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    Afrique

    [La vie des mots] Don de livres : prudence, prudence

    media Vous pensez faire œuvre utile en envoyant vos livres dans des pays qui en manquent cruellement… Il convient d’abord de se demander si ces livres sont vraiment souhaités par les bénéficiaires. Abhi Sharma/abee5 CC BY 2.0

    Spontanément, vous pensez faire œuvre utile en envoyant vos livres dans des pays qui en manquent cruellement. Œuvre utile ? Pas si sûr ! La générosité n’empêche pas un instant de réflexion.

    Il convient d’abord de se demander si nos livres sont vraiment souhaités par les bénéficiaires. Je me souviens avoir aperçu l’œuvre complète de Furetière au Centre culturel français de Zomba, au Malawi, aujourd’hui disparu. Qui, en Afrique (et même en France), s’intéresse aux travaux de ce lexicographe et fabuliste du XVIIe siècle ?

    Tous, nous devons nous adapter à la mondialisation culturelle. Pour autant faut-il tout raboter à l’aune de trois ou quatre langues mondiales ?

    Nos livres en anglais, français, portugais sont-ils toujours les bienvenus quand il convient de faire vivre les langues locales ? Les unes après les autres, les études montrent que l’on apprend d’autant mieux une langue étrangère que l’on a commencé sa scolarité dans sa langue maternelle. Le français est une langue de communication en Afrique, rarement une langue maternelle. L’intérêt bien compris de la diffusion du français sur le continent repose sur le respect des langues nationales.

    L’édition en langue locale doit donc être encouragée, et surtout pas fragilisée par des dons de livres intempestifs. L’arrivée massive de livres d’Europe ou d’Amérique n’est pas forcément une bonne perspective pour la chaîne du livre en Afrique. Les éditeurs et les libraires se battent souvent dans des conditions économiques difficiles. L’ombre de la censure plane dans de nombreux pays.

    Le débat s’est posé récemment avec la signature d’une convention entre le gouvernement ivoirien, le Syndicat national du livre (SNE) et la société Electre. Il prévoit l’envoi de 5 000 livres par an en Côte d’ivoire, portant sur trois catégories : littérature générale, livres pour la jeunesse, sciences humaines. Si cette convention est signée pour trois ans, cela signifie que 15 000 ouvrages vont aboutir dans les bibliothèques ivoiriennes. Le SNE a noté qu’il était « primordial » de ne pas mettre en danger les professionnels locaux.

    Mais concrètement, comment va-t-on faire ?

    J’aimerais en savoir plus sur les ouvrages qui seront expédiés. Sont-ce des livres promis au pilon en France ? Qui les choisira ? La convention veut œuvrer pour une meilleure connaissance des livres de chaque pays. Chiche ! Est-ce que les bibliothèques françaises vont acheter 15 000 livres ivoiriens ?

    A l’Alliance française de Johannesburg, j’ai reçu jadis Mme Dominique Pace de l’association Biblionef. Elle se propose d’envoyer des livres en Afrique. La situation précaire du français en Afrique du Sud n’a pas justifié un envoi massif d’ouvrages.  Avec d’autres associations, Biblionef a élaboré une charte du don de livre, qui souligne : « Il prend tout son sens quand il est accompagné d’autres actions qui permettent l’échange de savoir-faire et une meilleure connaissance réciproque. »

    L’Afrique ne manque ni d’écrivains, ni de conteurs, ni de philosophes. Il me semble équitable que les éditeurs africains puissent aussi bénéficier de leurs travaux, voire en priorité.

    Une approche judicieuse consisterait à les associer aux dons de livres.

    Une autre idée est avancée : pourquoi ne pas monétiser le don ? L’argent mis ainsi à disposition permettrait de multiplier les rencontres entre professionnels français et africains. Ils pourraient ainsi discuter de sujets précis, comme la cession de droits.

    Continuons à encourager la bonne volonté, mais sachons inclure tous les professionnels dans la boucle des échanges, et surtout, inscrivons nos partenariats dans le long terme.

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