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    L’histoire de la ségrégation raciale aux États-Unis en bande dessinée

    media Détail d'une planche du roman graphique « Cinq branches de coton noir », d'Yves Sente (scénario) et Steve Cuzor (dessin). Editions Dupuis

    La BD « Cinq branches de coton noir » raconte le destin de héros ordinaires et inconnus afro-américains, liés par la quête d'un drapeau particulier. Une des toutes premières bannières étoilées qui contient, dans sa doublure, une étoile noire cachée. Derrière cette intrigue romanesque et inventée apparaît l'histoire de la ségrégation raciale aux États-Unis. Un roman graphique écrit par Yves Sente et dessiné par Steve Cuzor.

    Philadelphie, 1776. La domestique noire d'une couturière transforme en secret le premier étendard des indépendantistes américains. Elle y cache une étoile noire sous la doublure...

    Douvres, 1944. Un soldat noir américain participe avec d'autres Monuments Men (membres d’un commando spécial pour récupérer des œuvres d’art spoliés par les nazis) à une mission secrète : récupérer en Allemagne ce tout premier drapeau, cette bannière étoilée particulière.

    Une bannière étoilé

    Le scénariste Yves Sente a eu l'idée de cette histoire sur deux époques en repensant à ses années d'adolescence passées aux États-Unis. « Tous les lundis matins à l’école, c’est toujours : debout, la main sur le cœur, tourné vers le drapeau, qui est dans chaque classe. Et puis, il y avait une autre anecdote : une soirée de jeunes de 18 ans, il y a un gars qui m’invite et qui me dit : tu viens de Belgique ? J’ai un cadeau pour toi. Il monte, et redescend avec un drapeau qu’il m’offre. Qui offre un drapeau de son pays à un type qu’il rencontre à une soirée ? Donc, tous ces souvenirs me sont remontés et je me suis dit : cela pourrait être un bel objet de quête pour ces soldats, cette bannière étoilée. C’est un symbole fort dans le monde entier. »

    Pour cette bande dessinée sur la quête d’un drapeau, le dessinateur Steve Cuzor, qui vient de l'école du noir et blanc, a dû adopter un graphisme plus réaliste, mais néanmoins très incarné. « Le premier travail, c’est quand même de voir où se trouve la documentation. Comment est foutu un char allemand, un char tigre, ou même les costumes en 1776. Donc, mon souci, ce n’était pas du tout de dessiner tous les boulons d’un tank… Je ne suis pas dessinateur de reportages. Moi, j’aime, quand, tout d’un coup, cela vibre et qu’on sent l’humain derrière. »

    L'histoire semble tellement véridique

    Le lecteur sent tellement l'histoire humaine et les émotions qu'il peut finir par se dire que tout est vrai. Or, « bien sûr c’est une fiction, revendiquée comme telle. Mais, nous avons essayé de donner une crédibilité générale au récit qui fasse que, un moment donné, le lecteur se sent emporté et se dit : bon, c’est vrai. George Washington, tout ce contexte est avéré. Et faire en sorte que, quand cela part dans la fiction, que le lecteur continue à croire dans l’histoire jusqu’au bout. Personne ne peut prouver que cette histoire ne s’est pas réellement passée finalement. »

    L'histoire de Cinq branches de coton noir semble tellement véridique que l'on a envie d'y croire. Avec ce roman graphique, Steve Cuzor et Yves Sente racontent une partie de l'histoire des États-Unis, grand pays bâti sur la ségrégation raciale dès la guerre d'indépendance en 1776.

    Cinq branches de coton noir, roman graphique écrit par Yves Sente et dessiné par Steve Cuzor, 176 pages en couleur, publié aux éditions Dupuis.

    ► Lire aussi : «The Color Line», une réévaluation des artistes africains-américains, rfi, 7/10/2016

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