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    L’artiste JR colle les visages de Clichy-Montfermeil au Palais de Tokyo

    media L’artiste JR prend la pose devant sa fresque monumentale « Chroniques de Clichy-Montfermeil » au Palais de Tokyo, Paris. MARTIN BUREAU / AFP

    750 portraits grandeur nature peuplent la fresque monumentale de JR. Le photographe et street artiste français de renommée internationale a installé son œuvre au Palais de Tokyo à Paris. « Chroniques de Clichy-Montfermeil » dresse un portrait collectif des habitants de ces deux villes de la Seine-Saint-Denis où ont éclaté des émeutes sans précédent dans les banlieues en France en 2005.

    Rappelez-vous, Zyed Benna et Bouna Traoré sont morts électrocutés alors qu’ils tentaient d’échapper à un contrôle de police. La jeunesse se révolte. Et les banlieues s’enflamment. À ce moment-là, JR tire le portrait d’une génération en colère qu’il expose sur les murs de la cité des Bosquets à Montfermeil, où il a grandi. Ses collages photographiques découverts sous les feux des voitures brulées ont été vus dans le monde entier à travers les médias. Ainsi, la carrière de l’artiste aux lunettes noires est lancée.

    Des portraits géants sur les exclus

    JR a compris la force des images. Depuis plus de dix ans maintenant il se sert de son appareil photo comme d’une arme. Son truc : des portraits géants sur les exclus, les migrants, les détenus. Des portraits qui captent les destins pour révéler les visages des oubliés qu'il colle sur les murs de la planète - du Brésil en passant par le Libéria jusqu’à Gaza.

    Après avoir fait le tour du monde, l’artiste français de notoriété international est retourné en 2016 sur le lieu de son enfance, un endroit bouillonnant de vie. Aujourd’hui, ces mille visages anonymes d’hommes et de femmes de Clichy-Montfermeil qui ont vu l’utopie s’effondrer peuplent cette fresque de 38 mètres de long sur 4 de haut.

    « Le maire qui avait porté plainte contre moi »

    « C’est une grande fresque qui représente 750 personnes qui vivent dans ce quartier, explique JR. Bien sûr, il y a cette scène des émeutes, mais cela représente aussi le quartier, sa vie, sa communauté… Il y a même le maire qui avait porté plainte contre moi quand j’avais 18 ans et qui maintenant fait partie de la fresque. J’observe moi-même un changement de regard par rapport à des projets qui ont été faits dans l’illégalité. Il y a des dealers, par contre, il n’y a pas la police, malheureusement. J’aurais bien aimé, mais ils ont eu peur de montrer leur visage. Il y a même des braqueurs, des éboueurs, des ouvriers… C’est une photo noir et blanc, très sociale, très politique, avec tous les Français à Clichy-Montfermeil. »

    Avec ces visages en noir et blanc, il dresse un portrait collectif de Clichy-Montfermeil où chacun tient son propre rôle : commerçants, des jeunes près des tours, sportifs, religieux, enfants… tout le monde a une place dans cette fresque inspirée par l'œuvre murale et engagée du Mexicain Diego Riviera. Avec talent, JR embrasse la foule et l’esthétise en sublimant la personnalité de chacun.

    « Personne n’est mis en avant »

    « Ce sont des groupes de photos, mais qui ne font pas une photo de groupe, commente JR. Personne n’est plus dans la lumière qu’un autre. Personne n’est mis en avant. C’est un peu la réalité de tous ces gens. Personne ne les connaît. Pourtant tout le monde vient d’un quartier dont on a souvent entendu parler, mais sur lequel on n’arrive pas à mettre un visage. J’ai essayé de m’attaquer à ça en disant : ok, quel visage pourrait-on mettre à ce quartier ?

    Dans cette fresque, on lit cette fracture sociale, parce qu’elle bien présente. Elle a marqué, mais en même temps, dans tout mon travail, j’ai traité de sujets, de personnes qui sont dans l’anonymat, dans l’ombre, mais, en même temps, dans l’ombre de grands événements dont on a entendu parler. J’espère que cette fracture se ressent au-delà des fractures sur le papier qu’on voit un peu partout. »

    Évidemment, JR fait allusion à la vision des médias. Critique envers la presse, il casse les codes pour nous emmener à repenser la manière dont on voit les autres. Pas de clichés flous, pas d'images volées, que des photos nettes sur la vie quotidienne en banlieue. JR, qui travaille sur la déconnexion entre des mondes qui ne se comprennent pas, crée des ponts. Après le Palais de Tokyo, sa fresque sera installée à la cité des Bosquets.

    Qui viendra aux Bosquets à Montfermeil ?

    « Le simple fait de travailler avec les gens dans la rue, en dehors de toute institution – c’est une fresque entièrement autofinancée – c’est déjà un acte politique. Donc ici, j’attends tout le monde : les gens de Clichy-Montfermeil qui vont venir, mais aussi les Parisiens, les politiques, les gens qui viendront voir et se rencontrer. J’ai hâte de cette rencontre entre les gens. Ensuite, j’espère de créer la même chose aux Bosquets, là-bas où la fresque va être installée pour faire venir les Parisiens aussi là-bas, un quartier où les gens ne vont jamais. Donc c’est cette mission dans les deux sens, ce voyage ne doit pas se faire uniquement dans un sens. »

    JR, Chroniques de Clichy-Montfermeil (détail). JR-ART.NET

    Ecouter le Rendez-vous Culture sur Chroniques de Clichy-Montfermeil

    Chroniques de Clichy-Montfermeil, la fresque de JR est exposée au Palais de Tokyo jusqu'au 12 avril, avant d'élire domicile sur un mur de la cité des Bosquets à Montfermeil.

     

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