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    «L'Aérosol», le nouveau temple du graff et du street art à Paris

    media «L'Aérosol», le nouveau temple du graff et du street art à Paris. José Marinho / RFI

    Le nouveau temple du street art à Paris s’appelle « L'Aérosol ». 7 000 mètres carrés d’une ancienne friche industrielle de la SNCF viennent d’être transformés en royaume des cultures urbaines.

    Rampes de skate, piste de danse pour patins à roulettes, transats et DJ’s redonnent vie à ce lieu en béton. À l’Aérosol, la cool attitude est la règle.

    Un casting irrésistible

    Il y a de la musique pour danser, mais surtout un musée d’art urbain de très haut niveau. Le 54, rue de l’Evangile, dans le 18e arrondissement de Paris, c’est le paradis des graffeurs. Caché entre deux portes, celle de La Chapelle et d’Aubervilliers, l’Aérosol c’est de la bombe !

    Son musée de 1 200 mètres carrés exposera un nombre impressionnant de 400 toiles. La crème du graffiti est représentée par Invader, Banksy, Blek le rat ou encore Obey. Un casting irrésistible, réuni par le commissaire de l’exposition.

    « On a plein de records du monde »

    David Benhamou est le fondateur de maquis-art.com, site de référence du graff et grand spécialiste en art urbain pour des maisons de vente aux enchères. Benhamou a fait jouer ses relations. Il a fait du « porte-à-porte » pour exposer ses toiles préférées.

    « Je suis allé chez les collectionneurs que je connais ou alors chez des gens avec qui je travaillais ou conseillais sur leur collection et j’ai frappé à leur porte en leur disant : " Je vais faire une super expo, venez, c’est dans une friche industrielle, c’est génial. " J’avoue, ils avaient un peu peur au début, mais ils m’ont fait confiance. Donc, tous ceux qui m’ont prêté des œuvres m’ont fait confiance et m’ont laissé partir avec les œuvres qui sont dans leur salon. Dans les œuvres qu’on a, on a plein de records du monde, d’œuvres qui ont fait des résultats en vente aux enchères. Que ce soit dans mes ventes ou chez mes confrères. Et on a fait une sélection chez les collectionneurs. »

    Des graffeurs de tous les horizons

    Les stars sont donc bien là, mais pas question d’oublier les autres graffeurs de tous les horizons. À L’Aérosol, faire des graffitis sur les murs du musée, c’est permis. Ici, le visiteur est invité à s’emparer des 300 mètres de murs. Le lieu dispose même d’une petite boutique pour s’acheter des bombes.

    « À l’extérieur, il y a le graffiti qui vit, le vrai graffiti, le vrai street art, explique David Benhamou. Les artistes viennent, font du graff, prennent des panneaux entiers. C’est nous qui leur disons où ils peuvent se placer. Il y a déjà cinq, six, sept couches sur tous les murs, donc tout est recouvert tout le temps. Là, il y a un graffeur en train de bosser. Il y en a déjà quatre couches en dessous. Donc tout le monde se repasse, mais selon des règles qu’on connaît dans le graffiti. C’est-à-dire qu’on ne repasse pas quelqu’un qui n’a pas fini son graff. Ce qui est important pour les graffeurs, c’est la photo. Les photos que les gens prennent pour les garder, les archiver… »

    « Le tag, c’est le chien qui pisse pour marquer son territoire »

    L’artiste qui fait du graff sur place s’appelle Jeanjerome. « Il y a plein de lieux abandonnés ou des gars qui sont en piteux état et il n’y a aucune volonté pour que des graffeurs embellissent des gares françaises. En sachant qu’il y a énormément de gens aujourd’hui friands de cet art. Là, aujourd’hui, L'Aérosol, c’est une expérience. Espérons que la SNCF fasse des appels à projets. Ils ont toujours la haine des tagueurs. Je peux comprendre, mais ils ne font pas la distinction entre graffeurs et tagueurs. Le tag, c’est la signature, c’est le chien qui pisse pour marquer son territoire. Le graff, c’est un style artistique. Moi, c’est complètement abstrait. Avec cette nouvelle expérience, il faut voir comment cela va être récupéré par la SNCF dans le futur. »

    L’Aérosol et la brigade anti-graffiti

    Avec la création de L’Aérosol, est-ce que l’heure de la réconciliation a sonné entre la SNFC et les graffeurs ? Parlons plutôt d’une trêve, car l’éternel jeu du chat et de la souris n’est pas prêt de s’arrêter entre les graffeurs et la SNCF avec sa fameuse brigade de police anti-graffiti qui se trouve à quelques pas de L’Aérosol.

    « C’est vrai qu’il y a un jeu du chat et de la souris, avoue David Benhamou. Au sein de la police, il y a la police ferroviaire et il y a une brigade spéciale anti-graffiti, mais tous les graffeurs qui font du graffiti sur train, sur métro, sur tout ce qu’on veut, connaissent les risques. Il y a plein de graffeurs qui viennent sur le lieu et qui sont contents. Il n’y a aucune animosité : ni de la part de la SNCF, ni de la part des graffeurs. C’est juste une petite guéguerre saine. »

    Un lieu éphémère

    Une guéguerre « saine » qui coûte quand même des millions d’euros par an en nettoyage. L’Aérosol, un lieu éphémère dédié au street art comme il en existe encore peu à Paris, qu’il ne faudra pas trop tarder à aller visiter avant sa démolition fin janvier 2018.

    ► Ecouter le Rendez-vous Culture du 8 septembre dédié à L'Aérosol

    ► Ce vendredi 8 septembre, il y aura à l’Aérosol une soirée Snap’N’Mix et Mouv’ Live Club ouverte au public et en accès gratuit, entre 17h et 23h.

    L'Aérosol, 54, rue de l’évangile 75018 Paris, lieu éphémère dédié à l’art urbain

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