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    Culture

    [La vie des mots] Les Serbes rament à Rambouillet

    media La couverture du dernier livre de Denis Hirson, «Ma langue au chat, Tortures et délices d’un anglophone à Paris». Editions Points

    « Le français est devenu ma main gauche », écrit joliment Denis Hirson, installé en France depuis 1975. Contraint de quitter l’Afrique du Sud et souhaitant éviter Londres, il a désormais apprivoisé le français, sans perdre sa capacité d’étonnement. Il nous livre ainsi un petit bijou*.

    Présenté comme écrivain et comme poète, il s’amuse quand on appose ce double qualificatif à un homme de lettres, car personne ne dit « charpentier et artisan », « pédiatre et médecin ».

    Les Inuits ont une cinquantaine de mots pour la neige, les Zoulous pour la robe de leur bétail, les Français en ont autant pour le pain, ce qui donne parfois des explications curieuses : « une tordue, c’est comme une tradition ».

    Parmi les malentendus, l’auteur s’est longtemps demandé pourquoi ses amis allaient en septembre écouter les Serbes ramer en forêt de Rambouillet. Les cerfs n’ont qu’à se tenir tranquille, quoi !

    Dans la langue française, il affectionne le mot regard qui se lance, détache, sollicite, se promène… On peut « lire dedans », « l’esquiver », voire même fusiller du regard…

    Il évoque le plaisir libératoire de pouvoir jurer en français. En revanche, le genre des mots reste un vrai cauchemar. Pour Denis Hirson, une prison s’écrit forcément au masculin et un rêve au féminin. Ses étonnements portent sur nos expressions courantes : « il fait jour », « ma première langue, c’est l’allemand ».

    Récemment, un employé municipal a refusé d’inscrire un enfant breton dont le prénom comportait un ñ. Adine Hirson a dû batailler ferme pour que leur fils Jeremy soit exempté d’accent.

    Parmi toutes les belles formules trouvées par Denis Hirson, citons sa remarque sur Georges Pérec, célèbre pour son roman sans le moindre e. Il a « écrit La disparition, sans ses parents tués pendant la guerre, sans eux ».

    Ou bien cette comparaison : « Alors que l’anglais s’étend à l’horizontal, s’inscrit concrètement dans les choses et les actes, la langue française, elle, monte à la verticale, tend vers le ciel et veut englober la terre ».

    Et terminons sur cette forme de poème :

    J’aime que ça glisse dans réglisse

    Qu’il y ait chiche dans pois chiche

    J’aime le mot son dans paillasson

    mou dans mouton

    crêpe dans crépuscule

    tissage dans apprentissage

    rage dans courage

    sage dans message

    ange dans ça s’arrange.


    *Denis Hirson, Ma langue au chat, Tortures et délices d’un anglophone à Paris, Points, 2017

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