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    La Fiac 2017, entre le désir et l’enfer

    media Œuvre de Raqib Shaw, exposée à la galerie Pace, à la Fiac 2017. Siegfried Forster / RFI

    Après avoir exposé depuis mardi 70 œuvres un peu partout dans les espaces publics de Paris, la Foire internationale d’art contemporain (Fiac) ouvre ce jeudi 19 octobre ses portes au Grand Palais, et cela jusqu’à dimanche. Le rendez-vous incontournable du marché de l’art en France, mais aussi au niveau international, réunit 193 galeries de 30 pays pour sa 44e édition dont, pour la première fois, deux galeries issues d’Afrique du Nord : l’Egypte et la Tunisie.

    Poussez la grande porte du Grand Palais et vous vous retrouvez devant une sculpture en or et en flammes, cinq mètres de haut, et recouvert de feuilles d’or. Un conseil : ne vous laissez pas trop vite dévorer par Flame of Desire. Les 300 kilos risquent de vous coûter un peu cher. La galerie Perrotin demande quand même plusieurs millions d’euros pour cette œuvre de 2015 de l’artiste japonais Takashi Murakami... Pour refroidir vos idées, contemplez juste à côté la peinture acrylique It’s a cold day in Hell de Ricci Albenda, à la Gladstone Gallery. Cela vous permettra peut-être de trouver votre place dans l’art contemporain, entre le désir déchirant et l’enfer engloutissant.

    « Chacun peut interagir avec l’art »

    Et si vous vous mettiez au ping-pong ? Au stand de la galerie Chantal Crousel, c’est gratuit, même les deux raquettes et la balle sont fournies. En revanche, si vous voulez partir avec la table de ping-pong signée Rirkrit Tiravanija, il vous faut laisser un chèque de 70 000 dollars. Mais rassurez-vous, étant intitulée Demain est la question, il s’agit de toute façon d’un investissement dans l’avenir. Et vous contribuez ainsi à la devise de cet artiste thaïlandais né en Buenos Aires, basé entre Berlin, New York et la Thaïlande : « Chacun peut interagir avec l’art et se l’approprier ».

    Or, vous ressentez plutôt un penchant pour la nature et la féérie ? Allez planter un arbre ou penser au Jardin des délices de Jérôme Bosch, ce chef-d’œuvre du XVe siècle. Le cerisier fantastique de Raqib Shaw est peuplé de créatures mi-homme et mi-animal, et habité d’une incroyable force créatrice. Le branchage méticuleusement sculpté par cet artiste londonien né en Inde semble fragile, mais, renseignement pris auprès de la galerie new-yorkaise Pace, il est en bronze et montré pour la première fois. Avec sa folie nourrie de l’histoire de l’art, l’œuvre nous fait traverser les mythologies et les millénaires. Le voyage complet coûte 1,5 million de dollars.

    La galeriste tunisienne Selma Feriani à la Fiac 2017. Siegfried Forster / RFI

    « L’homme qui mesure les nuages »

    Bien sûr, vous pouvez aussi tout simplement venir (l’entrée est quand même à 37 euros et 20 euros pour les -26 ans) sans rien n’acheter et tranquillement faire le plein des idées. Vous ne seriez pas le seul. Lors du vernissage, Françoise Nyssen, la ministre de la Culture, s’est promenée souriante dans les allées de la Fiac et semble avoir trouvé une certaine inspiration pour sa mission auprès d’une sculpture en bronze tendant vers le ciel, L’homme qui mesure les nuages, de l’artiste belge Jan Fabre, exposée à la galerie Templon.

    Entretemps, la Fiac a toujours le vent en poupe. Dans les ventes d’art au niveau mondial, le poids de l’art contemporain a véritablement explosé. Depuis 2000 la part de l’art contemporain a augmenté de 3% à 15%. Quant aux Français, 16% ont déjà acheté une œuvre d’art contemporain et près d’un sur quatre sont prêts d’en acheter, selon une étude Artistics-OpinionWay, publiée en septembre dernier.

