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    Sagesses asiatiques au Festival de Cannes: «Hikari» et «Le Jour d’après»

    media Ayame Misaki incarne Misako Ozaki dans « Vers la lumière » (Hikari) de Naomi Kawase. 2017 KINO FILMS - COMME DES CINEMAS - KUMIE

    La Japonaise Naomi Kawase et le Sud-Coréen Hong Sangsoo sont des habitués du Festival de Cannes et deux cinéastes très exigeants avec leurs spectateurs. En lice pour la Palme d’or, « Hikari » (Vers la lumière) et « Geu-Hu » (Le jour d’après) cherchent chacun à sa manière le chemin vers la lumière.

    Un homme filmé de dos descend les marches. Arrivé dans la salle de cinéma, il met des écouteurs pour « regarder » le film. Bientôt, on saura que M. Nakamori est un photographe célèbre en train de perdre sa vue.

    Avec Hikari, (Vers la lumière), Naomi Kawase nous envoie à un long voyage vers l’imaginaire. Il s’agit d’une incitation à faire confiance à l’invisible, d’entendre et construire le monde autrement, de sortir de notre aveuglement : « Rien n’est plus beau que ce qui est devant nos yeux et s’apprête à disparaître.»

    L’histoire raconte la rencontre du photographe avec Misako, audiodescriptrice de films. Avec beaucoup d’humilité, elle essaie de rendre visible par des mots ce que les aveugles ne voient pas quand ils « regardent » un film : quand un feu passe au vert ou un groupe d’écoliers traverse la rue. Mais avec leur imagination hors du commun, les aveugles apprennent aussi beaucoup de choses à Misako : mentionner « une chevelure noire » évoque autre chose que « cheveux noirs ». Une « sculpture » est moins parlant pour les oreilles qu’une « statue de femme en sable ». Et surtout, si tous les interstices sont remplis par les mots, il ne reste plus de place pour l’essentiel : l’imaginaire, le lieu de rencontre par excellence.

    Les grands plans nous rapproche des émotions dégagées par les visages : quand un coin de lèvre se lève, le nez se creuse où un battement de cils apparaît. Naomi Kawase introduit la lumière au sein des ténèbres. Parfois, elle cache même l’image à l’écran. Ainsi, on voit mieux ce qu’on entend. A l’image de ce concert des feuilles sur un vieil arbre, une danse sonore chorégraphiée par le vent. Et comme Misako et Nakamori, on traverse la forêt des ombres pour nous diriger vers la lumière.

    « Le jour d’après »

    Kwon Haehyo (Kim Bongwan) et Kim Minheee (Song Areum) dans « Geu-Hu » (Le jour d’après) de Hong Sangsoo. Festival de Cannes

    La nature de la philosophie de Hong Sangsoo s’exprime déjà par le noir et blanc à l’écran. Le maestro du cinéma coréen souhaite visiblement restreindre les possibilités du spectateur de s’évader par la couleur. Son histoire est formelle, sans aucun artifice et peu de décor, limitée à quelques lieux : la cuisine de la maison, le bureau rempli de livres, un restaurant chinois. Elle raconte un jour dans la vie de Bongwan, patron volage d’une petite maison d’édition et l’un des trois ou quatre meilleurs critiques littéraires du pays.

    Ce matin, Bongwan mange bruyamment sa soupe. Et sa femme lui demande aussi bruyamment s’il a une maîtresse. Bongwan reste silencieux. Même la bonne réponse serait un mensonge, car sa maîtresse vient de le quitter. Ce jour-là, une nouvelle femme, Areum, reprend le poste d’assistante dans sa petite maison d’édition. Devenue méfiante, son épouse trouve une lettre d’amour et débarque au bureau. Mais comment expliquer à son épouse que la femme sur place vient d’arriver et qu’il ne ment pas ?
     
    Tiraillé entre la réalité de l’épouse et celle de la maîtresse ancienne et absente, commencent alors des réflexions philosophiques sur la réalité et l’illusion, le réel et la croyance. Les mots peuvent-ils saisir le réel ? « Les mots sont trop pauvres pour décrire le réel » prévient-il. « Pour quoi vous vivez ? » lui rétorque sa nouvelle recrue. Réponse sibylline : « Pour l’amour ».

    Le Jour d’après constitue la mise à l’épreuve du réel et du fantasme. Hong Sansoo fait vivre cette réalité non-linéaire avec des flashbacks. D’autres va-et-vient brouillent les pistes et la perception du temps. Comment concilier les réalités fluctuantes de ses désirs avec la vie sans renoncer à l’amour ? Hong Sansoo répond avec une économie de moyens, de mots et de gestes transformant le film en un exercice minimaliste de haute voltige dont beaucoup de spectateurs risquent de décrocher. L’action se trouve hors-champ, dans l’imaginaire du spectateur, nourri seul par la beauté exquise de Misako alias Kim Min-Hee, lieu des réflexions entre les mondes.

    RFI au Festival de Cannes 2017 : nos articles, éditions, émissions, photos et vidéos

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