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    Afrique

    Coovadia passe au décimal

    media «Tales of the Metric System», de Imraan Coovadia. DR

    Nous, les Gaulois, nous comptions sur une base vingt (pour preuve notre 80), avant que les Romains ne nous imposent le X et le système décimal. Nous avons pris une revanche au XIXe siècle quand la plupart des pays adoptèrent le système métrique universel, étudié dès 1791 par un comité de savants (comprenant, excusez du peu, Condorcet, Laplace, Monge) à la recherche d’un critère objectif. Bon gré, mal gré, les pays du Commonwealth y vinrent à la fin du XXe siècle. Seuls trois pays font encore -mollement- de la résistance : le Libéria, la Birmanie et les Etats-Unis.

    Le système métrique, en Afrique du Sud, fut d’abord l’étendard du rejet du Commonwealth. Le régime d’apartheid ayant poussé le pays à devenir une République en 1960, lança le rand comme devise nationale et s’attaqua aux poids et mesures britanniques. Verwoerd et les siens imposèrent les kilogrammes et les kilomètres au pas de charge. Ils espéraient de la sorte amadouer la communauté internationale. En vain.

    Des affiches fustigèrent avec ironie certains « mots de quatre lettres : Inch, Mile, Foot, Acre », chagrinant les nostalgiques de l’empire. La majorité de la population prit les nouvelles normes comme une marque de modernité, à l’image d’Imraan Coovadia, né précisément en 1970, à l’heure de leur mise en route.

    Cet auteur prolifique a choisi une construction subtile autour de dix journées, cruciales pour ses personnages. Réparties sur quarante ans, ces rencontres dramatiques ou cocasses, brossent un portrait piquant de l’Afrique du Sud contemporaine. Coovadia s’arrête sur quelques dates marquantes dans l’histoire collective du pays : la Coupe du monde de rugby en 1995, remportée par les springboks avec la bénédiction de Mandela, le Mondial de football en 2010, où les bafana-bafanas s’éclipsèrent à l’issue du premier tour. Un clin d’œil qui n’est pas à l’avantage du président Zuma.

    Les protagonistes de ces récits croisés viennent d’horizons très différents. L’écrivain trouve avec chacun le ton juste. Il critique le mercantilisme qui gagne la société sud-africaine.

    Une partie du travail de Coovadia est déjà disponible en français. Nous devons aux éditions Zoé son roman Flux et reflux. Il met en scène une veuve et son fils, issus de la communauté indienne de confession musulmane, aux prises avec les difficultés de la vie à Durban. Citons aussi son Institute for Taxi Poetry, ouvrage non encore traduit, abordant un aspect capital de la vie quotidienne, à savoir le transport de millions de Sud-Africains dans des minibus privés. Les flottes de taxis collectifs se livrent à une guerre sans merci. Peut-on faire de la poésie dans un contexte violent ? A travers les rues venteuses du Cap, ses personnages pittoresques indiquent qu’on peut fabirquer un polar doux-amer.

    ►Imraan Coovadia. Tales of the Metric System, Umuzi, 2014.

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