    La Tunisie fait son entrée à la Fiac

    Il fallait attendre la 44e édition pour que la Tunisie puisse faire son entrée à la foire internationale. Un retard à imputer à la Tunisie ou à la Fiac ? « C’est vrai, c’est la première participation d’une galerie tunisienne à la Fiac, explique la galeriste tunisienne Selma Feriani, mais les galeries n’étaient pas au niveau. Pour nous, on a été accepté au bon moment, parce que nos artistes sont en train d’évoluer et de plus en plus reconnus. Et il n’y a pas beaucoup de galeries en Tunisie. C’est pour cela aussi qu’il n’y a pas eu de galeries tunisiennes avant. »

    Basée depuis 2013 à Tunis et à Londres, Selma Feriani présente à la Fiac des œuvres entre 2 000 et 5 000 euros, à l’image d’une vidéo de l’artiste tunisien Ismaïl Bahri. Son art si délicat où un petit geste déclenche la transformation vient d’être célébré au Jeu de Paume. Il y a aussi des œuvres du très convoité artiste algérien Massinissa Selmani programmé à partir de février 2018 avec une exposition solo au Palais de Tokyo : « C’est de l’art minimal, avec une vraie économie de moyens, avec des gestes très simples, mais qui crée quelque chose de très fort : des messages politiques, sociaux, par exemple quand il reprend des passages de journaux et compose une scène complètement absurde. »

    « Nous sommes tous les victimes de nos propres fantasmes », C-Print de l’artiste égyptien Basim Magdy exposé par la galerie Gypsum à la Fiac 2017. Siegfried Forster / RFI

    Gypsum, la première galerie égyptienne

    Nous sommes tous les victimes de nos propres fantasmes affirme sur C-Print l’artiste égyptien Basim Magdy dans son nouveau travail. Il a étudié les beaux-arts au Caire et habite aujourd’hui à Bâle, en Suisse. Cette composition photographique éditée en cinq exemplaires est proposée par la galerie Gypsum à 30 000 euros. Ainsi elle fait enfin entrer l’Égypte dans l’histoire de la Fiac, sans pour parler autant d’un retard, remarque la galeriste Aleya Hamza : « Avant, les galeries égyptiennes ont tout simplement visé surtout une clientèle locale, nationale ou du Moyen-Orient. Et la Fiac est une foire internationale. Mon programme est aujourd’hui international. Je représente huit artistes, du Moyen-Orient et de la région, mais quelques-uns vivent aussi en dehors de l’Égypte. Donc la Fiac est une plateforme idéale pour ma galerie. »

    Un avis partagé par Priyanka Raja, fondatrice et directrice de la galerie Experimenter. Située à Calcutta, en Inde, elle représente des artistes du monde entier et parcourt les foires internationales sur tous les continents. En Inde, « le marché grandit, mais la compréhension de l’art contemporain est encore à ses débuts ». A la Fiac, elle montre le travail à la fois minimaliste et captivant, rigoureux et coloré, d’Ayesha Sultana. L’artiste qui est née et travaille à Dacca, la capitale du Bangladesh, n’a pas trouvé de galerie dans son pays natal, mais via l'Inde, elle est déjà entrée, à l’âge de 33 ans, dans plusieurs collections privées et publiques, « dont le Tate Modern à Londres ».

    Experimenter présente Ayesha Sultana

    Sa série de dessins à la gouache, Fragments, est toujours en cours et inspirée de bâtiments contemporains à Dacca : « Ensuite, je les ai transformés en quelque chose de plus abstrait. » Exprimées en toute modestie, ses images sont d’une finesse et d’une clarté extraordinaires. Interrogé sur ses influences ou modèles, on comprend pourquoi : elle admire aussi bien Giotto, le peintre florentin du Trecento, que Nasreen Mohamedi, la prêtresse indienne des lignes abstraites du XXe siècle, sans oublier Agnes Martin, l’artiste américaine aussi bien expressionniste et minimaliste, ou Eva Hesse, la sculptrice américaine d’origine allemande…

    En rassemblant à la fois 41 nouveaux exposants, 7 pays entrants et les galeries parmi les plus importantes du monde au Grand Palais, la Fiac a gagné son pari : rester à la fois incontournable et ouverte au monde entier.

    Françoise Nyssen (à dr.), ministre de la Culture, accompagnée par Jennifer Flay, directrice de la Fiac 2017. Siegfried Forster / RFI

    La Fiac, du 19 au 22 octobre au Grand Palais, Paris.

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