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    France

    «Ex Anima» de Bartabas, «les acteurs sont les chevaux»

    media Bartabas, fondateur du théâtre équestre Zingaro, pose avec l’un de ses chevaux de la pièce « Ex Anima ». Martin BUREAU / AFP

    La compagnie Zingaro fête ses trente ans. Trois décennies de spectacles équestres sous le chapiteau au fort d’Aubervilliers dans le nord de Paris où Bartabas a créé avec sa compagnie d'hommes et de chevaux - comme il aime la définir - des spectacles magiques flirtant avec les cultures les plus diverses. De la fête des Morts au Mexique à la culture tibétaine, il enchante son public. Et chaque fois cet artiste hors normes nous emmène encore plus loin… Avec « Ex Anima », il laisse la scène aux chevaux quasi sans bride. Entretien.

    RFI : Bartabas, Ex Anima, c’est le titre de votre dernier spectacle et vous dites que c’est l’ultime. C’est cela ?

    Bartabas : Oui, c’est le dernier en date. On verra. Disons que vu le caractère très particulier de ce spectacle, c’est vrai qu’il peut être considéré un peu comme l’aboutissement de toute une démarche depuis trente ans avec Zingaro. Puisque Zingaro, comme vous le savez, s’appelle théâtre équestre, et là, vraiment, dans ce spectacle on peut dire que les acteurs sont les chevaux.

    Presque livrés à eux-mêmes sur scène.

    Oui, c’est le fruit d’une réflexion, la question qui s’est posée au départ lors des répétitions. On avait envie de rendre hommage aux chevaux. Le théâtre équestre est une compagnie qui est mi-hommes, mi-chevaux. La grande différence entre les hommes et les chevaux est que les hommes ont choisi de travailler avec moi et les chevaux on a choisi pour eux. Donc on trouve qu’ils nous servent quand même avec générosité depuis trente ans, donc on s’est dit qu’avec ce spectacle-là, ce serait vraiment bien de leur rendre hommage.

    Donc on s’est retirés, on a même travaillé un peu comme des acteurs de Bunraku, des marionnettes japonaises. C’est-à-dire être là sans être là. D’avoir une présence comme des ombres. C’est particulier. Les rôles sont un peu inversés. Les spectateurs et nous-mêmes, d’ailleurs, nous nous retrouvons à observer les chevaux comme des acteurs. Et les chevaux nous parlent d’humanité en fait.

    Comment cela se passe-t-il pratiquement ? Comment les chevaux entrent en scène, savent ce qu’ils doivent faire… ?

    C’est un spectacle qui est assez particulier parce qu’il est presque improvisé un peu tous les soirs, puisque c’est moi qui donne le temps de la longueur des séquences en fonction de ce qui se passe. Mais ça a été très long à mettre en place. Il a fallu presque huit mois de répétition, parce que c’est quelque chose qui n’avait jamais été fait. Il ne s’agit pas vraiment de dressage des chevaux. La plupart du temps ce sont des tableaux qui sont construits sur l’instinct des chevaux, le comportement instinctif des chevaux, comme un cheval qui se fait rejeter d’un groupe, par exemple. Et donc c’est quelque chose qu’il a fallu avancer vraiment à tous petits pas pendant les répétitions. Dès qu’on voyait les prémices de quelque chose d’intéressant ne pas gâcher, ne pas enlever le moteur de ce qui fait bouger les chevaux. Et donc, une fois que cela a été détecté, il a fallu le construire et ensuite faire comprendre aux chevaux que c’était leur moment.

    Dans cette façon de laisser les chevaux seuls sur scène, on a l’impression de remonter aux origines du temps, quelque chose de très poétique. Et vous avez choisi pour cela une musique qui est juste faite avec le souffle, puisque ce sont des flûtes.

    Le souffle de l’âme. C’était l’idée, justement, puisque c’est effectivement très primitif. J’ai cherché une musique qui soit la plus proche des origines. L’origine de la musique produite par les humains, c’est le souffle, c’est la flûte. C’est le premier instrument soufflé et la percussion qui sont les deux instruments originels. Ce qui m’a intéressé aussi c’est de mélanger. J’ai constitué un groupe, un assemblage de quatre solistes. Il y a un maître de flûte japonaise, un maître de flûte chinoise qui joue de la guimbarde aussi, un maître de toutes les flûtes celtiques. C’est toujours sur la notion du souffle et de la percussion. En même temps, on ne peut pas y associer une culture. C’est ça qui m’intéressait.

    Le spectacle se clôt par une saillie. Un étalon, mais avec un mannequin. C’est la vie. Avez-vous voulu finir sur la vie ?

    Si vous le dites… Je n’explique jamais les tableaux. C’est à chacun de réagir justement. C’est une ouverture aussi. Et puis ça voulait aussi évoquer tous les rituels des animaux, pratiqués depuis des siècles, qui n’existent plus - heureusement - maintenant. Mais il y a eu beaucoup de rituels sacrificiels avec des animaux. Dans beaucoup de cultures, dans le monde entier. Et là c’était un peu comme un rituel du printemps.

    Outre le fait de rendre hommage à nos chevaux, je voulais rendre hommage aussi aux chevaux en général. À ce qu’ils ont apporté à l’humanité. Depuis des siècles et des siècles, le cheval a aidé l’homme à grandir. Il lui a permis de se transporter, de guerroyer, de travailler. Il a été son compagnon. Et on peut presque dire que le XXIe siècle est même le siècle où l’homme a abandonné le cheval qui n’est plus qu’un objet, maintenant, de sport et de loisir. Donc cela m’intéressait de rendre hommage à cela.

     Écouter l’interview avec Bartabas sur Ex Anima

    Ex Anima de Bartabas, jusqu'à fin mars à Paris, ensuite en tournée pour revenir de nouveau dans la capitale en automne.

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