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    [Les langues oubliées du Nobel] Mia Couto, miroir en quête d'image

    media Mia Couto, romancier, chroniqueur, conteur et poète mozambicain. José Frade

    Si le jury Nobel trouve Lobo Antunes trop difficile à lire, on peut hardiment lui suggérer un autre auteur lusophone de talent, Mia Couto. Il a bien d’autres atouts qui doivent plaire en Suède : il est Mozambicain, biologiste de formation et directeur d’une réserve naturelle.

    Antonio Emilio Couto est né en 1955 à Beira. Il est passé par le journalisme et l’enseignement. Dans une intervention célèbre auprès de l’Association des économistes du Mozambique, en 2003, il s’est inquiété de l’atonie de la jeunesse de son pays. « Le passé est mal ficelé, il nous surcharge de mythes et de préjugés. Le présent vient à nous dans des vêtements empruntés. Et l’avenir est commandé par des intérêts qui nous sont étrangers. » Il résume la situation d’une formule simple : « un miroir en quête de son image ».

    Ecrivain, Mia Couto a su intégrer une touche mozambicaine dans sa prose, qui donne à son style fluide une saveur parfumée. De ses nombreuses distinctions, je ne citerai que le Prix Camoes 2013. Parmi ses vingt-deux ouvrages, je mentionnerai que Terre somnambule, distingué comme l’un des douze meilleurs livres africains. De ses seize romans traduits en français, je n’en détaillerai qu’un seul, L’accordeur de silences.

    Il se situe dans une curieuse réserve animalière. Le jeune Mwanito et son frère Ntunzi vivent dans sous la férule tyrannique et folle de leur père, flanqués de l’oncle Aproximado et du militaire Zacaria Kalash. Le père a rebaptisé tout le monde. Après l’assassinat de sa femme Dordalma (« Douleur de l’âme »), il a fui dans cette brousse, nommée Jerusalem, et n’accorde sa tendresse qu’à l’ânesse Jezibela.

    L’excipit est fulgurant : « La première fois que j’ai vu une femme, j’avais onze ans, et je me suis trouvé si désemparé que j’ai fondu en larmes. »

    Cette femme, c’est Marta, une Portugaise partie à la recherche de son mari volage. Son arrivée bouleverse le huis clos sauvage, exacerbe les tensions. L’ânesse fait les frais de la violence ambiante. Des promoteurs expulsent tout le monde sans ménagement.

    La ville perturbe les jeunes. Ntunzi s’engage comme soldat, tandis que Mwanito se laisse séduire par la belle Noci, la jeune maîtresse d’Aproximado.

    Le dernier paragraphe vaut bien l’excipit : « Soudain je fus frappé par une immense saudade** de Noci… La tendresse de cette femme me confirmait que mon père se trompait : le monde n’est pas mort. Finalement, le monde n’est pas né. J’apprendrais, qui sait, dans le mélodieux silence des bras de Noci, à retrouver ma mère marchant dans un désert infini avant d’atteindre le dernier arbre. »

    Annoncé par un vers en exergue de chaque chapitre, le récit de Mwanito est captivant, déroutant, envoûtant. Le style de Mia Couto fait des méandres autour des tragédies (le décès de Dordalma, la guerre, l’éloignement), mais laisse entrevoir l’océan paisible.

    On attend maintenant la sortie du film du Sud-Africain Ramadan Suleman qui a adapté la nouvelle de Mia Couto intitulée La princesse russe.


    • Mia Couto, L’accordeur de silences, traduit par Elisabeth Monteiro Rodrigues, Métailié, 2011
    • **nostalgie

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