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    Culture

    Etonnants voyageurs 2017: «Démocratie et littérature, états d’urgence»

    media @ Gael Le Ny/Etonnants voyageurs

    Plus que jamais en prise directe avec les enjeux et les défis les plus brûlants de notre époque, le Festival international du livre et du film « Etonnants voyageurs », qui se tient du 3 au 5 juin à Saint-Malo, a choisi « la démocratie » comme thème central de son édition 2017. Près de 250 écrivains et cinéastes vont se croiser et échanger dans cette ville bretonne très prisée des touristes, sans compter les éditeurs, les producteurs et distributeurs… Et le public, nombreux à assister aux séances de dédicace, aux cafés littéraires ou aux multiples rencontres et débats au Palais du Grand large.

    « A l’heure où les tentations identitaires menacent plus que jamais nos libertés, où les intégristes de toutes obédiences entendent nous dicter l’acceptable et l’inacceptable », dit le maire de Saint Malo, Claude Renoult, dans le dossier de presse, il est plus important que jamais de « se questionner, s’émerveiller, s’ouvrir à d’autres formes de pensée, d’accepter la multiplicité des réponses, l’infini des solutions ».

    Dix ans après le manifeste publié à la une du Monde « Pour une littérature Monde en français », signé par 44 écrivains de l’espace francophone, dont J.M.G. Le Clézio et Edouard Glissant, le célèbre festival insiste cette fois « sur l’urgence de la littérature en temps de crise ».

    @ Etonnants voyageurs

    Entre Vauban et Chateaubriand

    « Nous sommes plus grands que nous », affirme en guise d’éditorial le directeur du festival, Michel Le Bris, membre fondateur de cette manifestation qui existe depuis vingt-huit ans. La démocratie, dit-il, est « partout menacée, comme si nous avions perdu ce qui lui donnait sens, et qu’il s’agit de retrouver, pour la défendre ».

    A l’abri de la forteresse de Vauban, bercés par Chateaubriand et le bruit inlassable des vagues déferlant sur ses plages corsaires, près de 250 écrivains et cinéastes vont se croiser et échanger dans cette cité bretonne très prisée des touristes, sans compter les éditeurs, les producteurs et distributeurs… Et le public, toujours plus nombreux à assister au séances de dédicace, aux cafés littéraires ou aux multiples rencontres et débats au Palais du Grand large.

    Au menu de cette prestigieuse manifestation, samedi après-midi au Grand auditorium, le débat s’ouvre sur les différents « états de crise » de la démocratie : crise de la représentation, tentations radicales, haine absolue… Parmi les participants, Hakan Günday, figure montante de la littérature turque, prix Médicis 2015 pour Encore et dont le dernier roman, Malafa (Galaade, 2017), est une critique drôle et sans concession de la Turquie d’aujourd’hui.

    « Mets le feu et tire-toi »

    Autre débat pour suivre : « Qu’arrive-t-il à l’Amérique » après l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis et la montée de la question raciale à la fin de l’époque Obama. Russel Banks, qui raconte depuis des lustres les « cabosses » de l’existence dans son pays, et qui vient de publier en France Voyager (Actes Sud, 2017), traduit par Pierre Furlan, va échanger notamment avec son compatriote James Mc Bride, ce romancier, scénariste et musicien de jazz qui met en scène l’histoire de James Brown dans Mets le feu et tire-toi (Gallmeister, 2017).

    « Presse : le combat pour la vérité » réunit ensuite sur le plateau un journaliste américain, Ron Suskind (ex du Washington Post et éditorialiste au Wall Street Journal) et l’Algérien Kamel Daoud, qui a tenu une rubrique dans le Quotidien d’Alger. Cet « esprit libre, qui bouscule les conformismes, particulièrement sur l’Islam », et qui fut Prix Goncourt du premier roman pour Meursault, contre-enquête (Actes Sud) a sorti chez le même éditeur l’an dernier un choix de ses chroniques intitulé Mes Indépendances.

    Personne ne sait si l’histoire se répète. Mais la crainte existe et donc la question se pose en Europe. Et elle fait l’objet du débat suivant : « Le retour des années 30 ? » Crise financière, montée des populismes notamment aux Etats-Unis ou en Inde, montée des extrêmes, internationalisation progressive des conflits. La rencontre rassemble des historiens, Pascal Banchard et Farid Abdelouahab, auteurs du livre Les années 30, et si l’histoire recommençait (La Martinière) et des journalistes, comme Renaud Dely, qui a participé à un ouvrage intitulé Les années 30 sont de retour (Flammarion).

    « L’appel de Patrick Chamoiseau »

    Le dimanche 4 juin, l’après-midi s’articule autour de Frères migrants (Le Seuil, 2017), rebaptisé pour l’occasion « L’appel de Patrick Chamoiseau ». Un extrait de cet essai poétique autour de la question de « l’être humain », sera lu en début de séance à l’Auditorium. « En plein siècle des Lumières, des millions d’Africains ont été basculés dans les gouffres de l’Atlantique, rappelle cet écrivain majeur de la Caraïbe, auteur avec Edouard Glissant d’Eloge de la créolité (1989). Et voilà qu’au XXIe siècle, à la porte de l’Europe, continent de grande civilisation doté d’une lucidité collective qui n’a jamais été aussi puissante et d’un système médiatique qui n’a jamais été aussi performant, cela recommence dans une indifférence quasi totale devant la mort. »

    Quand la Méditerranée nous submerge (L’Aube, 2017), titre de l’essai du sociologue Jean Viard, est aussi celui du dernier grand débat de l’Auditorium, qui clôturera le festival lundi 5 juin. « Car c’est une idée de nous-mêmes, de nos valeurs, de ce qui nous fait être ensemble, qui meurt chaque jour en Méditerranée », estime l’auteur. Tandis que « nous multiplions les frontières » en dépit de l’universalité théorique du droit d’asile et de l’obligation de l’hospitalité, les définitions prolifèrent, barrières de l’entre-deux-mondes : camps de réfugiés, d’exilés, de migrants, de clandestins...

    @ Gael Le Ny

    Enjeu des temps présents, la Mare Nostrum est devenue « le plus grand cimetière marin du monde ». Avec en ombre portée ces autres acteurs, des jeunes qui partent se battre dans les rangs de Daesh, quittant désespérément les banlieues de l’Europe pour la Syrie et au-delà.

    La remise des prix Littérature-Monde 2017 aura également lieu pendant le festival. Les lauréats sont la romancière vietnamienne Anna Moï pour son recueil Le Venin du papillon (Gallimard). Ainsi que l’écrivain soudanais Abdelaziz Baraka Sakin (prix Littérature-monde étranger) pour son livre Le Messie du Darfour (Zulma, 2016). Censuré dans son pays depuis 2011, emprisonné puis contraint à l’exil, l’écrivain dont la réputation n’est plus à faire dans le monde arabe décrit une jeune femme prête à tout pour venger les siens des milices janjawid. Tandis que la romancière situe son action à l’ère postcoloniale française et américaine, au sein d’une jeunesse en quête de construction et qui voudrait avoir raison de tout, même des désastres historiques et des tragédies guerrières.

    Autant de palettes qui seront évoquées pour cerner les contours de la crise de la démocratie. Sans oublier la voix de la Camerounaise Leonora Miano, incontournable figure de la littérature francophone subsaharienne qui vient de publier le deuxième tome de La Saison de l’ombre (Grasset, 2017), dont le premier tome a obtenu le Prix Femina 2013. « Une extravagante et éprouvante odyssée dans une terre africaine rongée par la colonisation et la démission de ses élites. »

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