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    Afrique

    [Du côté de chez Mandela] Noah, galère métisse

    media Trevor Noah, le 7 novembre 2017. Bob Woodruff Foundation/AFP

    En Afrique du Sud, le best-seller de la saison est un livre de souvenirs*. Trevor Noah, brillant animateur de programmes télévisés aux Etats-Unis, raconte son enfance à Soweto. Sa naissance même était un délit : sous l’apartheid, Noirs et Blancs ne pouvaient avoir de relations sexuelles.

    La mère de Trevor est une Xhosa dotée d’une forte personnalité : toute jeune, elle quitte le Transkei, survit dans le quartier « gris » de Hillbrow et devient secrétaire. Pilier d’église, elle demande à un Suisse taciturne de lui faire un enfant. Un acte passible de cinq ans de prison.

    Trevor nait en 1984 et connaît l’enfance difficile des gamins de Soweto, sous la férule à la fois exigeante et aimante de sa mère. Il se rend à Hillbrow le dimanche où son père lui mitonne ses plats favoris. Ce personnage discret déménage bientôt au Cap.

    Pas facile d’être métis. Surtout en Afrique du Sud où cette catégorie disparate parle surtout afrikaans. Or, Trevor s’exprime d’abord en xhosa et en anglais. Il lui arrive de se faire tabasser par des garçons métis. D’un autre côté, sa famille xhosa le traite gentiment, mais comme un Blanc.

    Sa mère le met dans des écoles mixtes (notamment H.A. Jack qui abrita un temps l’école française de Johannesburg) où il sympathise avec les Chinois. Il se distingue par sa débrouillardise, devient spécialiste du copiage de CD, puis excelle dans l’animation musicale.

    Un de ses copains danseurs se prénomme Hitler. Noah explique longuement que les Noirs sud-africains ne connaissent pas bien le personnage, mais qu’ils savent qu’il était puissant et donnait du fil à retordre aux Anglais. En effet, au zoo de Johannesburg, c’est un dénommé Hitler Mazibuko qui nourrit les lions.

    « Avec Mandela vint la liberté – avec la liberté vint McDonald’s ». Noah ne cache pas sa fascination pour la nourriture américaine.

    Un samedi soir, il « emprunte » la voiture de son beau-père, bricoleur qui manipule un jeu de plaques d’immatriculation. Arrêté par la police, le jeune Noah passe une semaine au poste, avant de comparaître au tribunal pour conduite de voiture volée. Cette expérience au milieu des détenus silencieux le marque, même s’il bénéficie de la protection d’un géant avec lequel il échange quelques mots en xitonga. Libéré sous caution, il comprend que sa mère a fourni la somme nécessaire.

    Cette mère admirable que Noah vénère n’est pas sans faiblesse. Elle épouse un homme parfois charmant, mais qui la bat sous l’effet de l’alcool. Un jour, furieux de la voir passer son temps à l’église, il lui tire dessus. Elle survit miraculeusement à sa blessure à la tête.

    Noah nous livre avec vivacité et humour un éclairage peu banal sur la vie à Soweto. Il force un peu le trait sur les risques encourus par sa mère en choisissant un géniteur blanc pour son enfant : à l’époque, l’apartheid se fissurait déjà, la loi sur l’interdiction des mariages mixtes fut levée dès 1985. On devine en creux que la difficulté à trouver sa place en Afrique du Sud poussera Trevor Noah à tenter l’aventure en Amérique.


    Trevor Noah, Born a Crime And Other Stories, MacMillan, 2016

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