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    «Boum!», la 50e édition de la Quinzaine des réalisateurs

    media L’affiche (détail) de la 50e Quinzaine des réalisateurs a été réalisée par William Klein. Quinzaine des réalisateurs 2018

    Les films s’annoncent passionnants et audacieux : beaucoup de productions latino-américaines, la première mondiale du Japonais Mamoru Hosoda et celle de Ming Zhang, réalisateur chinois de la sixième génération, sans oublier le polar de banlieue de Romain Gavras, avec Isabelle Adjani au casting, « Weldi » du cinéaste tunisien Mohamed Ben Attia ou « Joueurs » du jeune talent français, Marie Monge. Une fois de plus, la Quinzaine des réalisateurs saura faire sa place au Festival de Cannes. Née de la révolte de Mai-68 contre la compétition officielle, la prestigieuse section parallèle fête cette année entre le 9 et 19 mai sa 50e édition. Dévoilée ce mardi 17 avril, la programmation ambitieuse comporte 20 longs métrages, mais aucun film de Netflix, après « une décision absurde du Festival de Cannes », nous explique Édouard Waintrop, le délégué général de la Quinzaine. Entretien.

    RFI : Martin Scorsese sera honoré lors de la Quinzaine des réalisateurs 2018 avec une journée exceptionnelle le 9 mai et par le prix du Carosse d’or. Est-ce que le cinéaste américain représente l’esprit de cette 50e édition ?

    Edouard Waintrop : C’est la Société des réalisateurs qui organise le Carosse d’or et on le soutient évidemment, parce que, justement, c’est l’esprit de la Quinzaine. Scorsese incarne cet esprit surtout au début, avec Mean Streets [sorti en 1973, ndlr]. À l’époque, c’était un vrai ovni, avec des acteurs totalement inconnus qui s’appelaient Robert De Niro ou Harvey Keitel [sourire]. On voit ce film, cruel et bourré d’énergie, et c’est la révélation. Ça, c’est l’esprit de la Quinzaine.

    C’est votre septième et dernière édition à la tête de la Quinzaine. Quelle était pour vous l’évolution la plus importante observée depuis votre début ?

    Cela a changé la première année. Je venais après deux années, un peu fatigué de la Quinzaine et il a fallu que je gagne un peu tous les vendeurs, les producteurs, les distributeurs à l’idée que la Quinzaine allait s’ouvrir et regagner tout son panache et son prestige. C’était difficile. J’espère qu’on y est arrivé.

    L’ouverture du festival sera assurée par Pajaros de Verano, Les Oiseauxs de passage, de Ciro Guerra & Cristina Gallego, un film colombien. Parmi les vingt films de la sélection, il y en a six en langue espagnole dont quatre longs métrages latino-américains. La scène cinématographique de l’Amérique latine est-elle actuellement la plus effervescente pour vous ?

    Vous me direz quand vous aurez vu les films. On n’a pas eu l’idée de faire cela. Le film de Ciro Guerra est pour moi un film majeur. Le film de Julio Hernandez Cordon, Comprame un revolver (Buy me a Gun), est un film réalisé sans moyens, mais c’est une leçon de cinéma. C’est un film d’aventure aussi, entre Peter Pan et Mad Max, parce que cela se joue dans un avenir terrible. Ce sont des films qu’on a pris un peu au hasard. Quand je suis allé à Buenos Aires et j’ai vu El Motoarrebatador (The Snatch Thief), d’Agustin Toscano, je ne m’attendais pas à prendre le film. Mais, il y a un ton différent, il ne se passe plus à Buenos Aires, il parle de gens qu’on ne voit pas dans d’autres films… Boum ! On n’a pas du tout pensé que cela sera une année hispano… ça, c’est fait comme ça.

    Ming Zhang présente en première mondiale Ming Wang King Shi Ke (The Pluto Moment). Pour vous, c’est le représentant des réalisateurs chinois de la sixième génération. Qu’est-ce que cela signifie ?

    Il est né en 1961, donc Ming Zhang avait 27 ou 28 ans au moment de Tiananmen [le 4 juin 1989, les autorités chinoises réprimaient dans le sang un mouvement de révolte d'étudiants, d'intellectuels et d'ouvriers chinois sur la place Tiananmen, ndlr]. Je pense que c’est une bonne définition. Ce sont des urbains qui ont connu Tiananmen au moment où ils commençaient vraiment à créer. La sixième génération, ce sont des gens qui ont perdu toutes leurs illusions sur pas mal de choses, mais qui sont façonnés dans un monde qui est très différent de celui de leurs prédécesseurs. La cinquième génération a connu les idéaux et les désillusions de la Révolution. La sixième n’a pas ça. Et Ming Zhang est un cinéaste très spécial. Même à l’intérieur de la sixième génération, les autres sont très crus, lui, il y met du sentiment dans ses histoires. En plus, il a une relation diverse et différente avec la réalité.

