encore sur Michel-Ange ou sur l’antiquité qui ont été beaucoup montrées.

    Parmi les découvertes de l’exposition figurent de nombreux sculpteurs modernes et contemporains célèbres influencés et inspirés par Rodin. Pour ne citer que deux des cas les plus marquants : Constantin Brancusi et Markus Lüpertz.

    Brancusi avait travaillé quelques mois dans l’atelier de Rodin et il est parti en prononçant cette phrase célèbre : rien ne pousse à l’ombre des grands arbres. Après, il a pris un parti totalement différent dans l’approche de la sculpture, comme on le voit ici à travers Le Baiser. C’est une approche beaucoup plus simplifiée, avec des volumes beaucoup plus purs, qui se réfère peut-être davantage à la sculpture cycladique [3300 – 2000 av. J.-C., ndlr] qu’à la sculpture très expressive de Rodin. Grâce au Sommeil, exposé à côté du Sommeil de Rodin, on voit bien : dans un premier temps, Brancusi a été très marqué par Rodin.

    Dans le cas de Lüpertz, on sait que sa vocation pour la sculpture s’est réveillée en voyant L’Homme qui marche. Donc nous avons pris plaisir à exposer près des œuvres de Rodin des œuvres qui offrent une sorte de descendance. Par exemple, cette grande figure de Lüpertz exposée derrière L’Homme qui marche comme si elle lui court après…

    Dans la section « Retoucher la photographie », on trouve des œuvres photographiques de Rodin en résonance avec des artistes modernes et contemporains comme Henry Moore ou Annette Messager. Est-ce que cela veut dire que même l’art contemporain doit beaucoup à Rodin ?

    Ce qui rapproche Rodin et ces artistes, c'est la façon dont ils traitent la photo. Ils partent d’une photo, mais ils n’hésitent pas à la découper, à ajouter des éléments supplémentaires, des inscriptions, à la reprendre à la gouache, etc. Ces artistes ont travaillé la photographie comme Rodin l’avait fait.

    « Homme qui marche III » (1960) de Giacometti, « L’Homme qui marche » (1907) de Rodin, « Der Morgen oder Hölderlin » (2011) de Lüpertz, « The Walking Man » (1995) de Thomas Housseago dans « Rodin, l'expo du centenaire ».. Siegfried Forster / RFI

    Plusieurs artistes sont représentés avec plusieurs œuvres dans votre exposition Rodin : Charles Bodmer, Wilhelm Lehmbruck, Ivan Mestrovic, Ossip Zadkine, Annette Messager, Joseph Beuys, Markus Lüpertz, Jean-Paul Marcheschi, mais il y en a étonnamment peu d’œuvres de Camille Claudel. Ne sont-elles pas nécessaires pour expliquer aujourd’hui l’œuvre d’Auguste Rodin ?

    Camille Claudel n’était peut-être pas très importante pour notre démonstration. Bien sûr, c’est quelqu’un qui est fondamental par rapport à Rodin. Elle était la grande passion de sa vie. Au moment de leur rupture, il était extrêmement malheureux. Il est lui-même tombé dans une sorte de dépression qui a duré plusieurs années. Tout cela est évident. Elle tient une place tout à fait particulière dans la vie de Rodin. Et puis, elle est quand même présente dans l’exposition avec deux œuvres d’elle : à l’entrée de l’exposition, il y a son portrait de Rodin, plus Clotho, exposée à côté des vieilles femmes.

    Et puis, il y a l’autre versant, les représentations que Rodin a faites d’elle. Dans l’exposition, il y a deux portraits de Camille Claudel : le bronze La France dont le visage est de Camille Claudel et puis le très bel assemblage de son masque avec la main de l’un des Bourgeois de Calais. Une œuvre qu’on peut dater de 1895, donc avant qu’elle sombre dans la folie et auquel on a toujours prêté un caractère prémonitoire. Cette main très grande par rapport à ce masque a un côté menaçant, on a toujours pensé que c’était une sorte d’avant-goût ou de prémonition de fait de son futur destin.

    Rodin, l’exposition du centenaire, du 22 mars au 31 juillet 2017.
    ► Le mercredi 22 mars, de 9h30 à 17h30, aura lieu le colloque « Rodin : l’onde de choc » à l’auditorium du Grand Palais.
    ► Lire aussi : Kiefer – Rodin, exposition au musée Rodin, du 14 mars au 22 octobre 2017.

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