GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 18 Mai
Samedi 19 Mai
Dimanche 20 Mai
Lundi 21 Mai
Aujourd'hui
Mercredi 23 Mai
Jeudi 24 Mai
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    • Parcoursup en France: «plus de la moitié» des élèves auront une réponse positive à leurs voeux dès mardi soir (Blanquer)
    • Inde: cinq morts du virus Nipah, des dizaines de personnes en quarantaine (officiel)
    • En raison d’un mot d’ordre de grève national, les antennes de RFI et la mise à jour de nos sites peuvent être perturbées ce mardi
    Moyen-Orient

    «Trois visages» - le maître Jafar Panahi est arrivé au Festival de Cannes

    media Behnaz Jafari et Jafar Panahi dans « Trois Visages », film de Jafar Panahi, en lice pour la Palme d’or. Festival de Cannes 2018

    Son absence au Festival de Cannes fait beaucoup parler. Le cinéaste iranien Jafar Panahi est toujours frappé par une interdiction de quitter son pays, mais son nouveau film « Three Faces » (Trois visages), en lice pour la Palme d’or, a bien été projeté et a gagné la faveur du public. Un chef-d’œuvre tourné avec un minimum de moyens et une fable exquise sur la réalité, la vérité et la rage de faire des films, malgré tout.

    Tout commence avec une vidéo amateur en format SnapChat, à la verticale, envoyée à une des actrices les plus connues en Iran, Behnaz Jafari. Une jeune fille d’un village reculé y met en scène son propre suicide pour alerter sur son cas, de ne plus supporter d’être accusée de déshonorer sa famille en voulant devenir comédienne. Jafari est bouleversée, mais une coupe à la fin de la vidéo sème le doute. Donc, peut-elle encore être sauvée ? Jafari annule un tournage important pour enquêter sur place sur la fille, en compagnie de son ami, le réalisateur Jafar Panahi… Voilà les trois visages du film.

    Les trois visages de Jafar Panahi

    Au début de Trois Visages, la mère de Panahi appelle pour lui demander s’il part pour faire un film. Quand il répond non, est-ce la réalité ou un pieux mensonge ? Tout dépend, comme chez chaque personnage du film, quel visage on regarde : le personnage joué par Panahi, l’acteur Panahi ou le réalisateur Panahi ?

    Dans le scénario, tout est jeu et métaphore. Jafari et Panahi apparaissent sans maquillage et avec leur vrai nom dans cette fiction qui nous mène dans une région montagneuse, donc difficile d’accès et potentiellement dangereuse – pour ne pas dire : comme le cinéma pour le réalisateur iranien, interdit de sortir d’un pays où il lui est, de surcroît, difficile de tourner dans des lieux trop visibles. Lors de la conférence de presse, Amin Jafari, son directeur de la photographie, expliquait : « Jafar Panahi prépare toujours deux scénarios : le scénario du film et le scénario qu’il doit suivre pour éviter les problèmes sur le tournage… »

    Le code de klaxons

    Dans Trois Visages, Panahi transforme tout en allusion et allégorie. La voiture qui monte une petite route sinueuse dans les montagnes remplace la caméra. L’image regarde par le pare-brise et les fenêtres, fait demi-tour, accélère, s’arrête, se repose quand Panahi s’allonge sur le siège du conducteur pour dormir… Pour enquêter et se faire comprendre, il ne suffit plus de parler le farsi. Il faut savoir communiquer en azéri-turc iranien et connaître le code de klaxons pour éviter à se retrouver coincé sur la route montagneuse si étroite.

    Qui est donc cette jeune fille qui s’est filmée dans une grotte, le foulard sur la tête, la peur dans les yeux et la corde autour du cou ? Est-elle réellement morte ? A-t-elle déshonorée sa famille en aspirant de devenir actrice ou en se suicidant ? Apparemment, c’était la plus intelligente du village, avec un problème : « elle n’arrivait pas à se taire ». Comment déjouer les pièges de l’apparence ? Dans le village, l’actrice Jafari est connue par tous et le réalisateur Panahi par personne. Ensemble, ils y rencontreront la poésie, l’humour et les problèmes d’un Iran éternel et actuel. Une vieille femme a déjà creusé sa tombe. Une danseuse subit l’image d’une pestiférée. Le frère de la jeune fille est en rage contre son désir de devenir actrice. Un taureau blessé bloque la seule route d’accès et risque de ne plus pouvoir honorer les vaches…

    « Le silence torture l’innocence »

    Le tout est raconté brillamment avec une économie de moyens, une sensibilité et une intuition hors pair, propre à l’œuvre de Jafar Panahi, ancien assistant d'Abbas Kiarostami. Il arrive à fusionner le jeu des acteurs avec leur environnement et le sujet du film. Tout semble simple et naturel, et seule la poésie est capable de dire les quatre vérités : « le silence torture l’innocence ».

    Suite à son absence forcée, Jafar Panahi semble omniprésent à Cannes. Quant à son film, il affiche certainement le plus petit générique de toute la compétition, mais pourrait se révéler comme la plus grande œuvre du Festival. Sans oublier que sortir de l’Iran ou d’obtenir la Palme d’or ne sont pas les vœux les plus chers pour Jafar Panahi. Mastaneh Mohajer, la monteuse du film, racontait qu’il était prêt à ne pas projeter le film au plus grand festival de cinéma du monde, si les autorités iraniennes acceptaient de le montrer en Iran aux Iraniens.

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.