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    Culture

    Oiron, château du XVIe siècle et surprise artistique contemporaine

    media La galerie des peintures avec un sol en carreaux vernissés et un plafond à caissons peints du 17e. ® Thomas Bourdeau / RFI

    Curieux croisement que celui d’un château du XVIe siècle avec de l’art contemporain de haute volée. Au cœur de la campagne des Deux-Sèvres, le château d’Oiron permet à la fois de déambuler dans une demeure centenaire merveilleusement entretenue et de profiter d’une étonnante enfilade de salles dédiées à des artistes contemporains à la renommée internationale. Sa nouvelle exposition « Architextures de paysage » est présentée au cœur de la collection historique.

    Découvrir un château, c’est souvent beaucoup d’histoires à absorber, comme une éponge, ce sont aussi ses murs qui nous renvoient l’écho des familles qui l’ont habité, de leurs rêves de grandeur, de leurs échecs... Le château d’Oiron n’y déroge pas. Au milieu du siècle dernier, il était pourtant au bord de la ruine, perdu et abandonné dans la campagne deux-sèvrienne. Rêve architectural ambitieux au style versaillais de la famille Gouffier au 17e, souffrant l’abandon puis le désamour, il a fallu le travail du centre des monuments nationaux dans les années 90 pour lui offrir une nouvelle fraîcheur. Depuis 1993, c’est une improbable collection d’oeuvres d’artistes contemporains qui y est à découvrir, une nouvelle éponge à émotions d’un genre très artistique rafraîchit maintenant les esprits des visiteurs curieux.

    Carine Guimbard, administratrice du château, explique : « Jean-Hubert Martin, à l’origine du projet, voulait que le visiteur, au fur et à mesure qu’il ouvre les portes du château, se retrouve face à de pures découvertes contemporaines. » Surprenant, brillant et ludique, comme un dialogue entre l’art contemporain le plus pointu et les murs séculaires du château, Curios et Mirabilia, c’est le nom de la collection, représente un joyeux tour de force. « Oiron est un château à l’écart des circuits touristiques, il a ainsi bénéficié d’une sauvegarde très singulière. Cela le rend encore atypique aujourd’hui puisque tout repose sur la présence artistique. L’acte de création est au cœur du château. Les œuvres continuent de dialoguer avec le lieu, l’histoire du lieu, le paysage… » explique Carine Guimbard. (à voir en vidéo en bas de l'article)

    Vue du toit du château... ® Thomas Bourdeau / RFI

    « Le château est un peu l’arrêt incontournable des gens qui s'intéressent à la création artistique »

    « On a des visiteurs qui viennent de différents univers, certains sont surpris car ils viennent pour visiter un vieux château et découvrent des œuvres qui peuvent les questionner, les intéresser, les surprendre, en tout cas qui suscitent une émotion. Une interrogation, qui ne les laisse pas indifférents. » Les châteaux de la Loire sont un peu plus au Nord et, faute de vignobles, à Oiron c’est à la source de l’art que les visiteurs s’abreuvent. Il faudra auparavant traverser une campagne dont on peut dire qu’elle ne ravit pas exactement l’œil, mais une fois sur le site c’est enveloppant, comme être échoué au chaud sur une île artistique au milieu de nulle part, à l’instar de la devise de la famille Gouffier qu’on retrouve dans maintes parties du château : « Hic terminus haeret » «Ici est fixé le terme (de toute chose)». Une façon d’ajouter un côté définitif, voire essentiel à une journée au château. Ce dialogue artistique qui lui donne un nouvel éclat, permet à Oiron de rayonner sur la scène artistique internationale. Le château en serait même devenu un passage «obligé» : « Le château est reconnu dans le monde de l’art. Oiron, c’est un peu l’arrêt incontournable des gens qui s'intéressent à la création artistique. La collection reste toujours très belle aujourd’hui et encore plus quand on invite des jeunes artistes qui viennent dans les interstices créer du sens une nouvelle fois. » Car jusqu’au 4 juin, 11 artistes sont venus «s’incruster» dans les interstices du château avec une exposition intitulée «architextures».

    Détail d'un plafond. La visite doit se faire également tête en l'air ! ® Thomas Bourdeau / RFI

    « Tisser des liens, partager des moments intimes presque, avec les habitants du village »

    « Architexture, c’est toute la texture du paysage qui serait stratifié en espace conçu, en espace perçu et en espace vécu, c’est une notion qu’on a chapardée à Henri Lefebvre » nous explique Marie Cantos commissaire de l’exposition avec Maryline Robalo. « On a ponctué le paysage. Les œuvres sont dans une exposition collective dans les combles du château, mais aussi à l’extérieur. Cette exposition est également l’occasion de continuer à tisser des liens, de partager des moments intimes presque, avec les habitants du village » ajoute Carine Guimbard. Lors du vernissage d’« architextures », les artistes accueillaient chaleureusement cette proximité. Ainsi, l’artiste Julie Fortier d’expliquer avec poésie et lyrisme le but de son installation retraçant en odeurs une balade en forêt un matin d’été. « Et puis il y a la pluie ! Ce moment où la terre asséchée boit l’eau du ciel et transmet alentour une odeur si singulière (on parle de géosmine le composé derrière l’odeur de la terre après la pluie). C’est le moment du retour à la vie, de la renaissance ! Les petites graines, à l’instar des éponges, veulent boire et s’épanouir » s’amuse-t-elle devant l’auditoire venu dans la salle des armes pour écouter les artistes. Pour architextures, « les artistes n’ont pas pu présenter leurs œuvres dans des conditions habituelles et cela les a amenés à bouger, s’adapter. Le château a influé sur l’œuvre. » A l'entrée le drapeau de Rémy Uchéda flotte au vent. « C’est un jeu sur l'emblème, un jeu aussi sur la disparition avec cette sérigraphie dégradée du noir au blanc, l’envers du drapeau est, quant à lui, réalisé à la main. » Dans un angle de fenêtres, de curieuses cannes à pêche (encore Rémy Uchéda) sont comme comprimées, sous tension, prêtes à jaillir car propulsées intérieurement par la puissance des murs du château.

    Fantôme du quartz XXXIII, de Guillaume Constantin dans le cadre d'Architexture de paysage. ® Thomas Bourdeau / RFI

    « Ce dialogue art, lieu, usage du lieu et point de vue, je trouve que c’est très beau »

    Auparavant, les visiteurs auront pu traverser plus d’une trentaine de salles, chacune étant littéralement investie par un artiste. La salle d’armes de Daniel Spoerri est impressionnante, mais aussi les œuvres de Gavin Bryars, Christian Boltanski, Charles Ross dans le salon du soleil…Comme point d’orgue, la tour des ondes, avec au dernier niveau Room for departure, de Marina Abramovic, une pièce qui invite au voyage spirituel. « C’est une pièce destinée à être pratiquée, avec trois œuvres composées de bois de métal et de pierre. La chaise rehaussée offre un point de vue magnifique, une perspective paysagée sur 10 km. Un paysage qui n’a très certainement pas bougé depuis le 17e siècle. Ce dialogue art, lieu, usage du lieu et point de vue, je trouve que c’est très beau » commente Carine Guimbard. « Les pierres sont chargées émotionnellement » Comme pour faire perdurer ce lien entre la pierre et le ciel...

    Oiron possède son rouge propre qui orne certains de ses murs... ® Thomas Bourdeau / RFI

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