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    Culture

    Elena Ferrante conclut sa saga au-dessous du volcan napolitain

    media « L'enfant perdue », l'ultime volet de la saga qui a débuté avec « L'amie prodigieuse ». ®Gallimard

    Le succès de la série de romans autour de L’amie prodigieuse, quatre livres publiés par Elena Ferrante, voit son dénouement arriver en France ce jeudi 18 janvier. L’enfant perdue, ultime tome consacré aux destins de Lenu et Lila et de leurs éruptives aventures napolitaines clôt un succès mondial en librairie et va rassasier les nombreux fans impatients.

    La France aura dû patienter avant de pouvoir enfin dévorer le roman qui clôt la saga d’Elena Ferrante. Succès international, ces deux destins de femmes italiennes, Lila Cerullo et Lenu Greco, ont captivé les lecteurs des trois premiers tomes de la saga qui se sont vendus en France à un million neuf cent mille exemplaires (en grand format et en poche). En Italie, la tétralogie est sortie chaque année entre 2011 et 2014, soit plus de deux milles pages en quatre ans. La saga autour de cette amie prodigieuse est l’occasion unique de découvrir le destin de deux femmes aux prises avec leur temps, mais aussi et surtout leurs familles et l’éruptive ville de Naples… Pour décrire cet enchevêtrement Elena Ferrante utilise une expression italienne, frantumaglia : fragments d'origine incertaine qui crépitent dans la tête. Alors qu’est-ce qui crépite dans la tête de chacun ? De quoi est-on fait ? Comment se construire et évoluer au creux d’un chaudron où surnagent la famille, les rêves, les amours et les morts ? C’est tout cela qu’Elena Ferrante met en pages.

    « On vit au rythme de l’écriture et du souvenir »

    Pour ce tome quatre, Lila, Lenu, Nino et les autres sont, bien évidemment, de retour et on ne va pas vous dévoiler quoi que ce soit, hormis que c’est un peu le temps des bilans. Jean- Noël Schifano, écrivain et son premier traducteur, a pris le temps d’expliquer le travail d’Elena Ferrante et les raisons de son succès en librairie : « Avec la tétralogie de L’amie prodigieuse, on vit au rythme de l’écriture et du souvenir. Elle nous fait voir l’écriture, mais aussi elle se fait voir écrivant, puisque son héroïne est un écrivain à succès. Les miroirs sont tendus et on est dans la création. »

    Car Elena Ferrante ne le cache pas, l’écrivain est pris entre deux étaux : vivre ou écrire ? Elle exprime même dans une interview au New Yorker (la saga a connu un succès exceptionnel aux États-Unis) qu’écrire, prendre le temps de s’arrêter et mettre en mots son histoire est un acte de fierté. « C’est cela en fin de compte qu’on a entre les mains : un auteur à succès nous montre sa vie quotidienne, son amitié passionnée et ses passions amoureuses » commente Jean- Noël Schifano.

    « La ville de Naples est incarnée par les personnages mais elle ne s’incarne pas elle-même. » ®Gallimard

    Habités par les énergies de chacun, électrisés ou poreux jusqu’à s’en dissoudre

    Dans les quatre volumes, Lena Greco utilise la disparition de son amie Lila pour partir à sa recherche de façon littéraire, raconter leurs parcours et au final mieux se comprendre elle-même. Les protagonistes qui apparaissent au fil de l’histoire sont comme habités par les énergies de chacun, électrisés ou poreux jusqu’à s’en dissoudre. L’ensemble de ces interconnexions représentent un même cœur qui bat au rythme du roman. « Elena Ferrante revendique comme référence littéraire française : La femme rompue de Simone de Beauvoir et Madame Bovary de Gustave Flaubert. » Deux livres autour de la situation exiguë dans laquelle deux héroïnes peinent à évoluer dans une société qui les contraint. L’amie prodigieuse et les tomes qui suivent dépeignent des destins de femmes, où rien n’est caché de la découverte amicale, amoureuse, de la sexualité vécue, du politique défendu et de la difficulté d’être amoureuse et mère. Cette volonté de dévoilement, de mise à nu, de combats féminins donnent au roman une résonance très actuelle.

    « Le tour de force du roman est aussi que la ville de Naples est incarnée par les personnages, mais elle ne s’incarne pas elle-même. Il y a comme un plan de la ville, on passe d’une rue à une place mais il y a très peu de description, la ville reste fantomatique. » Jean-Noël Schifano a été un des premiers à découvrir cet auteur : « Je venais de donner le prix Elsa Morante avec mon jury, en 1992, à son premier roman : L’amour harcelant. Les éditions Gallimard m’ont appelé pour savoir si je pouvais le traduire. J’ai dit oui tout de suite, car je le trouve très beau, très fort. Elle est ainsi entrée chez Gallimard… Pas avec le roman le plus populaire, mais il contient les racines de tout le reste. Tous les thèmes sont déjà dans ce premier roman et seront développés par la suite dans la tétralogie. »

    « Elle a disparu, je la recherche ! C’est le pari ! »

    Elena Ferrante c’est rythme endiablé, joyeux, fou et très à fleur de peau, avec une écriture près du corps. « C’est une course poursuite entre apparition et disparition, les deux amies sont comme les revers de la même médaille. Tu disparais et je te recherche, c’est un défi, l’écriture est toujours un défi. Il y a la recherche du temps perdu, et là c’est la recherche de l’amie perdue et en recherchant l’amie en chair et en os on retrouve le temps qui s’est perdu,  l’une efface les traces, l’autre écrit les traces. Le défi est planté dès les premières pages du premier tome : »

    Lila va trop loin, comme d’habitude, ai-je pensé.
    Elle élargissait outre mesure le concept de trace. Non seulement elle voulait disparaître elle-même, à soixante-six ans, mais elle voulait aussi effacer toute la vie qu’elle laissait derrière elle.
    Je me suis sentie pleine de colère.
    Voyons qui l’emporte cette fois, me suis-je dit.
    J’ai allumé mon ordinateur et ai commencé à écrire notre histoire dans ses moindres détails, tout ce qui me restait en mémoire.

    « Elle a disparu, je la recherche ! Elle a effacé toute vie, eh bien je vais retrouver son existence ! C’est le pari ! » s'enthousiasme Jean-Noël Schifano. Le premier tirage du tome quatre, L’enfant perdue, dans la collection Du Monde Entier, est de 150 000 exemplaires.

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