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    Culture

    Mathias Depardon, explorateur rescapé de la «Transanatolia»

    media La terrasse d’un restaurant sur la côte de la mer Noire, à côté de la ville de Gerze, en Turquie. Mathias Depardon

    C’est un voyage, de la Crimée à Istanbul, en passant par le Caucase, auquel nous invite le photographe français Mathias Depardon dans son exposition « Transanatolia », aux Archives nationales à Paris. Mathias Depardon a passé un mois en détention en Turquie entre mai et juin dernier, accusé de « propagande terroriste » au profit du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan. Cette exposition, visible jusqu’au 6 novembre, permet de découvrir l'ampleur de son travail, qui fait de lui un des meilleurs connaisseurs de la Turquie actuelle.

    De gigantesques immeubles en construction, tous identiques, à Istanbul ; des stations balnéaires kitsch au bord de la mer Noire ; des pâturages bientôt engloutis par un barrage sur le Tigre...

    En environ 80 photos, Mathias Depardon témoigne de cette « Nouvelle Turquie » promue par Recep Tayyip Erdogan, le président turc. Une Anatolie rêvée, dont les contours rappellent ceux de l’Empire ottoman, et qui, de fait, ne se limite pas à l’actuelle Turquie. « De Hatay [province turque proche de la Syrie; Ndlr] au Maroc (…), pour nous, il ne s’agit pas d’autres mondes, mais de morceaux de notre âme », déclarait Recep Tayyip Erdogan en octobre 2016.

    Pour saisir l’ampleur des bouleversements à l’œuvre dans la région, Mathias Depardon a donc sillonné la Turquie pendant six ans. Mais il s’est aussi rendu en Russie, en Azerbaïdjan, en Bulgarie ou au Xinjiang, dans l’ouest de la Chine, où vivent les Ouïgours, minorité musulmane marginalisée par le pouvoir central de Pékin.

    Chantiers politiques

    Partout, une même frénésie de constructions, particulièrement perceptible en Turquie, où chaque chantier – ou presque – est politique.

    « C’est, pour Ankara, une manière de se réapproprier le territoire et de le façonner à son image, affirme Mathias Depardon, qui précise que : cette image se veut islamique, moderne, avec des lieux de culture qui mettent en avant le néo-ottomanisme ».

    De ce point de vue, le cas de Toki est particulièrement éclairant. « Au départ, c’est une institution qui construit des logements sociaux, relate Mathias Depardon. Aujourd’hui, c’est un instrument politique et cette institution est devenue la deuxième ou troisième source de revenus pour l’Etat turc ».

    Une femme est allongée sur le mémorial de Malaya Zemlya, dans la ville de Novorossiysk, en Russie. La sculpture en pierre représente la défaite des allemands face aux troupes russes en 1943. Mathias Depardon

    Entre art et documentaire

    Dans cette première grande exposition française, Mathias Depardon, qui a déjà exposé à New York ou Istanbul, prouve qu’il se situe au-delà du photojournalisme classique. A 37 ans, il cultive un art du décalage qui interpelle le visiteur.

    Sur une photo du nouveau quartier de Basaksehir, à Istanbul, le seul véhicule visible au premier plan est une voiture de police. Sur une jetée de Sukhumi, station balnéaire de la mer Noire, en Géorgie, la chaise de jardin en plastique jaune est cassée. Au mémorial Malaya Zemlya, commémoratif de la Seconde Guerre mondiale, à Novorossiysk, en Russie, une femme fait bronzer ses rondeurs sur la statue d’un soldat allemand terrassé par l’armée soviétique.

    Les couleurs des clichés, réalisés en grande majorité sur pellicule, ressortent particulièrement bien dans la salle d’exposition des Archives nationales baignée de noir. Les tirages au format carrés semblent flotter dans l’air, grâce à un éclairage et à un accrochage particulièrement réussis.

    L’échéance se rapproche

    Dans un angle, trois photos accrochent le regard : des combattantes kurdes du PKK posent, arme à la main, dans des camps situés en territoire irakien. C’est l’une de ces images, publiée sur les réseaux sociaux, qui a valu un mois de prison à Mathias Depardon, accusé de « propagande terroriste » en Turquie.

    « Il est très difficile de faire son travail de journaliste, aujourd’hui, en Turquie, affirme Mathias Depardon. Les journalistes turcs les plus influents sont derrière les barreaux. Quant aux confrères étrangers, l’échéance de janvier 2018 se rapproche. C’est à cette date que la plupart d’entre eux devront faire renouveler leur carte de presse. Beaucoup se demandent s’ils seront encore en Turquie l’année prochaine ».

    La Turquie que Reporters sans Frontières qualifie de « plus grande prison du monde pour les professionnels des médias ». Mathias Depardon a réussi à en sortir.

    Le front de mer de la ville balnéaire de Sukhumi, capitale du territoire Abkhaze. La ville a souffert durement durant le conflit entre la Géorgie et l’Abkhazie au début des années 1990. Mathias Depardon

    Chronologie et chiffres clés
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