    Mohamed Ben Attia, réalisateur tunisien de 42 ans, présentera Weldi (Dear Son). On connaît son film précédent, Hedi, un vent de liberté, qui avait emporté le prix du Meilleur premier film à la Berlinale 2016. Weldi, est-ce aussi un vent de liberté qu’il fait souffler ?

    Pas exactement. C’est l’histoire d’un père, d’une mère et de leur fils. Le fils a visiblement des difficultés et, tout d’un coup, disparaît. Donc, ce n’est pas sur la liberté.

    Est-ce un film sur Daech comme on pouvait lire ?

    Non, ce n’est pas un film sur Daech, c’est sur la peur de tous les parents tunisiens de voir un jour leur fils partir pour la Syrie. C’est sur ce qui se passe en contrechamp de Daech. C’est-à-dire, qu’est-ce qui reste dans les familles quand un fils part pour faire le jihad.

    Vous avez évoqué vos efforts de repérer des films dans le monde entier et vous avez évoqué tous les continents, sauf l’Afrique. Vous faites aussi des repérages sur le continent africain ?

    Bien sûr. On s’occupe bien d’Afrique qui a un cinéma qui est passionnant. À Fribourg [Waintrop était directeur du Festival international de films de Fribourg entre 2008 et 2011, ndlr], j’ai fait, par exemple, des choses sur Nollywood, mais qui passent difficilement sur un grand écran et dans une grande salle. Mais, c’est un cinéma très important. À un moment, ils faisaient 2 000 films par an. Donc, on ne néglige pas ça, mais les festivals ne sont pas représentants de tout ce qui se fait dans le cinéma. Et Cannes n’est pas le seul festival. Il y a des festivals formidables qui sont beaucoup plus adaptés pour montrer des cinémas qui réémergent. Parce que le cinéma africain réémerge depuis dix ans. Et même pas pour être à Cannes, parce que, pourquoi iraient-ils à Cannes ? C’est autre chose. Ils font un autre cinéma. C’est comme le cinéma indien. Le cinéma indien vit très bien sans Cannes. Moi, j’avais deux films indiens dans ma ligne de mire. Il y en a un qui a été produit pour Netflix et Netflix ayant un peu rompu ses relations avec Cannes, donc, ils l’ont retiré et on n’a pas pu le voir. Et l’autre, c’est un film qui n’est pas fini, parce que le réalisateur fait la politique et il s’est fait tabasser dans une manifestation. Il a dû s’arrêter quinze jours. Et puis, il s’est fait arrêter dans une autre manifestation [rires]. Donc, voilà, c’est la réalité. N’empêche que le cinéma indien va très bien sans nous. Cannes n’est pas le trône, c’est une possibilité pour des films pour être mieux vu.

    Est-ce que Netflix a refusé de vous donner des films ou est-ce que vous avez refusé de prendre des films produits par la plateforme américaine ? Où sont vos relations avec Netflix ?

    Il n’y en a aucun film de Netflix. Ils ont dit eux-mêmes qu’il y aura aucun film Netflix à Cannes. Donc, c’est tout. La relation avec Netflix est celle que Netflix a avec Cannes en général. C’est la conséquence d’une décision absurde du Festival de Cannes qui a été faite contre le délégué général Thierry Frémaux qui n’était pas d’accord avec cette décision. Le Conseil d’administration du Festival de Cannes - qui croit que la France est le monde et en voulant défendre les distributeurs et les exploitants français - a tiré une balle dans les pieds du Festival de Cannes. Parce que, ces films, on risque de les retrouver à Venise et à San Sebastian. C’est dommage. Voilà.

    Cannes a aussi changé les règles envers le public. Pour la première fois, quelques jeunes entre 18 et 28 ans auront des badges permettant l’accès à tous les films. Cela représente une ouverture inédite envers le « vrai » public qui fait désormais partie du Festival. À la Quinzaine, est-ce qu’il y a aussi une réorientation prévue par rapport au public ?

    Nous, cela fait longtemps qu’on fait cela. On travaille avec La Bocca [un quartier de la ville de Cannes, ndlr]. Donc des jeunes des quartiers, cela fait des années qu’on fait cela avec Cannes à La Bocca. Et il y a des gens qui s’en servent. L’année dernière, la ministre a monté les marches avec des jeunes « de la diversité » comme elle dit. Et elle ne savait même pas avec qui elle était. On s’occupe depuis longtemps des jeunes, des femmes aussi, de certains foyers, etc. Chez nous, il y a une équipe qui travaille là-dessus. Le réalisateur Philippe Faucon [qui présentera Amin en première mondiale à la Quinzaine, ndlr] nous a aidés après Fatima [Prix Louis-Delluc en 2015 et César du meilleur film en 2016, ndlr] et a travaillé avec les femmes de La Bocca.

    La sélection de la 50e édition de la Quinzaine des réalisateurs

    ► Lire aussi : Festival de Cannes 2018: le début de la fin d'un certain festival? rfi, 12/4/2018

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