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    Culture

    [La vie des mots] Heil Schicklgruber!

    media Adolf Hitler, qui s'appelait au départ Schicklgruber, a pris le nom de son beau-père, Hiedler, afin de faciliter une procédure d'héritage. Mal orthographié par un employé de mairie, le nom devint Hitler. ©creative commons/ Jean-Daniel Chopin

    Nos patronymes ont-ils une influence sur notre vie ? D’aucuns le pensent, puisqu’ils se choisissent un nom de guerre ou un nom de plume.

    Ainsi Joseph Djougachvili, militant géorgien, signa-t-il K. Staline un article sur « le marxisme et la question des nationalités » en 1912. S’était-il inspiré de son mentor, Lénine, qui se faisait appeler « l’homme de la Léna », lieu de sa déportation ? Le fait est que le responsable du Parti communiste apprécia le texte et que Staline, « l’homme d’acier », conserva son pseudonyme aux yeux de l’Histoire. Djouga est, paraît-il, un petit village de Géorgie, cependant introuvable sur la Toile.

    Son principal adversaire n’aurait jamais dû s’appeler Hitler, mais Schicklgruber. C’était en effet le patronyme de sa grand-mère quand elle mit au monde un fils naturel. Le nom signifie, dans un dialecte autrichien, « celui qui creuse des puits ». La dame épousa ensuite un nommé Hiedler, dont le nom désigne « celui qui habite près d’une rivière souterraine ». Son mari cependant ne reconnut pas l’enfant. Ce dernier, bien plus tard, décida de prendre le nom de son beau-père afin de faciliter une procédure d’héritage. Mal orthographié par un employé de mairie, le nom devint Hitler.

    Pendant la Seconde Guerre mondiale, les alliés ne se privèrent pas de se gausser de la chose. Des milliers de tracts furent largués sur les villes allemandes. Il est certains que les grands rassemblements nazis n’auraient pas eu le même retentissement si la foule avait scandé Heil Schicklgruber ! Des artistes moquent encore le patronyme sur YouTube. Le cours de l’histoire aurait-il pu changer ? Et si le jeune peintre avait connu le succès…

    Côté patronyme, les Anglais avaient Dieu de leur côté. Churchill, « la colline de l’église », avec son allitération, passait bien sur les ondes. Descendant du duc de Marlborough (célèbre en France pour la chanson Malbrouk s’en va t’en guerre), Winston Churchill n’est pas né dans une chapelle, encore moins dans une étable, mais dans l’immense château de Blenheim, près d’Oxford, qui se visite désormais. Sir Winston avait une belle plume. Elle lui valut le prix Nobel de littérature en 1953 « pour ses discours brillants dans la défense des valeurs humaines ».

    Le nom du président américain, Franklin Delano Roosevelt, est doublement bucolique. Il signifie en néerlandais « champ de roses ». Son ancêtre Claes van Roosevelt avait quitté l’île zélandaise de Tholen en 1649 pour la Nouvelle-Amsterdam, aujourd’hui New York.

    Son nom intermédiaire est d’origine francophone. Un nommé Philippe de La Noye (c’est-à-dire de l’aulnaie, lieu planté d’aulnes) était arrivé dès 1621 en Amérique. Ses parents, protestants, avaient fui Tourcoing, et il était né à Leyden. Altéré en Delano, ce devint le nom d’une famille patricienne en Nouvelle-Angleterre. Le jeune sénateur choisit d’incorporer le patronyme de sa mère comme middle name. Songeons, quand nous changeons de métro à la station Franklin Delano Roosevelt, que le président américain gagna vingt minutes par jour quand il décida de réduire sa signature.

    En Chine, Mao n’a pas craint de conserver son patronyme qui signifie « poil ». Ses parents mirent leur ambition dans le prénom : Zedong signifie « qui tient son potentiel de l’Est », sous-entendu « du Soleil ». Mao écrivait des poèmes dont certains ont été traduits par Philippe Sollers (« fourmis au pied de l’acacia/ se vantant d’être une grande nation/ facile à dire »). L’idéologie connue sous le nom de maoïsme, demeure active dans certaines régions d’Asie. Il n’est pas certain cependant qu’on rase gratis demain. Quant à l’accessoire « col mao » qui s’élève vers nos barbes, il a encore de beaux jours devant lui.

    Enfin De Gaulle, malgré sa référence homophonique à la Gaule, n’a rien d’un nom celte. Il vient du néerlandais Van de Walle, « du rempart ». Une image qui ne devait pas déplaire au grand Charles.

    Nos noms propres recèlent forcément des noms communs. A nous d’imaginer leurs histoires.

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