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    Alice Zeniter décroche le Prix Goncourt des lycéens 2017 avec «L’art de perdre»

    media Portrait de la romancière Alice Zeniter. Son roman «L'art de perdre» a décroché le prix Goncourt des lycéens 2017. Astrid di Crollalanza/ Flammarion

    « L’art de perdre » ou comment on décroche le prix littéraire le plus vendu en France. L’écrivaine Alice Zeniter, 31 ans, a remporté ce jeudi 16 novembre au troisième tour la 30e édition du Goncourt des lycéens. L’histoire raconte les non-dits de la guerre d’Algérie à travers le destin d’une famille devenue française, héritière d’un grand-père harki.

    Elle a perdu deux finales lors des prix Goncourt et Femina pour remporter aujourd’hui le Graal pour la vente de livres en France, le prix Goncourt des lycéens. Dans L’art de perdre (Flammarion), la romancière Alice Zeniter nous fait vivre l’épopée d’une famille algérienne. Naîma, une jeune femme narratrice, nous fait suivre pendant trois générations le destin de la famille Zeccar. L’histoire démarre en Algérie, se poursuit avec le départ, après l’indépendance en 1962, vers la France et fait apparaître les tracés toujours brûlants d’un passé douloureux.

    Incruster les harkis dans le récit historique

    Avec une sensibilité romanesque et psychologique certaine, Alice Zeniter incruste les harkis dans le récit historique. Ici, les petits détails dévoilent la grande histoire et font ressurgir le passé dans le présent. Ainsi Naïma, son père Hamid et son grand-père Ali vont enfin partager la même histoire, la leur. Une histoire particulière, où la décision du grand-père, un montagnard kabyle, de s’engager dans l’armée française, définit encore l’identité de sa petite fille dans le Paris d’aujourd’hui. Dans le quatrième roman d’Alice Zeniter le silence et la transmission s’entrechoquent au sein d’une famille. Et ce n’est certainement pas anodin que l’écrivaine se soit inspirée de l’histoire de sa famille paternelle.

    Le jugement des lycéens vaut de l’or

    Annoncé ce jeudi par le jury de treize lycéens délégués régionaux réunis à l’Opéra de Rennes, le prix représente le verdict de deux mille lycéens de toute la France. Choisi lors de la création du prix en 1988, ce mode de sélection s’est avéré aussi pertinent que viral. Le jugement des lycéens vaut de l’or. Avec une moyenne impressionnante de 443 000 exemplaires vendus, le Goncourt des lycéens a entretemps même doublé l’exploit de son aîné, le prestigieux Goncourt avec ses traditions centenaires, ses débats à n’en pas finir accompagnés d’un repas gastronomique.

    Donc, selon une étude de l’institut Gfk, c’est aujourd’hui le prix des jeunes qui donne le la, devant le prix Goncourt avec 400 000 exemplaires vendus, le Renaudot avec ses 221 000 exemplaires ou les 83 000 du Femina.

    ► Écouter : Invité Culture : «L'art de perdre», nouveau roman d'Alice Zeniter, rfi 28/9/2017
    ► Écouter : VMDN : Alice Zeniter remplit les silences, rfi 14/9/2017
    ► Lire : «Made in Algeria», les tracés toujours brûlants d’un passé douloureux, rfi 30/3/2016

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