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    Europe

    Cinéma du réel: Elitza Gueorguieva, la Bulgarie entre VHS et Jean Rouch

    media Elitza Gueorguieva, réalisatrice du documentaire « Chaque mur est une porte ».  Siegfried Forster / RFI

    Le 39e Festival international de films documentaires « Cinéma du réel » au Centre Pompidou-Paris fête le centenaire de la naissance du célèbre ethnographe et cinéaste Jean Rouch (1917-2004). Que signifient ce pionnier et son approche du « cinéma-vérité » aujourd’hui pour des jeunes cinéastes du documentaire ? Réponse avec Elitza Gueorguieva, 35 ans, cinéaste, écrivaine et performeuse, née en Bulgarie, partie à l’âge de 18 ans en France et formée au cinéma à Paris. Elle présente dans la compétition française du Festival son nouveau film : « Chaque mur est une porte ». Une autopsie pertinente, amusante et stimulante de la révolution de 1989 en Bulgarie à partir d’images d’archives. Entretien.

    RFI : Dans Chaque mur est une porte, tout un pan de l’histoire de la Bulgarie défile devant nos yeux. Quelle est l’histoire racontée par votre documentaire ?

    Elitza Gueorguieva : Le film revisite la Bulgarie au moment de la chute du mur de Berlin et l’année qui suit. Cela se passe entre 1988 et 1991. Il raconte la métamorphose subie par la société, une métamorphose plutôt positive au début et puis aussi pleine de désenchantement. Le tout est raconté à travers une émission de télévision un peu particulière. Il s’agit d’une émission un peu kitsch, un peu expérimentale des années 1980. Dans cette émission, une journaliste – qui est ma mère – va à la rencontre de différentes personnes de la société bulgare, parfois ce sont des étudiants, parfois des politologues connus, parfois ce sont des passants dans la rue. C’est une longue interrogation : Qu’est-ce que la société ? Comment aborde-t-on la démocratie ? Comment va-t-on continuer après tout ce qu’on a connu ?

    RFI : Le fil rouge dans votre manière de remonter ces anciennes émissions de télé est, selon vous, de « ranimer les traces ». De quelles traces parle-t-on et qu’avez-vous voulu réanimer à travers ce documentaire?

    Ce documentaire est fait à partir de cassettes VHS. Les vraies émissions ont été effacées du fonds des archives de la télévision nationale en Bulgarie, parce que pendant la crise économique dans les années 1990, la télévision ne pouvait pas garder toutes les images. Donc, les seules traces qui sont restées de cette émission, ce sont les VHS que ma mère enregistrait chez elle, à la maison. Elle faisait cela pour elle et elle ne les a pas très bien gardées. Avec le temps, forcément, ces VHS se sont un peu dégradées. On a beaucoup retravaillé ces images. Aujourd’hui c’est une matière lisible, mais marquée par le temps et assez inhabituelle qui structure le film. Les images sont aussi rythmées par le commentaire d’un enfant de 8 ans [l’âge qu’elle avait à l’époque, ndlr] qui raconte en parallèle et d’une manière décalée aussi l’histoire. Le commentaire n’apparaît pas comme une voix off, mais sur des cartons [intercalés entre les plans, ndlr], un peu comme dans un film muet où vous avez les répliques sur un fond noir. C’est l’esthétique du film.

    La première de votre film a eu lieu au Festival Cinéma du réel dont l’ancêtre, le Festival de films ethnographiques, a été créé par Jean Rouch. Que signifie pour vous aujourd’hui Jean Rouch et son « cinéma-vérité » ?

    J’ai découvert Jean Rouch pendant mes premières années à l’université [elle a fait un master de création cinématographique et un master de création littéraire à l'Université Paris-8 Saint-Denis, ndlr]. Mon professeur aimait beaucoup Jean Rouch. D’ailleurs, je me rappelle : on était en cours le jour de sa mort. C’était vraiment un moment très émouvant. Et l’un des films qui m’a donné le plus envie de faire du documentaire, c’est Chronique d’un été [réalisé par Jean Rouch et Edgar Morin, sorti en 1961, ndlr], parce que c’était la première fois que je me suis sentie très proche de cette envie de faire ce genre de cinéma qui peut être si spontané. En même temps, il y a quand même différentes mises en scène. Il y a une vraie liberté par rapport aux formes, aux questions… Pour moi, Jean Rouch est quelqu’un qui a énormément compté, aussi dans sa manière de mélanger subtilement la fiction et le documentaire, ce qui est aussi ma volonté. J’ai essayé de faire cela un peu dans mon film, même si cela est très différent des films de Jean Rouch. Une chose est sûre, c’est vraiment une des premières influences dans ma vie.

    Extrait du documentaire « Chaque mur est une porte », de la réalisatrice Elitza Gueorguieva.

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    ► Prochaine projection de Chaque mur est une porte, le jeudi 30 mars, à 13h50, suivie d'un débat avec la réalisatrice au Cinéma du réel, Festival international de films documentaires, du 24 mars au 2 avril 2017 au Centre Pompidou-Paris

     

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