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    Europe

    Cinéma: «Life and nothing more», de Tallahassee à San Sebastián

    media Regina, personnage principal du film et chef de famille, porte littéralement le film sur des épaules, magnifiquement interprétée par Regina Williams. http://aquiyallifilms.com

    En compétition officielle au festival Zinemaldia de San Sebastián ce film du réalisateur espagnol Antonio Méndez Esparza, déjà remarqué pour son précédent et premier long-métrage « Aqui y allà », récompensé par une caméra d'Or à Cannes en 2012. C'est grâce à une aide l'université de Tallahassee (Floride) où il enseigne que le réalisateur a filmé, aux Etats-Unis, la vie quotidienne d'une famille presque ordinaire s'installant dans le foyer de Regina et de ses deux enfants, Andrew, adolescent un peu perdu et la petite Ry'nesia, dans toute l'innocence de ses trois ans. « Life and nothing more », la vie et rien d'autre, mais c'est déjà beaucoup.

    Qu'il est compliqué de tenir une famille de deux enfants quand on est une maman seule et qui travaille. Regina, fort tempérament et forte présence, se démène pour faire tourner son foyer composé notamment de son fils Andrew qui, avec toute la nonchalance d'un adolescent grandi trop vite, l'aide de plus ou moins bonne grâce, s'occupant notamment de sa petite sœur, Ry'nesia, qui est dans la vraie vie la fille de Regina.

    Le réalisateur Antonio Méndez Esparza, dont le précédent film Aqui y allà avait été tourné au Mexique, a installé la caméra dans la pièce principale de la maison, la cuisine où se passe l'essentiel de la vie de famille, filmant le quotidien de Regina, Andrew et Ry'nesia, dans un quartier modeste de Tallahassee, capitale de l'Etat de Floride, bien loin de Disneyland.

    La caméra suit Regina au travail dans la cafeteria où elle est serveuse, la drague un peu lourde de Robert, les relations compliquées entre Robert et Andrew, son rival masculin au sein de la famille, et surtout les allées et venues au tribunal pour enfants où la mènent les écarts de conduite d'Andrew. « Mais qu'est-ce que tu veux Andrew ? », demande sa mère. Il est bien en peine de répondre l'adolescent : que faire de sa vie ? « Je ne veux rien », répond-il, dents serrées. Entre le base-ball, l'école, les copains pas toujours recommandables, et les belles et moralisatrices lettres du père en prison, Andrew se cherche.

    Dans le film "Life and nothing more", d'Antonio Méndez Esparza, en compétition en section officielle, Andrew promène sa nonchalance et son mal de vivre. sansebastianfestival.com

    Aucun des acteurs du film n'est comédien professionnel mais la façon très naturaliste dont ils sont filmés dans leur quotidien et la direction d'acteur donnent une crédibilité et une force étonnantes au film. Aucun n'avait jamais joué mais ils se sont emparés des rôles auxquels ils se sont attachés à donner réalité, explique le réalisateur qui a filmé de façon « ouverte » pour laisser une place à l'imprévu voire à une forme d'improvisation.

    Les personnages portent les mêmes prénoms que dans la vraie vie ce qui a facilité les échanges, explique encore Antonio Méndez Esparza. Et c'est sur les épaules de Regina, pilier dans tous les sens du terme de la famille, que repose en grande part ce drame familial. Elle est forte, drôle et émouvante et donne à son personnage une vérité saisissante.

    De la vie à la mort, il n'y a qu'un claquement de doigts

    Cela pourrait sans doute se passer n'importe où aux Etats-Unis, même si le réalisateur se défend d'avoir voulu planter des archétypes et a voulu enraciner son film dans ce quartier de Tallahassee, ville où il vit désormais. Mais les différences sociales que l'on devine dans le film (la classe d'Andrew est très largement composée de jeunes noirs ou encore le quartier très blanc et chic où il sera arrêté par la police) et les tensions raciales évoquées par le travailleur social que rencontre Andrew au début du film, sonnent en écho aux faits divers qui nourrissent le quotidien des médias.

    Comme l'explique un policier éducateur, la vie de ces jeunes garçons à la limite de la petite délinquance se résume à une équation simple : à la fin de la journée, tu es soit libre, soit en prison, soit mort. La vie on la perd comme ça, explique à Andrew un compagnon de travail, d'un claquement de doigts.

    Un film très sensible et politique donc même si formellement la politique et notamment la campagne présidentielle américaine, qui battait son plein au moment du tournage (2015-2106) est rapidement évacuée par Regina et sa copine : Trump-Clinton ou Clinton-Trump, rien à cirer, plaisantent avec un brin d'amertume les deux femmes. Leurs soucis quotidiens et la vraie vie sont ailleurs.

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