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    France

    Réouverture du musée franco-américain de Blérancourt

    media Une vue du musée franco-américain du Château de Blérancourt. Marc Poirier

    C’est un musée exceptionnel, mais peu connu, qui a rouvert ses portes, après onze ans de travaux. Le musée franco-américain, situé à Blérancourt, dans l'Aisne, dans le nord-est de la France, est consacré à l'amitié franco-américaine sous toutes ses formes. Cet ancien château du XVIIe siècle rénové, agrandi, plus lumineux, abrite une foule de documents : peintures, sculptures, photographies...

    A l’origine de ce musée se trouve un personnage hors du commun, l’Américaine Anne Morgan, fille du fondateur de la banque JP Morgan. Pendant la Première Guerre mondiale, cette philanthrope s’embarque sur un paquebot pour venir aider les blessés, près du front, en France.

    Anne Morgan, de l’hôpital au Bibliobus

    « Elle arrive à Blérancourt en 1917, explique Carole Gragez, l’une des conservatrices du musée, parce que, en 1917, on assiste au repli des Allemands sur la ligne Hindenburg. Anne Morgan va arriver en même temps que les troupes françaises et en particulier le 3e régiment de cavalerie français qui se met à reconstruire le village et à remettre en culture les terres. Elle est là, de nouveau, quand les Allemands sont en train de revenir, donc en 1918, et elle aide les civils lors de l’exode, puisque, cette fois-ci, on va les aider à fuir. Après l’armistice de 1918, elle est à Blérancourt et elle va créer un hôpital. La grande particularité d’Anne Morgan est aussi d’avoir créé le principe du Bibliobus tel qu’on l’appelle actuellement. On le voit sur une photographie exposée : une Ford T dans laquelle on a installé une étagère. Cela permettait de venir à la rencontre de la population pour mettre à disposition des livres. »

    Le musée de la Coopération américaine

    Anne Morgan finira par racheter le château de Blérancourt. Et c’est à ce moment-là qu'elle fondera le musée de la Coopération américaine, en 1924. Aujourd'hui, les collections permettent de comprendre comment les idéaux des Lumières - la démocratie, la liberté - ont inspiré les Américains lors de la Guerre d'indépendance entre 1776 et 1783. On voit comment le Français Gilbert de La Fayette a combattu pour l'indépendance des États-Unis. En retour, des Américains sont venus se battre en France lors des deux guerres mondiales, avant même l'entrée en guerre officielle des États-Unis.

    Plusieurs documents retracent l'épopée de l'escadrille La Fayette, ces pilotes américains engagés dès 1916 aux côtés des Français et qui s'étaient choisis deux vrais lionceaux comme mascottes.

    Le western français

    Au détour d'une salle, on tombe aussi nez à nez avec un chef indien, une magnifique parure plus exactement. « Ce costume indien est un costume sioux, donc composé d’une coiffe ornée de plumes d’aigles royales, d’une veste brodée, de scènes biographiques avec des chefs indiens sur leurs chevaux, et également de jambières et de mocassins, tous brodés de très fines perles de verre, détaille la conservatrice Mathilde Schneider. Ce costume incarne une très belle amitié entre Spotted Weasel, un chef oglala de la réserve de Pine Ridge (Dakota du Sud) et Joe Hamman (1883-1974) qui fut à l’issue de son retour aux États-Unis en 1904 le premier réalisateur de western français. » Le Français Joe Hamman tournera plusieurs westerns dans le sud de la France, en Camargue.

    Le dialogue franco-américain en peinture

    Particulièrement frappant au musée de Blérancourt est le dialogue entre les peintres des deux pays, France et États-Unis. Par exemple entre Rue de Broadway du Français Hippolyte Sebron et Place de la Bastille de l'Américain Frank Myers Boggs.

    « Dès le début du XIXe siècle, les artistes français sont fascinés par les grands paysages qui vont devenir l’apanage des grands maîtres et peintres américains, notamment de la Hudson River School, mais également par les tumultes des villes américaines, avance Mathilde Schneider. Ici, sur ce tableau d’Hippolyte Sebron datant de 1855, on voit tout d’abord cette enfilade architecturale interminable de cette Rue de Broadway sous la neige. Une population extrêmement diversifiée anime toute cette scène : des officiers, de jeunes femmes en robe avec leurs manchons de fourrure, les différents coches qui sont des luges, parce qu’il faut traverser la ville en pleine neige… Et également des drapeaux des jeunes États-Unis qui flottent sur plusieurs immeubles de cette enfilade de la Rue de Broadway. »

    L’artiste américain influencé par l’impressionnisme français

    Quant au tableau de la Place de la Bastille, Carole Gragez nous explique : « Frank Myers Boggs est typiquement un artiste qui va finir à être influencé par le style impressionniste français. On voit donc la Place de la Bastille par temps gris et pluvieux avec un très beau travail sur la représentation du reflet de la pluie. La Place de la Bastille, qui, à l’époque, était dans un quartier tout à fait ouvrier, avec des fumées des usines à l’arrière-plan, donc typiquement un sujet impressionniste. Ce qui montre que les artistes américains de l’époque sont extrêmement influencés par les Français. »

    Vue de l'intérieur du musée franco-américain du Château de Blérancourt. Marc Poirier

    Écouter notre Rendez-vous Culture sur la Réouverture du musée
    Le musée franco-américain à Blérancourt

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