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    Cannes: «You Were Never Really Here», entre le marteau et l’enclume

    media «You Were Never Really Here», de la réalisatrice britannique Lynne Ramsay. WhyNot Productions

    Avec le dernier film présenté en lice pour la Palme d’or, qui sera décernée dimanche 28 mai, le Festival de Cannes nous a offert une petite excursion dans la violence. You Were Never Really Here de la réalisatrice britannique Lynne Ramsay raconte l’histoire de Joe. Ce mercenaire psychopathe se voit confier une mission lucrative : faire revenir la fille disparue d’un sénateur. L’homme sans pitié se met alors en route pour accomplir ce qu’il sait faire : massacrer les gens jusqu’à parvenir à son objectif.

    Son arme préférée ? Un marteau de mécanicien pour fracasser le crâne de ses adversaires. Vous l'avez compris, You Were Never Really Here sera bien arrosé par le sang, mais aussi par l’amour. Car Joe, l’homme impitoyable, se montre charmant et bien attentionné envers sa vieille mère qu’il affectionne particulièrement. Le programme télé de la mamie n’est pas anodin non plus : Psycho de Hitchcock. Tous les deux connaissent par cœur la célèbre scène avec les coups de couteau sous la douche.
    Joe, le vétéran torturé incarné par Joaquin Phoenix

    Bienvenu dans le monde de Lynne Ramsay. Lors de sa dernière venue en compétition, elle nous avait effrayés avec l’histoire d’un carnage à l’école commis par un élève de 16 ans, We Need to Talk about Kevin. Cette fois, elle a concocté un film d’horreur psychanalytique au croisement entre Taxi Driver de Scorsese, A History of Violence de Cronenberg, et Drive de Nicolas Winding Refn. Joaquin Phoenix interprète avec flegme ce vétéran torturé, marqué par plein de cicatrices sur le corps et visiblement traumatisé depuis son enfance. Une scène revient sans cesse dans sa pensée : un jeu de compte à rebours et d’étouffement.

    Les travellings hors-champ

    Dans ce thriller efficace - sans sentir le film culte -, Lynne Ramsay affecte ingénieusement les travellings du hors-champ. Il va de soi que la caméra transforme les traversées dans le New York nocturne en tableaux abstraits d’une beauté certaine. Et le skyline des gratte-ciels se métamorphose en abîme de l’âme humaine. Joe sera bientôt au bord du gouffre. Une fois la fille libérée, il entend à la télé que le sénateur a sauté du 22e étage. Alors, il se retrouve lui-même entre le marteau et l’enclume. Avec chaque nouveau mort sur son chemin, il réalise avoir trouvé dans la fille du sénateur un alter ego…

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