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    Europe

    Georg Baselitz, rétrospective géante du grand peintre allemand

    media L’artiste allemand Georg Baselitz (ici dans son atelier en 2014) a fêté cette année 2018 son 80e anniversaire avec une rétrospective à la Fondation Beyeler. © Peter Knaup

    C’est l’un des peintres les plus singuliers et les plus côtés sur le marché de l’art contemporain. À l’occasion du 80e anniversaire de Georg Baselitz, la Fondation Beyeler, près de Bâle, consacre à l’artiste allemand une vaste rétrospective. Une centaine de toiles et sculptures réalisées entre la fin des années 1950 jusqu’à 2017 et présentées sur 1 500 mètres carrés, en présence de ce monstre sacré, dans les espaces de l’institution suisse, conçus par l’architecte italien Renzo Piano.

    Georg Baselitz n'a rien perdu de son mordant. C'est tout simplement l'un des artistes les plus renversants, dans le sens où il peint ses toiles à l'envers à partir de la fin des années 1960. Des portraits la tête en bas, devenus sa marque de fabrique.

    « Je n’ai pas retourné le monde, explique Georg Baselitz. J’ai juste mis les tableaux à l’envers. Mon problème c’est que l’univers pictural est trop étroit. J’ai toujours exprimé mes doutes vis-à-vis de la tradition en allant à l’encontre de ce qui se faisait. Dans chaque tableau s’exprime une convention, une attitude – haut, bas, droite, gauche, devant, derrière, etc. Et si vous contredisez tout cela en tant qu’artiste, vous êtes sur le bon chemin. Ça, c’est le plus important : ne pas être social. Sinon, vous n’aurez qu’à devenir ministre de la Culture. »

    Un artiste hors normes

    On l’a compris, la politique n'est pas dans ses cordes et le parcours de cet artiste hors normes loin d'être carré; il semble plutôt semé de péripéties. Avant de prendre pour pseudonyme le nom de sa ville natale Deutschbaselitz, située en Saxe, en Allemagne de l'Est, Hans-Georg Kern, né le 23 janvier 1938 comme fils d'instituteur, a dû se battre pour devenir artiste. Il est même passé par un examen d'entrée pour une école forestière.

    « Mes parents craignaient que si je continuais ainsi, ça finisse mal, se souvient Georg Baselitz. Et garde-forestier était un métier sûr, d'autant plus que j'aime la nature. Leur deuxième tentative était de me caser dans une manufacture à Meissen pour décorer la porcelaine. Là encore, j'ai refusé afin de devenir récalcitrant peintre. »

    « Outrage à la pudeur »

    Donc, il s'obstine et tente l'inscription à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde, en vain. Ensuite, il se fait renvoyer des Beaux-Arts de Berlin-Est pour « manque de maturité sociopolitique », mais obtient finalement son diplôme de l'autre côté du mur et finit la même année devant les tribunaux pour « outrage public à la pudeur, pornographie et insulte à l'Allemagne ». C’est toute une histoire.

    En fait, à Berlin, en 1963, Georg Baselitz se fait confisquer dès sa première exposition deux peintures, dont l'une ouvre l'exposition à la Fondation Beyeler. Intitulé Die große Nacht im Eimer (« La Grande nuit est fichue »), cette toile montre un adolescent torse nu qui tient son membre viril d'une grandeur disproportionnée. Pire encore : même si tout est flou, la mèche de cheveux noirs sur le côté et la culotte courte façon jeunesse hitlérienne ne manquent pas de provoquer d'effet dans le contexte de l'époque.

    (À g.) Georg Baselitz : « Frau Ultramarin », 2004, 295,5 x 94 x 107 cm. DASMAXIMUM KunstGegenwart, Traunreut; (à dr.) « Avignon ade » (2017), 480 x 300 cm. Collection privée. Georg Baselitz, 2018, photos : Jochen Littkemann, Berlin

    Georg Baselitz et les tabous allemands

    « On essayait de tout faire pour oublier la guerre, analyse Martin Schwander, commissaire de l'exposition. Et là, avec ce personnage très agressif, très sexualisé, il a provoqué la société allemande et touché un nerf. C’est un des premiers qui a essayé d’approcher très directement tous ces thèmes tabouisés, la question de culpabilité de cette période très pauvre de l’après-guerre en Allemagne. »

    Georg Baselitz est un artiste qui déroute, qui dérange, qui rend mal à l'aise et qui taille ses sculptures à la tronçonneuse. Pourquoi peint-il à l'envers ? Tout simplement, parce que pour lui, c'est le meilleur moyen de porter l'intérêt sur la peinture et non sur le contenu.

    Ces « grosses saloperies si merveilleusement exposées »

    « Il a dû au fond se libérer de ses fantasmes, affirme Martin Schwander. Et un moyen de se libérer de ses fantasmes, c’était de donner moins d’importance au motif et en même temps en changeant de motif. C'est-à-dire travailler avec des photographies qu’il a prises lui-même - souvent des bâtiments, des paysages, beaucoup de photos de sa femme - et créer une peinture intéressante en partant d’un motif banal. Ce n’est pas un tableau qu’il inverse après coup, c’est peint à l’envers dès le début. La preuve, c’est tout simple. Par exemple, si vous prenez un tableau comme le Mangeur d’oranges et vous inversez le tableau, vous verrez que la composition ne fonctionne plus. »

    Et aujourd’hui, l’octogénaire est-il devenu sage ? Réponse de Georg Baselitz lors du vernissage : « Les plus grosses saloperies ou conneries que j'ai faites sont maintenant si merveilleusement exposées. »

    Georg Baselitz : « Fingermalerei – Adler », 1972. Huile sur toile, 250 x 180 cm. Bayerische Staatsgemäldesammlungen, Pinakothek der Moderne, Wittelsbacher Ausgleichsfonds, Munich. © Bayer&Mitko - Artothek

    À écouter : notre Rendez-vous Culture du 1/2/2018 est consacré à Georg Baselitz
    Georg Baselitz, rétrospective à la Fondation Beyeler, près de Bâle, jusqu'au 29 avril.

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