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    Afrique

    La Quinzaine des réalisateurs 2017: rire et regarder l’Amérique de Trump

    media « Patti Cake$ » de Geremy Jasper a été sélectionné par la Quinzaine des réalisateurs 2017. The Department of Motion Pictures

    La plus prestigieuse des sections parallèles du Festival de Cannes promeut en 2017 le rire avec cinq comédies dans le programme. La Quinzaine des réalisateurs a dévoilé ce jeudi 20 avril les 19 films sélectionnés parmi les 1649 longs métrages candidats. Du 18 au 28 mai, la 49e édition s’annonce fraiche avec cinq premiers films, féminine avec sept réalisatrices, et internationale – malgré l’absence de films chinois et indiens – avec notamment cinq films américains, trois italiens, un indonésien et un zambien de l’Afrique australe. Sans parler des stars attendues : Juliette Binoche, Gérard Depardieu, Vanessa Paradis… Entretien avec Édouard Waintrop, le délégué général de la Quinzaine des réalisateurs.

    RFI : Avec cinq films de réalisateurs américains indépendants, la Quinzaine des réalisateurs essaie-t-elle d’explorer l’Amérique de Trump ?

    Edouard Waintrop : En partie, oui. Notamment avec le film de Sean Baker The Florida Project, on est vraiment chez des Américains pauvres qui survivent à la marge du rêve américain si on pense que Disneyland est vraiment la quintessence du rêve américain. Car le film se passe à côté de Disneyland. The Rider de Chloé Zhao montre l’autre face de cette Amérique : les Indiens d’Amérique, les Amérindiens. Elle avait déjà rencontré les Sioux de Dakota pour Les Chansons que mes frères m’ont apprises. Elle les retrouve ici avec des cavaliers de rodéo, issus d’une ethnie massacrée radicalement par les nouveaux arrivants au XIXe siècle et qui, aujourd’hui, essaie de survivre. 

    Patti Cake$ de Geremy Jasper raconte le rêve d’une jeune adolescente dans une ville de province dans l’Amérique profonde. C’est aussi un peu l’Amérique de Trump. Bushwick de Cary Murnion et Jonathan Milott est encore autre chose, parce que là, c’est presque une prémonition, parce qu’il a été tourné avant la victoire de Trump. De la séparation très forte entre les deux Amériques on arrive à un conflit extrêmement sanglant.

    L’heure est grave, le monde va mal et la Quinzaine des réalisateurs y répond apparemment avec la force des comédies, dont celles de Claire Denis, avec Juliette Binoche et Gérard Depardieu, Un beau soleil intérieur et de Bruno Dumont, Jeannette, l’enfance de Jeanne d’Arc

    Sans oublier Ôtez-moi d’un doute de Carine Tardieu, Patti Cake$ de Geremy Jasper et le documentaire Nothingwood de Sonia Kronlund qui a des très forts aspects de comédie… De toute façon, on ne va pas pleurer tout le temps. Bruno Dumont avait dit cela très bien quand il disait : entre le drame, la tragédie et la comédie, il y a l’épaisseur d’une feuille de papier.

    Que doit-on s’imaginer quand Bruno Domont raconte l’enfance de Jeanne d’Arc sous forme de comédie musicale ?

    Il ne faut rien s’imaginer, parce qu’on n’arrive pas à le dire, tellement c’est absolument improbable [rires]. Déjà, c’est très beau, il a tourné là où il aime tourner, dans le Nord, en plus en été. Il y a une beauté de la mise en scène et de l’image…

    La Quinzaine parlera aussi de l’Europe, d’une Europe en danger, avec Frost du Lituanien Sharunas Bartas.

    C’est l’histoire d’un jeune homme et d’une jeune fille. Ne sachant pas trop quoi faire de leur temps libre, ils partent de la Lituanie, passent par la Pologne, vont en Ukraine et arrivent sur le front. Donc on découvre qu’on se bat à la frontière de l’Europe. En plus, arrivé sur le front, l’approche est frontale. C’est sidérant.

    Parmi les découvertes, on trouve le premier film d’une réalisatrice zambienne, Rungano Nyoni, I Am Not A Witch.

    C’est un conte sur des problématiques de l’Afrique aujourd’hui : la grande pauvreté, le fait qu’il y a des préjugés profonds… C’est l’histoire d’une petite fille qui est dénoncée par les gens avec qui elle habite. Ils l’accusent d’avoir des pouvoirs négatifs surnaturels. Donc elle risque d’avoir le destin d’une sorcière qu’elle va bientôt rejeter.

    Le réalisateur israélien Amos Gitai revisite avec West of the Jordan River la guerre des Six Jours de 1967, cinquante ans après. Reprend-il sa caméra de combattant ?

    Pour lui, c’est 30 ans après. À l’époque, son film s’appelait Field Diary, Journal de campagne. Il avait fait ce film pour montrer la situation dans les territoires occupés. 30 ans après, il s’aperçoit que rien n’a été réglé, mais il y a quand même des gens en Israël qui essaient de créer des liens avec des Palestiniens, de construire des choses avec eux.

    Edouard Waintrop, le délégué général de la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2017. Siegfried Forster / RFI

    Cette année, il y aura deux films Netflix en lice pour la Palme d’or. Combien y en a-t-il à la Quinzaine et comment gérez-vous l’apparition du géant américain de la vidéo en ligne Netflix et d’Amazon dans l’univers du cinéma ? Sachant que ces deux acteurs investissent cette année plusieurs milliards d’euros dans la production de films.

    Nous, on a pris un film [Bushwick de Cary Murnion et Jonathan Milott, ndlr] qui n’était pas Netflix quand on l’a pris. Ce n’était pas un film Netflix au départ. D’où la complexité du sujet, parce que si vous trouvez des films et Netflix les trouve bien, alors qui va leur interdire d’y aller ? Au nom de quoi et avec quel argent peut-on interdire à Netflix d’y aller ? Donc il y a là un problème auquel, pour l’instant, on n’a pas trouvé de réponse et même pas encore vraiment réfléchi… Mais pour le prochain festival, cette question doit être posée.

    Le cinéma en réalité virtuelle fait cette année son entrée dans la sélection officielle du Festival de Cannes avec Carne y arena (Chair et Sable), d’Alejandro Inarritu. Quel est votre point de vue par rapport à la réalité virtuelle au cinéma ?

    Cette question ne s’est pas posée pour nous, donc je n’ai aucun point de vue. Je ne sais même pas à quoi cela ressemble. J’ai été éduqué avec le cinéma classique dans une salle avec des films en deux dimensions, et je suis déjà assez réticent sur le cinéma en 3D, alors le cinéma en réalité virtuelle, ce n’est pas mon affaire. D’autant plus qu’on n’a pas les moyens d’introduire cela au Festival de la Quinzaine des réalisateurs.

    La Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes 2017, du 18 au 28 mai.

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