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    «Art/Afrique»: la Sud-Africaine Zanele Muholi à la Fondation Louis Vuitton

    media L’artiste sud-africaine Zanele Muholi expose actuellement sa série « Faces and Phases Follow Up » à « Art/Afrique, le nouvel atelier », à la Fondation Louis Vuitton. Siegfried Forster / RFI

    Elle est une des artistes sud-africaines contemporaines les plus percutantes et le plus en vue actuellement. Photographe-portraitiste militante d’une société post-apartheid peuplée de multiples identités sexuelles, Zanele Muholi expose actuellement dans « Art/Afrique, le nouvel atelier » à la Fondation Louis-Vuitton. Née en 1972 à Umlazi, Durban, elle a créé le Forum for the Empowerment of Women (FEW) en 2002 et se définie comme une activiste visuelle au service d’une égalité entre les sexes promise par Mandela. Entretien.

    RFI : Être là est le titre de la section dédiée à la scène sud-africaine contemporaine de l’exposition Art/Afrique ici, à la Fondation Louis Vuitton. Que signifie pour vous « être là » ?

    Zanele Muholi : Pour moi, c’est excitant d’être à nouveau à Paris. J’ai eu ma première exposition à Paris en 2012. De revenir est important et aussi le fait que mon travail est exposé ici avec d’autres artistes sud-africains. Je rêve d’avoir un tel endroit pour exposer notre travail en Afrique du Sud ! Beaucoup de gens vont visiter cette exposition et constater ce dont nous sommes capables de faire.

    Quand on regarde ce mur avec une trentaine de vos portraits photographiques, la question de l’identité sexuelle semble être au cœur de votre travail. Pourquoi ?

    Mon travail porte surtout sur l’expression du genre [les différences non biologiques entre les femmes et les hommes, ndlr] et la politique envers les différents sexes. Il est important de partager ces documents visuels et les documents de nos vies. Cela concerne notre citoyenneté et met en cause certaines politiques, comme, par exemple, les politiques contre les homosexuels ou transsexuels qui continuent à chasser beaucoup de gens de leurs pays d’origine. Souvent il s’agit tout simplement d’un manque de compréhension qui rend des gens violents. Mon travail fait partie de l’éducation, par exemple quand on enseigne aux gens l’histoire des droits fondamentaux. Après les gens comprennent mieux les LGBT [lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels, ndlr]. Nous faisons partie de nos pays démocratiques. C’est très important de faire connaître notre histoire, de créer des œuvres que personne n’avait fait avant…

    La question de l’identité multiple est centrale dans votre travail artistique. Vous prenez toujours plusieurs photographies à plusieurs moments pour portraiturer les gens. Questionnez-vous ainsi la réalité et la vérité d’une photo ou d’une représentation ?

    La politique concernant l’identité est importante, l’existence est importante… Chacun qui regarde ses photographies remarquera que ce n’est pas seulement mon travail, mais notre travail. Chaque portrait représente quelqu’un et raconte l’histoire de sa vie. Cette personne représentée vient de quelque part, elle a une famille, des amis, elle est connectée à la société et contribue à cette société à laquelle nous appartenons tous. Après, il faut du temps pour complètement comprendre tout cela. Mais, par exemple en écrivant et transformant nos vies en littérature ou beaucoup d’autres choses, cela nous fait avancer. Ce que vous voyez ici, c’est juste une petite partie de notre histoire, mais cela va au-delà des frontières sud-africaines, parce que des personnes comme moi sont partout et plein de gens pas comme nous sont quand même connectés avec nous.

    La transformation de Nkunzi Nkabinde qui travaille à la Cour constitutionnelle à Johannesburg, captée par la photographe sud-africaine Zanele Muholi. Siegfried Forster / RFI

    Parmi les centaines de portraits que vous avez réalisés et la trentaine que vous exposez à Paris, pourriez-vous nous raconter la vie d’une personne représentée ici ?

    Je connais toutes les personnes sur mes photos. L’image que j’aime le plus est une photo qui raconte la vie et la transformation de Nkunzi Nkabinde [né en 1975]. Il travaille à la Cour constitutionnelle à Johannesburg. La première photo a été prise avant sa transition [changement de sexe, ndlr]. Il s’est identifié à un homme transsexuel. J’ai pris une photo en 2008, une autre en 2010 avant son opération, et puis une autre six ans après. Trois photos d’une personne sur une période de huit ans. Et je vais prendre une autre en 2017. Aussi longtemps que nous nous comprenions bien, je le suivrai. C’est un écrivain, il a écrit un livre, Black Bull, Ancestors and Me : My Life as a Lesbian Sangoma [non traduit], très utile pour construire le futur et l’éducation. C’est devenu une des plus importantes images parmi mes 250 portraits que j’ai faits d’hommes transsexuels, de femmes transsexuelles, de lesbiennes…

    Dans l’exposition Art/Afrique, le nouvel atelier, on trouve aussi une section consacrée au photographe sud-africain David Goldblatt. Né en 1930, il est devenu légendaire pour son talent de capter le mouvement d’une société. Quant à vous, vous avez un talent extraordinaire à capter le mouvement de l’identité d’une personne, mais aussi d’une société. Il y a une influence entre David Goldblatt et vous ?

    David Goldblatt est quelqu’un que j’aime beaucoup. C’est un mentor pour moi et j’admire son travail. C’est lui qui a créé une école de photographie dans la ville où j’habitais. C’est quelqu’un qui nous a donné le droit de nous exprimer. Grâce à lui nous pouvons parler avec des voix différentes à partir du même espace.

    Vue du mur de portraits pris par l’artiste sud-africaine Zanele Muholi et exposés actuellement à « Art/Afrique, le nouvel atelier », à la Fondation Louis Vuitton. Siegfried Forster / RFI

    Ecouter notre Rendez-vous Culture sur l’exposition « Art/Afrique »

    Les photographies de Zanele Muholi sont exposées dans le cadre de « Art/Afrique, le nouvel atelier », à la Fondation Louis Vuitton, Paris, jusqu’au 28 août.

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